Première publication le 25/03/2005
Publié le 12/11/2007

« La patrouille du temps » de Poul ANDERSON

[« Guardians of Time », 1960]

REED. LE BELIAL, FEV. 2005 - REED. LE LIVRE DE POCHE, OCT. 2007

Par oman

Manse Everard est engagé auprès d’une entreprise comme ingénieur.
Officiellement.
Officieusement, il est engagé par la plus incroyable entreprise qu’il ait connue : celle-ci est spécialisée dans le voyage dans le temps. Et son travail va consister à faire partie de la patrouille du temps : vérifier qu’aucun voyageur du temps mal intentionné n’est allé perturber le passé...


« ON DEMANDE HOMMES, 21-40, pref. Celib., spec. Mil. Ou tech., bonne santé, pour travail bien remun., voyage loint. Soc. D’Entrep. Mec. 305 E. 45, 9-12 & 2-6. »

« - Vous comprenez qu’il s’agit d’un travail assez inhabituel, dit Mr Gordon. Et confidentiel. Je pense que vous savez observer un secret ?

- Oui, en temps normal, fit Manse Everard. Cela dépend évidemment de la nature du secret
Mr Gordon sourit. Un sourire bizarre, une courbe serrée des lèvres qui ne ressemblait à rien que connût déjà Everard...
 »

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L’édition du Bélial’, FEV. 2005

Ce roman est un fix-up, soit donc la jonction en un roman de quatre nouvelles. Quatre aventures.

Le voyage dans le temps.
Anderson ne s’embarque pas dans une justification du voyage dans le temps, rassurez vous, il n’y a pas de détails techniques. On sait juste que le voyage dans le temps a été rendu possible au 200ème siècle et que les gens du futur, les Daneeliens, sont venus dans le passé pour constituer des patrouilleurs astreints à surveiller leurs siècles respectifs.
C’est pourquoi Manse Everard est assigné à surveiller le XIX et le XX siècle, dans un premier temps.

Ce roman a été un vrai bonheur à lire, puisqu’on s’affranchit de tout ce qui est technique, et on se plait à suivre les aventures - car il s’agit véritables aventures - imposées, malgré tout à différents problèmes du temps, parfois à des paradoxes temporels. Ceci étant dit, ANDERSON nous expose une théorie différente temporelle, à savoir que « la loi de causalité ou, plus exactement, la loi de conservation de l’énergie, n’implique pas que des fonctions continues.
En réalité, la discontinuité est tout à fait possible »

Cet axiome étant posé, cela laisse plus de possibilité pour l’auteur et ses personnages de nager dans le temps. En effet, beaucoup moins de contraintes où un personnage peut se rencontrer lui-même ou se croiser sans danger majeur pour le temps. Ici, le paradoxe temporel où l’on élimine son père avant sa propre naissance vous autorise à exister vous-même, mais il en résulte que vous n’avez pas d’origine et vous risquez de ne plus avoir de temps originel pour vous-même, plus de parent, plus d’attache.

Après avoir lu La machine à explorer le temps et Le voyageur imprudent, où H.G. WELLS et BARJAVEL ont essentiellement décrit ce qui serait notre futur, plus heureux ou en l’occurrence plus horrible que notre quotidien, ANDERSON nous décrit notre passé.

Par le biais d’enquêtes qui m’ont par un certain aspect fait penser aux enquêtes de R. Daneel et son comparse de Isaac ASIMOV, notre héros Everard doit faire preuve d’imagination pour faire échouer les protagonistes dans des périodes différentes comme l’Antiquité, le Moyen-Age ou le XIXème siècle.
Il apparaît même que l’auteur nous décrive une uchronie dans sa dernière nouvelle.


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Le voyage est plaisant, ANDERSON a pris soin de se documenter sur les époques visitées et il sait faire en sorte que tout paraisse plausible dans les décalage temporel. Dire que le roman n’a pas pris une ride serait un peu exagéré, voire naïf ; mais il a été écrit en 1960.

A lire pour les amoureux des voyages dans le temps, car c’est un classique et une référence du genre, en gardant en tête que le temps à passé...