EN BREF

 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AU LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

Le livre le plus acheté
en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

A VOIR AUSSI

Publié le 07/04/2001

"Le Diable l’emporte" de René BARJAVEL

EDITIONS FOLIO SF, 1946

Par oman

Paris, après la GM2 (la guerre de 1939-1945), le monde sort traumatisé par l’avènement de la puissance dévastatrice de la bombe nucléaire sur Hiroshima, mais en même temps, cette formidable puissance peut être canalisée pour être utilisée dans la vie de tous les jours. C’est ainsi que l’énergie nucléaire entre dans les foyers du monde entier et que la technologie se développe vitesse grand V.

C’est dans ce Paris que vit la famille de Irène et Aline, pendant que M. Gé, multimilliardaire sent une autre menace se profiler à l’horizon, un horrible pressentiment...


Le traumatisme.

Barjavel, qui écrit ce roman en 1948-1949, sort de la grande guerre, celle de toutes les horreurs : les camps, la bombe atomique, on n’était jamais allé aussi loin dans la culture du mal, jusqu’à ce moment là. L’énergie atomique est vraiment effrayante : elle peut tuer 100.000 hommes à elle seule. Alors imaginer de développer des bombes plus puissantes permettrait à l’homme de rayer toute vie sur Terre en un claquement de doigts. A l’instar de Ravage, Barjavel soutient que la vie, la vraie, n’est pas dans la technologie, qui risque de perdre l’homme. Il a foi en l’homme terre à terre, ayant une vue certes plus simple mais plus saine : le paysan. Ce dernier est vraiment l’homme qui a la tête aux choses essentielles : cultiver la terre, se marier, avoir des enfants, et ne pas se soucier, de rêver à aller dans les étoiles, ou créer des armes technologiques. Le travail, source de satisfaction.

C’est sa vision, un retour aux choses plus terre à terre, difficiles à concevoir aujourd’hui, avec toute la technologie qui nous entoure, le fait que vous puissiez lire ce texte, alors que plusieurs milliers de kilomètres nous séparent. Mais il a vécu la guerre, il a vu ce que les hommes sont capables de faire, du mal qu’ils peuvent s’infliger pour conquérir une parcelle de terre. Une vision bien pessimiste.

Le visionnaire.

J’ai été bien surpris que l’auteur ait imaginé tant d’applications technologiques, du seul fait de l’énergie nucléaire et la notion de pile atomique. Notamment : la recherche génétique et les OGM. Toujours dans un soucis de se rapporter à l’agriculture, j’ai trouvé très réaliste les cultures de légumes modifiés pour arriver à maturité en quelques jours, la modification des animaux pour une croissance accélérée.

L’homme.

Pessimiste, Barjavel nous rappelle qu’il ne faut pas jouer à Dieu, que l’on est plus proche du Diable à jouer ainsi avec la génétique, le nucléaire, la technologie, sans vision éthique à long terme. N’a t-on pas cloné une brebis ? Les OGM sont ils vraiment propres à la consommation ? Aujourd’hui encore, l’homme joue.


COMMANDER

BARJAVEL nous dit, comme dans "Ravage", "Le voyageur imprudent", "La nuit des temps", "Le grand secret", que l’amour sera peut-être le remède à tout. Avec poésie, il nous raconte une belle histoire d’amour, que lui seul sait raconter, une histoire impossible, un déchirement parfois, mais qui saura vaincre tous les obstacles, même la mort.

Un beau roman, parfois un témoignage déguisé, sur la vie, la mort d’un petit être né il y a quelques centaines de milliers d’années : l’homme.