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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Par PAT
En France, les choses sont moins claires. Les romans mainstream sont quasiment inédits [seuls trois sont traduits, dont deux désormais introuvables] et les textes SF tous rassemblés chez Ailleurs et Demain en ce qui concerne l’univers inoubliable de La Culture.
Fleuve Noir joue l’exception en proposant “Inversion” depuis déjà quelques temps et enfonce le clou avec la publication d’un “vieux” [1994] roman strictement SF [au bon et mauvais sens du terme] qui n’a strictement rien à voir avec La Culture.
Titré [assez intelligemment, d’ailleurs] “La plage de verre” en Français, “Against a dark background” remplit son office d’excellent livre, drôle et divertissant [même si on le taxe assez régulièrement de “sombre”] sans jamais toucher au sublime comme le font certaines des meilleurs oeuvres de BANKS.
Reste que “ne jamais toucher au sublime” ne signifie pas que le livre est médiocre, loin de là. BANKS reste BANKS, à savoir un admirable conteur à l’imagination toujours inattendue [les menottes qui lient des moines aux murs dans un couvent, mais qui, par un habile système de rail, leur autorisent un déplacement limité, par exemple, trouvaille géniale s’il en est] : il distille donc son histoire avec brio et intelligence, en évitant les écueils sur lesquels il s’était fracassé avec “The Algebraist” [longueur, lenteur, boursouflure].
Reste que dans “la plage de verre”, c’est surtout l’efficacité qui prime ; l’ironie sociale de BANKS n’est évidente que lors de trop rares flashbacks où les querelles de familles vieilles, pénibles et puritaines reviennent sur le tapis.
Nous somme sur la planète Golter, dotée d’un système gouvernemental qui a tout de la vieille royauté anglaise, avec baronets ridicules et castes religieuses aussi vicieuses qu’obscurantistes, et isolée du reste de la galaxie [d’où le titre anglais, mais ça n’est qu’une interprétation - plusieurs sont possibles, on s’en rend compte en parcourant le livre]. Le voyage spatial est connu, la technologie cohabite assez facilement avec le côté médiéval de ce monde curieux, mais [et c’est là que BANKS est grand] l’ensemble est d’une étonnante crédibilité.
Nous suivons le parcours de Sharrow, une guerrière rangée des camionneurs, poursuivie par une secte apocalyptique particulièrement désagréable. Pour y échapper, elle va devoir reformer son ancienne équipe [rien que du très déjà-vu, tout de même] et partir en quête de différents objets pour s’affranchir d’un passé gênant. Le lecteur s’en doute, la chose ne se fait ni sans violence, ni sans injustice, ni sans rebondissements. BANKS s’amuse à décrire une planète aussi absurde que réaliste, dans des situations très premier-degré, certes, mais toujours observées avec une petite distance salutaire et rigolarde.
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On a ici l’archétype du pur produit à dévorer en quelques heures, en un tout petit peu plus intelligent. Trouvaille merveilleuse, donc, le roman devant normalement plaire aux adolescents en mal de sensations fortes [et moites] comme aux esthètes aussi exigeants que tatillons. Ne râlons pas, “La plage de verre” n’est certainement pas le meilleur BANKS du monde, mais ça reste un BANKS. C’est drôle, bien fichu, parfois très bien vu, impeccable et agréable à lire. Ce qui laisse quand même pas mal d’auteurs derrière. Avis. |
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