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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Tout va mal dans la vie de Peter Sinclair. Oisif désoeuvré perturbé par sa séparation récente et la tentative de suicide de son ex-compagne, il essaye de faire le point sur sa vie en rédigeant son autobiographie.
Logé par un ami dans un cottage qu’il promet d’aménager en guise de dédommagement, Sinclair passe ses journées à écrire, entre deux travaux.
Très vite, sa situation n’est pas celle qu’il semble vivre. À la suite d’une visite de sa soeur, la pièce blanche immaculée dans laquelle il écrit se révèle soudainement comme un bouge immonde, jonché de bouteilles vides, alors que les travaux n’ont jamais avancé.
C’est là le point de départ de La fontaine pétrifiante, texte halluciné sur la nature même de la réalité. Car Sinclair disjoncte bel et bien, en inventant un monde parallèle dans lequel il incarne un personnage qui gagne l’immortalité via une loterie douteuse. Son but, rejoindre l’île de Collago, aux limites de l’archipel du rêve, où il recevra un traitement. En chemin, il rencontre évidemment une femme, double de sa compagne londonienne. Mais dans ce monde-là aussi, Sinclair écrit une autobiographie, un texte qui parle de l’Angleterre et de la Tamise, un récit incompréhensible pour les habitants de l’archipel du rêve...
Qu’est-ce qui est vrai ? qu’est-ce qui est faux ? Sinclair est-il dingue ? Autant de questions auxquelles PRIEST prend un malin plaisir à ne pas répondre.
Au-delà du style et du propos un brin nombriliste, "La fontaine pétrifiante" est un texte à part. Sa problématique principale reste la définition même du "vrai", et le point de vue du héros est assez dérangeant, dans la mesure où jamais il ne conteste ce qu’il vit.
La réalité n’est pas autre chose que ce qui nous parvient à travers nos sens. Si ces derniers sont biaisés, le sujet peut-il s’en rendre compte ? et surtout, peut-il y croire ?
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On recommandera ce roman aux fanatiques de PRIEST et à tous ceux qui voient dans la SF autre chose qu’une invasion martienne. "La fontaine pétrifiante" est un texte déroutant, inquiétant, agaçant parfois, mais qui vaut largement le détour. |
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