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Publié le 01/11/2009

Le Cercle des Douze de Pablo de Santis

[El enigma de Paris, 2007]

ÉD. MÉTAILIÉ, SEPT. 2009

Par Ubik

Fils de cordonnier, Sigmundo Salvatrio a connu une enfance tranquille à Buenos-Aires, bercé par le récit des exploits accomplis par les détectives du Cercle des Douze. Pendant cette période, il a vécu par procuration les aventures de ces héros et rêvé, plus d’une fois, de les rejoindre. Aussi lorsque Renato Craig, l’un des fondateurs du cercle, ouvre ses portes aux aspirants adlatere, le jeune homme saisit immédiatement cette opportunité.
À la suite d’une enquête éprouvante, la dernière de Craig, son mentor souffrant lui propose de le représenter à Paris pendant une réunion plénière du cercle, convoquée lors de l’inauguration de l’Exposition universelle de 1889. L’occasion pour Sigmundo de parfaire son apprentissage et de faire ses preuves. Une chance aussi de donner substance à ses rêves, en côtoyant, pour de vrai, les acteurs de ses lectures d’enfant.


« J’aimais sentir comment, dans un monde désordonné mais prévisible, s’ouvrait le chemin d’un raisonnement ordonné mais parfaitement imprévisible. »

Écrit dans un style volontairement désuet, Le Cercle des Douze s’acquitte sans honte de son tribut aux Grands Anciens du roman à énigme. Véritable madeleine littéraire, le roman de Pablo de Santis invoque, pour le plus grand plaisir des amateurs du genre, une ambiance et des personnages dignes des meilleures histoires de Gaston Leroux et de Conan Doyle, pour ne citer que ces deux auteurs parmi tant d’autres.
Ainsi, l’auteur argentin joue avec les ressorts et les codes du roman à énigme, tout en déjouant les pièges du banal hommage. Les sociétés secrètes, les poètes maudits, les mages de pacotille, les crimes inexpliqués, le mystère de la chambre close et toute une imagerie typiquement « Belle Époque » renaissent sous sa plume, sans nous paraître aucunement ridicules.

« Je me rêvais distant, ironique et pur, frayant ma voie comme Craig, comme le Polonais Arzaky […] à travers le monde des apparences, pour découvrir la vérité enterrée sous les fausses pistes, les diversions, le regard aveugle de l’habitude. »

Au-delà de l’intrigue policière, Le Cercle des Douze distille une atmosphère d’étrangeté subtile, rappelant celle des livres de Jorge Luis Borges ou d’Adolfo Bioy Casares. En effet, le jeu littéraire auquel se livre Pablo de Santis dépasse le simple cadre codifié de l’enquête pour aborder les territoires plus intimes de la réflexion philosophique et du roman d’apprentissage. Ainsi, les investigations de Sigmundo le conduisent à se révéler professionnellement, sentimentalement et moralement. Et pendant que le jeune homme se découvre, les héros de papier de son enfance dévoilent leurs passions secrètes et meurtrières, leurs fêlures intimes, leurs haines recuites et leurs connivences de circonstance. D’une certaine façon, Sigmundo devient leur confident et l’analyste auquel son prénom semblait le prédestiner.
Encapsulé dans cette trame initiatique, Pablo de Santis délivre une réflexion plus personnelle sur la nature véritable des énigmes et sur les règles présidant à leur élucidation. De la page blanche, il fait émerger une œuvre qui questionne autant le lecteur qu’elle apporte de réponses à ses propres interrogations. De cette façon, il incombe à celui-ci d’assembler les pièces de ce puzzle littéraire et policier, pour faire apparaître l’image de la seule énigme qui compte : celle tapie dans les circonvolutions du cerveau.


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Après le déjanté et généreux Aller simple, Le Cercle des Douze de Pablo de Santis dévoile une autre facette du paysage littéraire argentin. Avec ce roman érudit et malicieux, on découvre un auteur à lire et à relire ; ce que l’on ne manquera pas de faire avec ses autres œuvres, toutes disponibles aux éditions Métailié.