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Publié le 19/06/1999

"La mort blanche" de Frank HERBERT

["The White Plague", 1982]

ED. ROBERT LAFFONT / A&D - REED. LIVRE DE POCHE / SF

Par Dark Schneiderr

Par vengeance, John Roe O’Neill un scientifique irlandais qui a perdu sa femme et ses deux fils dans un attentat, met au point un virus qui ne tue que les femmes...

Un roman proche du thriller, mené comme un polar, avec un style très différent de celui des sagas dunesques.


« Lorsque la voiture piégée explosa dans une rue de Dublin, John O’Neill vit mourir sa femme et ses deux fils par la faute d’un terroriste.

Il était un génie, il devint le Fou. Il avait perdu toute raison d’exister sauf une, la vengeance : il allait partager sa souffrance par la Terre entière. Seul, dans un laboratoire de fortune, il fabriqua une arme bactériologique terrifiante, la peste blanche, qui tuait les femmes, toutes les femmes, sans remède.

Dans ce roman terrible et vraisemblable, Frank Herbert, l’auteur de Dune, décrit le terrorisme absolu de l’avenir proche. »


Contrairement à ce que la 4eme de couverture laisse penser, je pense que le terrorisme biologique n’est pas l’objet principal du roman. Ce terrorisme n’est, dans le récit, qu’un leveur de lièvres : d’une part le problème irlandais, d’autre part la schizophrénie dans une moindre mesure.

Les 170 premières pages effecttivement se déroulent un peu comme un techno-thriller avant l’heure : l’attentat, la décision de vengeance du personnage principal, les moyens qu’il met en oeuvre pour satisfaire sa décision : créer des foyers de contagion en Irlande, en Angleterre et en Lybie.

Malheureusement les évènements s’emballent, et c’est presque toute la planète qui est atteinte de la mort blanche, causant le décès des femmes [et par extension .... je vous laisse la surprise .... pensez : comme le prion]. Les Etats, pour contenir l’infection, brûle des régions entières. Une équipe de six savants internationaux [américains, soviétiques, français...] se réunissent pour penser la contre-attaque : qui est le Fou, comment s’est propagé le mal [pensez : Anthrax aux USA en 2001].

Là, tout bascule quand le Fou, qui se donne pour identité John O’Donnell, débarque en Irlande en pleine catastrophe civile, en pleine décomposition de la société irlandaise. Une traversée dans une Irlande dévastée, pendant plus de 350 pages, en compagnie d’un prêtre irlandais, d’un jeune orphelin muet et d’un provo (IRA provisoire) : Joseph Herity. Qui ne sont pas là par hasard. Ils ne sont pas 4 à traverser l’Irlande, mais 5. Et tout va s’expliquer...

J’ai un sentiment mitigé sur ce roman : par moment, c’est passionnant, par moment c’est lourd. On alterne intérêt et moment d’agacement. C’est long, et pourtant certains aspects auraient mérité d’être mieux suivis : par exemple Herbert décrit la constitution de l’équipe internationale, dresse un looong portrait de chacun d’entre eux : finalement, 2 meurent au début [ce sont des femmes : une américaine et une russe], un français [Danzas], que je sentais qu’il pourrait jouer un gros role, est complètement largué en cours de route [une petite apparition vers la fin], idem pour le 2e soviétique, seul le président de l’équipe, américain, et le deuxième français joueront un rôle [et encore, en toile de fond]. Et c’est pareil pour d’autres choses, si bien que le récit est déséquilibré et tient par des bouts de ficelle.


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Je ne peux pas le déconseiller, car certaines réflexions sur la nature de l’âme et le fait d’être irlandais sont particulièrement intéressantes, de même pour les relations entre personnages [je pense surtout aux conversations du prêtre et du provo Joseph Herity].

J’ajouterais que le savoir faire de Frank HERBERT est indéniable, et que l’émotion reste assez présente de bout en bout.