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Publié le 31/12/2004

Le Cycle du « Lion de Macédoine » de David GEMMELL

["Lion of Macedon", 1990 & "Dark Prince", 1991]

ED. MNEMOS - REED. FOLIO SF, EN 4 VOLUMES

Par PAT

Le cycle de Fantasy le plus célèbre de David GEMMELL, épopée magico-guerrière d’Alexandre-le-Grand.

« Le lion de Macédoine » est un livre à recommander pour ce qu’il est : du pur divertissement, mais de très grande qualité. Et puis honnêtement, ça fait du bien d’avoir encore 15 ans sur 1200 pages au total.


  • « L’enfant maudit »
  • « La Mort des nations » Ces deux premiers volumes sont la traduction du premier volume de la VO, « Lion of Macedon » [1990]
  • « Le Prince noir »
  • « L’Esprit du chaos » Ces deux derniers volumes sont la traduction du second volume de la VO, « Dark Prince » [1991]

VOLUME 1 : « L’enfant maudit »

Jusqu’ici, la Fantasy ne s’était pas vraiment intéressée à la Grèce antique, mais c’est désormais chose faite, et avec brio. Premier tome du « Lion de Macédoine », « L’enfant maudit » raconte la vie de Parménion, élève dans une caserne de Sparte et rejeté de tous en raison de son sang macédonien.

Humilié, frappé et méprisé, Parménion s’impose pourtant comme stratège de haut vol et guerrier redoutable. Pris sous la protection du célèbre Xénophon, son amour coupable [et tragique] pour Dérae provoquera sa fuite à Thèbes, d’où il jurera de raser Sparte, arrogante cité à l’origine de son malheur.

Crédible, c’est le premier adjectif qui vient à l’esprit une fois la dernière page tournée. Le fantastique est très diffus, car partie intégrante de ces années-là [les dieux ne sont pas autre chose que de la Fantasy, après tout]. GEMMEL traite son histoire comme un polar, et il faut bien avouer que lâcher le bouquin avant la fin pose de sérieux problèmes d’ongles rongés.

Oui, on n’échappe pas au méchant qui pointe sa dague sur la gentille pour impressionner le gentil, oui, on suit l’apprentissage d’un petit môme qui deviendra grand, oui, tout ça n’a rien de bien original, mais le décor grec est tellement bien rendu et si intelligemment décrit, qu’on ne peut que rester béat devant une telle efficacité. Bref, on reste admiratif devant ce premier volume, et la suite est attendue de doigt ferme.

Bravo.

VOLUME 2 : « La Mort des nations »

Deuxième épisode des aventures de Parménion, « La mort des nations » relate la vie du Stratégos à Thèbes, alors faible cité menacée de toute part.

Intelligent et décidé, Parménion règle peu à peu les problèmes, jusqu’au massacre des Leuctres, qui voit l’armée spartiate défaite par les thébains. Peu avant cette victoire, qui lui assure enfin sa vengeance, il rencontre le jeune Philippe de Macédoine, otage de Thèbes qui sera plus tard autorisé à revenir chez lui. Pour Parménion, le sort reste cruel et lui arrache la deuxième femme qu’il ait jamais aimée : Thétis.

Du côté des forces surnaturelles, les choses se corsent et les différentes sorcières attendent la venue du Dieu Noir, ce qui n’annonce pas grand-chose de bon.

Mais tout ceci est encore loin, et après quelques voyages comme mercenaire [en compagnie de son ami Mothac], Parménion entre au service du nouveau roi de Macédoine, jeune homme traqué qui n’est autre que Philippe. Très rapidement, Parménion pète la gueule à tout le monde et la Macédoine redevient une nation avec laquelle il vaut mieux éviter de déconner.

En attendant, Philippe engendre Alexandre [oui, oui, c’est bien de cet Alexandre-là qu’il s’agit], mais c’est malheureusement dans le corps de cet enfant que le Dieu Noir a décidé de s’incarner. Autant dire que la suite s’annonce brutale· [En fait, c’est un peu plus compliqué, mais on n’en dira pas plus car on dévoilerait tout].

Autant dire tout de suite que si la première partie de cette saga était vraiment excellente, le deuxième volume n’est plus au niveau. L’intrigue demeure assez simpliste [seul contre tous, le héros va faire très mal à tout le monde], ce qui limite la profondeur du récit.
Ceci dit, reconnaissons également que l’ensemble est d’une grande crédibilité et que GEMMELL sait raconter une histoire. On passe à côté du chef d’oeuvre, mais on reste captivé par les aventures de Parménion . Bref, on attend la suite avec une certaine impatience.

VOLUME 3 : « Le Prince noir »

Et de trois pour Parménion, le Stratégos, La Mort des Nations, le plus grand général du monde civilisé, et tout et tout.

Maintenant qu’Alexandre est né, les forces des ténèbres attendent leur heure. Mais comme les méchants ne sont jamais patients, ne voilà-t-il pas qu’Alexandre [qui n’a que 4 ans mais qui débat déjà des présocratiques avec ses aînés] est malencontreusement happé dans un monde parallèle. Un monde où les créatures mythologiques vivent normalement dans des bois. Un monde où un certain Philipos de Macédoyne règne en maître. Un monde sauvage dans lequel Alexandre risque la mort à chaque instant.

Pour le tirer de ce mauvais pas, Parménion doit tout simplement aller le chercher, ce qui revient à défier Philipos, autoproclamé roi démon. Bref, ça craint. D’autant qu’on trouve des minotaures et des gorgones à la pelle, dans ce coin.

On y retourne pour un tour, il y a déjà longtemps qu’on n’y croit plus, mais on ne lâchera pas le bouquin avant d’en avoir finit.
C’est ce qu’on appelle une histoire qui marche. Le lecteur est accroché jusqu’au bout, et vous savez pourquoi ? Tout bêtement parce que GEMMELL écrit bien et qu’il connaît toutes les ficelles du suspense.

VOLUME 4 : « L’Esprit du chaos »

Les choses ne s’arrangent pas, mais après tout, c’est bien pour ça qu’on est là...

Maintenant qu’Alexandre est un beau jeune homme de 18 ans, son père le répudie plus ou moins. Pour Parménion, le dilemme est total, jusqu’à ce qu’Alexandre soit obligé de fuir Pella pour éviter le courroux de son père. Mais ce dernier se reprend [merci le collier magique] et réalise son erreur. Alexandre pardonne tout, mais son comportement est assez étrange, pour ne pas dire ambivalent. Et quand Parménion entame la campagne de Perse, d’affreuses nouvelles lui parviennent de Macédoine.

Philipe est mort et Alexandre règne. Les cités se révoltent, mais le nouveau roi noie les rebelles dans le sang. Était-ce la volonté d’Alexandre, ou est-ce le retour du Dieu Noir ?


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C’est fini ! Après 4 tomes épiques, le lecteur laissera tomber Parménion comme un vieux copain. Autant dire que les aventures du Stratégos sont particulièrement attachantes, et que GEMMELL a largement remporté son pari : « Le lion de macédoine » est une saga à mettre entre toutes les mains, du plus jeune au fan chevronné en passant par le dilettante.

C’est de la SF légère, du divertissement bien mené. Oui, ça ne va pas très loin, mais ce n’est jamais idiot. Au final, c’est exactement ce qu’ORWELL appelait de "l’excellente mauvaise littérature".