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Publié le 06/06/2007

« La glace et la nuit » - Nigredo, Opus 1 de Léa SILHOL

ED. LES MOUTONS ELECTRIQUES, AVRIL 2007

Par PAT

Nouvelle exporation du monde de Vertigen, « Nigredo » est une excellente occasion de découvrir la belle plume maîtrisée de Léa SILHOL. Fantasy littéraire et/ou Fantasy shakespearienne, ce nouveau roman évite les pires écueils et développe une petite musique assez épatante.
Et ce, même si le petit peuple vous donne des boutons.
À essayer au plus vite.


Prenez une généreuse dose de mythologie celtique [les fées, les elfes, tout ça], ajoutez-y un ou deux zests de Puck, de Caliban, remuez avec quelques dieux grecs, ajoutez un ou deux anges, secouez, voilà un monde qui ne ressemble à aucun autre.
Ou plutôt si.
Il resssemble à quantité de choses déjà-vues, mais Léa SILHOL réussit la prouesse de reprendre à son compte les codes les plus évidents pour mieux les détourner, les rendre réels et remarquablement présents [un procédé également utilisé avec bonheur par des auteurs très différents comme Elizabeth HAND ou Robert HOLDSTOCK.

Dès lors, son univers [qui, d’un point de vue stylistique, ne ressemble à aucun autre] se développe tranquillement, avec poésie, intelligence et humour [un humour assez punk, ce qui fait toujours plaisir], sans oublier la problématique politique [essentiellement axée autour de la volonté de pouvoir et de ses conséquences], ce qui, avouez-le, n’est pas franchement fréquent dans ce qu’il est convenu d’appeler la Fantasy au sens large.

Deux cent ans après « La sève et le givre », « Nigredo » conte les [més]aventures de Kelis, barde sang-mêlé chargé par la Reine des neiges de retrouver Angharad. De cette quête délicate [il y a toujours une quête, dans la Fantasy, mais celle-là vaut le détour, faites confiance à Léa], Kelis se sort comme il peut [le petit peuple ne se contente pas d’être dangereux, il est aussi jaloux, susceptible et terriblement... pénible], ignorant que ses actes mènent irrémédiablement vers le grand incendie.
La révolution. Bref, le changement.

Belle, très belle histoire que celle de Finstern et d’Angharad. Et l’écriture si particulière de Léa SILHOL [à rapprocher parfois des partis-pris stylistiques de Georges FOVEAU, autre orphèvre du mot] y fait beaucoup.
Reste que cet avantage peut aussi se transformer en inconvénient. On sent que « Nigredo » est un roman intransigeant.


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Soit on accroche, soit on lâche. Mais si on décide de poursuivre, la promenade vaut largement le détour. Même si [et surtout si] la Fantasy ne figure pas franchement au rang de vos préoccupations majeures, les textes de ce niveau sont rares.
Les louper n’est pas seulement dommage, c’est une faute de goût.