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Publié le 15/01/2004

"Le Chant du Drille" de AYERDHAL

[1992]

REEDITIONS DU DIABLE VAUVERT

Par Lunatik

Tout commence par une lettre d’un romancier - Vernang Lyphine - décrivant la planète Taheni et ses habitants - les Drilles. Ces animaux humanoïdes semblables à des lémuriens ont la particularité de réaliser un chant merveilleux.


« Le chant du Drille est un délire d’individualités sonores dont chaque mélodie est délicieuse et entière, et dont le tout est le plus cohérent des univers musicaux »

Mais que sait-on réellement sur eux, les conclusions hâtives des scientifiques sur l’état de leur intelligence, n’ont -elles pas pour seul but d’accélérer la colonisation de la planète ? Vernang termine sa lettre en exprimant sa crainte que l’espèce humaine ne détruise ce bel écosystème en établissant sur Taheni une nouvelle colonie.

« Les Drilles méritent plus que le respect zoologique accordé par l’humanité aux fossiles des espèces qu’elle a exterminées. »

50 ans plus tard, Lodève Dallelia, xénologue de l’Inspection Générale des Colonies, est chargée de se rendre sur Taheni pour trouver une solution à un étrange problème. En tant que spécialiste des interactions civilisation humaine/écosystème étranger, elle devra comprendre pourquoi les Drilles viennent mourir par milliers aux portes des grandes villes. Mais elle devra surtout trouver une solution car ce suicide collectif commence à avoir de lourdes répercussions sur le moral et la santé mentale des colons.

Au mystère du suicide collectif des Drilles, vient se greffer le mystère de Vernang Lyphine. Est il réellement mort comme tout le monde semble à le croire ? Pourquoi l’agrave, qui le transportait ainsi que d’autres dignitaires de la colonie, s’est il crashé ? Pourquoi le seul rescapé est il fou et donc dans l’incapacité de décrire ce qui s’est passé ? Y a t il un lien entre les Drilles et le mystère Lyphine ?

Ce roman mêle habilement deux genres qui ont fait leurs preuves dans le monde de la SF. La description d’un écosystème extraterrestre, qui ici, n’est pas sans rappeler la mythique Gaia, avec une approche de la relation entre une espèce animale et sa planète d’origine très fusionnelle. Et l’investigation, qui n’est certes pas spécifique à la SF, mais qui fonctionne toujours très bien lorsqu’elle est bien ficelée. Et on ne peut pas dire que cette partie - tout comme la première d’ailleurs- soit bâclée.

L’intrigue autour de Lyphine est bien menée, chacun des protagonistes étant persuadé de connaître le fin mot de l’histoire, mais n’ayant en main qu’une petite partie de la vérité. A charge pour Lodève d’assembler les pièces du puzzle.

Il est amusant de noter une similitude entre Lodève et Hercule Poirot. En effet, tout comme son homologue belge - bon ok, il n’est pas xénologue, donc c’est pas vraiment un homologue - elle rassemblera tous les acteurs de l’histoire autour d’une table, afin d’étudier les alliances et les haines existantes.

Les paramètres à appréhender pour bien entrer dans l’histoire sont donc nombreux et parfois complexes : Ecosystème très riche et système gouvernemental homéocrate très structuré - l’homéocratie qui trouve une part de sa complexité dans le fait que l’auteur laisse à son lecteur le soin d’en comprendre les rouages au fur et à mesure des informations qu’il distille dans l’histoire. Mais, en optant pour cette solution, Ayerdhal donne à son récit une fluidité et un rythme qu’il n’aurait pas eu si le système homéocrate avait été décrit dans ses moindres détails.


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Au final, ce roman méritait largement une réédition - ne serait ce que pour avoir une autre couverture que les affreuses illustrations de la collection Anticipation - alors bravo et merci à l’éditeur « Au Diable Vauvert ».