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Publié le 19/01/2000

Le Cycle de « Dune » de Frank HERBERT

[1965-1985]

Par Mr.C

C’est une planète, un gigantesque désert de sable qui n’intéresserait personne si elle n’était la seule source du bien le plus rare de l’univers : l’Epice. L’Epice donne la prescience, permet le voyage dans l’espace et allonge la vie. L’Epice attire toutes les convoitises...

« Dune » est l’une des sagas de science-fiction les plus célèbres au monde... et c’est justifié.


Le Cycle de « Dune » :

  • « Dune » parfois publié en deux volumes [« Dune », 1965] PRIX NEBULA 1965 ET PRIX HUGO 1966
  • « Le Messie de Dune » [« Dune Messiah », 1969]
  • « Les Enfants de Dune » [« Children of Dune », 1976]
  • « L’Empereur-Dieu de Dune » [« God Emperor of Dune », 1981]
  • « Les Hérétiques de Dune » [« Heretics of Dune », 1984]
  • « La Maison des Mères » [« Chapter House Dune », 1985]

En 10091, pour se débarrasser du Duc Léto Atréide, de plus en plus populaire parmi les Grandes Familles, l’Empereur Padishah Shaddam IV lui offre la gérance de la planète Arrakis, aussi nommée Dune.
Dune est une planète stratégique : elle est la seule source de l’Épice, substance rare qui augmente la durée de vie, et permet notamment le voyage dans l’espace [1]. Mais L’Empereur sait aussi que sur ce monde désolé, loin de chez eux, les Atréides seront une proie facile : le sinistre baron Harkonnen, avec lequel il s’est ligué en secret, saura éliminer cet encombrant personnage et sa famille.
Les navigateurs mutants de la Guilde Spatiale prennent part au complot : l’Épice est pour eux aussi un enjeu crucial. Quant aux révérendes de l’Ordre du Bene Gesserit, elles veillent dans l’ombre, à ce que leur plan millénaire aboutisse enfin à la naissance du surhomme, le Kwisatz Haderach, « celui qui pourra voir là où elles ne peuvent ».
Sur la planète Dune, planète désertique hostile sillonnée par de gigantesques vers des sables - dont certains peuvent mesurer jusqu’à 450 mètres - se prépare un affrontement dont l’issue bouleversera la destinée de l’Empire humain... Les Fremens, peuple secret qui s’est adapté à la vie dans cet environnement hostile, s’apprêtent, eux aussi, à jouer leur destin.

Ce qui fascine, encore aujourd’hui, dans cet archi-classique de la SF, c’est la richesse et la complexité de l’univers qu’il dépeint : des dizaines de personnages, l’entrelacement des intrigues politiques et économiques... le terme de livre-univers est adéquat : il y a là des civilisations complexes, pensées dans tous leurs détails et une habileté certaine du conteur à tisser les fils de son récit.

Au centre de cette guerre, car c’en est une, Paul Atréides, jeune homme dont la vengeance mène l’intrigue de bout en bout. Tourmenté par le rôle messianique, qui s’impose à lui, Paul est un personnage attachant dont la psychologie est profondément développée : est-il vraiment ce sur-être espéré par les Révérendes du Bene Gesserit, qui manipulent les gènes des Maisons Nobles depuis des générations ? Est-il ce Messie attendu par le peuple de Dune, les Fremens, qui vivent cachés dans le désert, et rêvent de transformer Arrakis ?
A cela s’ajoutent de nombreuses et puissantes idées maîtresses, comme rarement on en avait réuni jusque là en un seul livre :

  • L’Épice, ressource rare et stratégique autour de laquelle se nouent des enjeux comparables à ceux que le pétrole a pu faire naître sur Terre.
  • Les navigateurs de la Guilde, mutants déformés par 4 000 ans de consommation intensive de l’Épice, qui maîtrîsent le voyage spatial.
  • Les mentats, ordinateurs humains qui ont pris la place des machines pensantes après que le Jihad butlérien ait décrété leur interdiction dans l’univers connu.
  • L’ordre para-religieux du Bene Gesserit, dont la redoutable maîtrise corporelle, la politique génétique et les dons de prescience font une secte féminine puissante et sans scrupule...

