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Publié le 04/05/2007

« La mémoire du vautour » de Fabrice COLIN

ED. AU DIABLE VAUVERT, AVRIL 2007

Par Mr.C

Présenté comme le "premier roman de littérature générale" de Fabrice COLIN, « La mémoire du vautour » est un exercice de style périlleux, irrésumable, complètement pas réussi et pourtant complètement pas inintéressant... bref, un objet littéraire non identifiable qui sèmera bon nombre de lecteurs sur la route [aux environs de Bombay, probablement] mais qu’on ne peut se résoudre à classer comme "incompréhensible" trop rapidement.


Le récit débute classiquement : un héros, Bill Tyron, se voit confier par une mystérieuse société D_Member, la tâche de surveiller une femme leucémique, Sarah D. Greaves, dont il semble que la mémoire ait été en partie "effacée".
Bill s’arrange pour faire la connaissance de Sarah, et bien sûr, il tombe amoureux d’elle.
Ok.
Il y a donc là une intrigue qui se tient, avec un personnage central, Bill, et un mystère à éclaircir, Sarah. Car il y a chez cette femme mourante des documents que Bill a découvert, des documents qui évoquent des manigances de la CIA en Indonésie, un avion qui s’écrase, une zone du temps, entre le 16 septembre et le 4 octobre 1997, qui n’existe nulle part.
Bon.
Mais il y a aussi, déjà, à cette étape du roman, des signes que quelque chose d’inexplicable plane : une salle-de-bain qui s’étend de quelques centimètres chaque jour. Les coups de téléphone de D_Member, toujours à propos, toujours très informés...
Mais un premier chapitre prend fin.
Ce premier chapitre s’appelait « Bill », le second est nommé « Sarah », merci, il y a encore des balises [profitons-en, ça va pas durer] j’arrive à suivre, voici donc - il aime ça le COLIN - un changement de voix, et Sarah de raconter son passé.

« Sarah », ça reste une intrigue, la suite de l’affaire de l’avion qui se crashe. Ca se tient, on progresse, on comprend.

Et puis il y aun troisième chapitre, « Reeltoy ».
Là, le décrochage me guette. il est question d’animaux, vautour, tigre, requin, des prédateurs, des hommes qui chassent, des visions subjectives, écrites à la hache, et puis surtout, surtout : mais qu’est-ce-qui se passe ? comment va-t-on finir par revenir à ce qui m’intéresse, Sarah, et Bill ?
Et bien c’est simple, on y reviendra pas.
Enfin si, mais via des connexions improbables, ce genre de coïncidences forcément manipulées qui font sens sans qu’on les comprennent jusqu’au bout.
La suite est l’avenant : d’autres personnages, mais qu’un lien rattache à Sarah. D’autres intrigues, mais qu’on a du mal à réellement vouloir suivre. Et, ici et là, des indices qui semblent signifier qu’il y a bien une cohérence derrière tout ça, si si, ça va venir, vous finirez pas comprendre...

Alors on tient bon. On se dit, ce COLIN, il a de l’audace, hein. Bon, là, tout de suite, il m’ennuie un peu à faire causer les vautours de Bombay [moi, les volatiles, ça va un moment...], j’en ai pas grand-chose à faire des émois du requin, et puis quel rapport ? bon, mais on s’accroche, va bien finir par rattacher les wagons, non ?
Ben si. A la fin. Mais bon... Je vais pas vous raconter les derniers chapitres, ça se fait pas. Et puis, de toutes façons, je suis pas certain d’avoir tout pigé. Mais il est pas loupé ce dernier chapitre. Je raconte pas, mais en deux mots, il y a un professeur d’art dingo, le retour de D_Member... et quelques clés. Mais des clés qui n’ouvrent que des portes qui donnent sur des couloirs sombres, dont les portes sont, à leur tour, fermées à clé.

Au final ?
Ben je sais pas quoi vous dire moi. Il y a du MURAKAMI light dans les premières pages [un bémol : le style n’est pas des plus habiles au démarrage], du BURROUGHS à la limite du supportable en milieu de parcours, et du COLIN malin sur la fin.
J’ai failli brûler le livre à mi-parcours, et les cent dernières pages m’ont agité les neurones de plaisante façon.

Je vois ce que veut dire l’éditeur lorsqu’il cite David LYNCH en 4ème de couv. : c’est une façon de dire "oui, vous allez voir, parfois on comprend rien, mais c’est fait exprès. Faut voir plus loin que le sens, parce que le sens, ça fait pas tout, il y a l’émotion aussi ; et puis il y en a un de sens, c’est juste qu’il faut bien réfléchir à l’intérieur de sa tête pour le trouver."
Alors je dois être con, parce que j’ai pas tout trouvé.
Ou alors, je suis encore plus con, parce que je crois qu’il y a un truc à trouver, et il y en a pas. C’est un truc d’émotion.
Mais l’émotion, ben, ça me l’a fait qu’à moitié. Pasque j’étais un peu à l’ouest au milieu de tout ça, à essayer de comprendre. Alors que, peut-être, faut pas.
Dommage, parce que LYNCH, j’aime bien. Les intrigues sans continuité, les correspondances équivoques, les fausses pistes, l’abîme de perplexité face à un objet incongru qui réapparaît comme dans la scène du début, et que donc ça voudrait dire que... mais non, c’est impossible.
Mais c’est difficile, à réussir, ça. LYNCH. C’est certainement très difficile.


A LIRE AUSSI : La réaction de Fabrice COLIN sur son blog, à la date du 4 mai


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« La mémoire du vautour » de Fabrice COLIN, c’est pas désagréable, mais c’est pas vraiment réussi. Mais c’est pas vraiment raté.

Je sais, ça fait dégonflé de botter en touche comme ça, on dirait un centriste. C’est juste que c’est exactement ce que je pense.
Je n’ai rien à ajouter.

Si, tiens : je vais lire un truc simple maintenant.