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Publié le 01/01/2005

"La ligne de sang" de DOA

ED. FLEUVE NOIR / RENDEZ-VOUS AILLEURS, OCT. 2004

Par PAT

DOA confirme un talent inquiétant en offrant aux lecteurs "La ligne de sang", abyssale plongée en eaux troubles dans une ville de Lyon moite et désespérante. Polar au sens le plus strict, mais polar onirico-fantastique [d’où sa présence sur ce site] dans la tradition du dérapage, ce deuxième roman est sans conteste celui de la maturité. DOA n’est donc plus un auteur à suivre, mais clairement un auteur avec lequel il faut désormais compter.


Démarré comme une simple enquête de routine, "La ligne de sang" s’assombrit, se densifie [voire s’humidifie], au fil des pages pour sombrer dans l’horreur la plus pure. La narration est parfaitement maîtrisée, d’où une lecture compulsive et souvent inquiète. Bonne nouvelle, on ne décèle aucune vacuité dans le texte. Rien de gratuit, rien de complaisant, juste une mécanique horrifique froide, dont la tension se met progressivement en place.

A partir d’un simple accident de la route, deux policiers [un homme et une femme] remontent une piste qui dégénère peu à peu vers le bizarre. Paul Grieux, le motard accidenté, vit une sorte de coma déroutant. Traversé d’hallucinations et de rêves particulièrement réalistes, son sommeil se caractérise par de violentes périodes d’une brutalité inouïe, des révélations plus ou moins délirantes et des phases atonales. Pendant ce temps, Madeleine, sa petite amie, a disparu. Pourquoi ? Comment ? Paul Grieux l’a-t-il assassinée ? C’est la question à laquelle se heurte la police. Mais l’horreur ne fait que commencer. Car Paul Grieux fait partie de ceux qui possèdent des secrets dérangeants. Vraiment dérangeants.

Si "La ligne de sang" fait partie de ces romans qu’on dévore, ce n’est pas non plus un chef-d’œuvre stricto sensu. Les personnages sont parfois un peu caricaturaux [leur spleen comme leurs problèmes leur donnent assurément une épaisseur, mais c’est aux dépens d’une certaine ambiguïté], et le trio amoureux ressemble trop à celui déjà décrit dans "Les fous d’avril".


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Reste l’efficacité du roman : certaines pages sont littéralement sidérantes [à ce titre, la descente dans la cave est un morceau de choix, à déconseiller aux âmes sensibles]. Le lecteur passe donc un excellent moment sur "La ligne de sang" et la quitte à regret [d’autant que la fin est d’une surprenante rapidité après la lente mise en place de l’horreur], englué dans une histoire dont les tenants et aboutissants font froid dans le dos.

Un vrai bon bouquin, sans existentialisme porteur, mais qui remplit parfaitement son rôle de polar brut.