Les deux premiers volumes, « Dune » et « Le Messie de Dune » forment quasiment un tout indissociable. Superbement écrits, denses et profonds, ils constituent le cœur du cycle.
Les vrais accros pourront trouver un intérêt à lire aussi les deux volumes suivants, « Les Enfants de Dune » et « L’Empereur-Dieu de Dune », qui décrivent le destin et la mutation du fils de Paul. En revanche, de notre point de vue, à partir du cinquième volume ça se gâte... et le sixième est assez superflu.
Cependant, il est des amateurs pour estimer que le cycle ne prend toute son ampleur que grâce à ses derniers volumes... on vous laisse donc juger...


LES SOUS-CYCLES DE « DUNE »

Frank HERBERT est mort en 1986, quelques années après la parution du sixième et dernier volume du Cycle, « La maison des mères ». Mais le succès international de « Dune », et la documentation qu’il avait laissé ont permis à son fils Brian HERBERT d’écrire, avec l’auteur Kevin J. ANDERSON, de nombreuses suites.
Nous faisons partie des lecteurs qui considèrent cette douzaine de pavés insipides comme du remplissage opportuniste. En voici néanmoins le détail pour ceux qui ne pourraient s’empêcher de céder à la curiosité.

Le Cycle « Avant Dune » [« Prelude to Dune »], qui démarre une trentaine d’année avant « Dune », raconte la jeunesse du Duc Leto Atréides :

  • « La maison des Atréides » [« Dune : House Atreides », 2000]
  • « La maison Harkonnen » [« Dune : House Harkonnen », 2001]
  • « La maison Corrino » [« Dune : House Corrino », 2002]

Le Cycle « Dune, la genèse » [« Legends of Dune »] se situe 10 000 ans avant « Dune », au début de la guerre entre les Humains et les machines pensantes :

  • « La guerre des machines » [« The Butlerian Jihad » [2], 2003]
  • « Le Jihad butlérien » [« The Machine Crusade », 2004]
  • « La bataille de Corrin » [« The Battle of Corrin », 2005]

« Après Dune », parfois aussi nommé « Dune 7 », prend sa place dans le Cycle originel après « La Maison des Mères » :

  • « Les Chasseurs de Dune » [« Hunters of Dune », 2006]
  • « Le Triomphe de Dune » [« Sandworms of Dune », 2007]

Par ailleurs le recueil « La Route de Dune » relie l’Avant et l’Après Dune à travers des textes, dont certains de Frank HERBERT demeurés inédits [notes, nouvelles, chapitres non publiés, correspondance].

Comme ça ne suffisait sans doute pas, Brian HERBERT et Kevin J. ANDESON ont imaginé un quatrième sous-cycle baptisé « Les Héros de Dune » [« Heroes of Dune »].
Ce sous-cycle prendra place entre « Avant Dune » et le cycle original [ceux qui n’arrivent pas à suivre sont priés de reprendre ce paragraphe au début]. « Les Héros de Dune » comprendra quatre romans :

  • « Paul de Dune » [« Paul of Dune », 2008]
  • « Jessica de Dune » [« Jessica of Dune », 2009]
  • « Irulan de Dune » [« Irulan of Dune », 2010]
  • « Leto de Dune » [« Leto of Dune », 2011]

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Dune est sans aucun doute le livre de science-fiction le plus lu au monde... il est devenu une sorte de référence ultime, à la fois exotique et intelligent, alliant le sens of wonder et la réflexion . Les éditeurs de Sf&F en manque d’inspiration ajoute souvent une référence à « Dune » dans leurs quatrièmes de couverture, ça marche toujours.

Une galerie de personnage foisonnante, un univers étrange et lointain, exotique sous bien des aspects et pourtant si facile à imaginer, une intrigue géopolitique implacable, Dune est passionnant de bout en bout. C’est un cycle indépassable aujourd’hui parce que dans la catégorie du planet-opera politico-religieux, Frank HERBERT est sans doute allé aussi loin qu’il était possible de le faire.



NOTES

[1] A noter que l’idée de la planète qui détient le monopole d’une substance très recherchée, comme c’est le cas pour Dune, a été inspirée - de son propre aveu - à Frank HERBERT par Cordwainer SMITH.

[2] Les traductions des titres des tomes 1 et 2 ont été inversées en français... une bizarrerie d’édition.