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Publié le 05/03/2005

"La vallée de la création" de Edmond HAMILTON

["The valley of creation", 1948]

REEDITION TERRE DE BRUME / POUSSIERE D’ETOILES, JANVIER 2005

Par Ubik

La nouvelle collection Poussière d’étoiles dirigée par Sébastien GUILLOT chez Terre de brume propose deux premiers auteurs classiques. Ainsi, au côté de « Le jour des triffides » de John WYNDHAM paraît un court roman « La vallée de la création » de Edmond HAMILTON. Rien de bien novateur, me direz-vous. Non, mais vous n’avez désormais plus d’excuses pour ignorer ces auteurs « historiques » de la SF.


Habitué dans nos contrée aux aventures interstellaires de Edmond HAMILTON, c’est avec curiosité que nous découvrons une autre facette de cet auteur. Le terme « découverte » n’est sans doute pas le terme le plus approprié car ce texte est paru pour la première fois en France en 1971 sous le titre de « La vallée magique ».

De magie il est question un peu, mais nous verrons qu’elle est en fait d’apparence scientifique. Quant à l’autre facette de l’auteur, chassons immédiatement tout malentendu, l’aventure reste l’unique ressort d’une intrigue digne de l’âge d’or états-unien, le livre étant initialement paru en 1948. En revanche, ce qui change c’est le lieu de l’histoire proposée puisqu’elle nous emmène sur le toit du monde dans une vallée cachée à la découverte d’une civilisation secrète : La Fraternité. Certes, le thème n’est pas des plus nouveaux. Abraham MERRITT s’y est essayé en son temps [voir « Le visage dans l’abîme »]. Néanmoins, sous la plume de Edmond HAMILTON, on se laisse peu à peu prendre dans la toile d’un récit simple et bien mené.

Eric Nelson est ce que l’on appelle un soldat perdu. Lorsque l’histoire commence, il appartient à une bande de mercenaires aux abois. Le seigneur de la guerre chinois, qui les employait, vient de décéder de ses blessures et les troupes communistes sont sur le point de les massacrer. Le salut, c’est peut-être cet indigène qui leur propose de les embaucher pour participer à la guerre civile qui partage sa vallée natale dans l’Himalaya. Il y a beaucoup de platine à récupérer dans une grotte détenue par l’adversaire donc beaucoup d’argent à se faire si on vainc celui-ci. Cependant, de cet adversaire, l’indigène ne dit rien de très clair et cette vallée ne figure sur aucune carte. De plus, l’impression négative de Eric Nelson est renforcé par un rêve étrange qu’il a fait la nuit précédent la rencontre. Pourtant, l’absence de solution autre étant flagrante et l’appât du gain renforçant la motivation, il tente l’aventure avec ses peu recommandables compagnons d’infortune. Le groupe n’est pas au bout de ses peines, ni de ses surprises.

« La vallée de la création » ne fait pas partie de ces récits bouleversants qui ont fait date. Paradoxalement, ce texte ne fait pas trop vieux non plus [en tout cas moins qu’un Jack Williamson]. Pourtant, la recette appliquée n’est pas des plus neuve. Pour information, précisons que le récit repose sur le principe éprouvé du personnage amené à reconsidérer ses choix face à la révélation brutale d’un secret fondamental. Ce secret, c’est celui de la grotte de la création sur lequel veille la mystérieuse Fraternité dont nous découvrons la nature au fil du roman. Fraternité, tolérance, le roman de Edmond HAMILTON déborde de bons sentiments très classiques aussi. Il n’y manque pas non plus de superbes archétypes de méchants. Malgré tout [ou à cause de cela], HAMILTON étant un vrai professionnel, il sait mener sa barque pour rendre l’histoire attrayante jusque la fin.


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Roman mineur dans la carrière même de Edmond HAMILTON, que l’on connaît davantage comme un des pères fondateurs du space opera, « La vallée de la création » se lit donc d’une traite et peut être recommandé à un public adolescent [impression renforcée par l’illustration de couverture].

Maintenant, pour un public adulte le récit peut constituer un moment délassant mais il ne faut pas chercher plus loin.