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Publié le 04/09/2009

Le Fils de nulle part de Sean Stewart

[Nobody’s Son, 2000]

ED. MNEMOS, MAI 2009

Par Ubik

Depuis un millénaire, le bois des Spectres traîne sa réputation de lieu maudit, déserté de tous sauf des fantômes et des champions en maraude. Durant mille années, l’antique malédiction pesant sur le donjon rouge a épuisé les héros successifs en quête de gloire et de renommée, bienfaits évidemment assortis d’un fief confortable avec princesse dévouée pour chauffer sa couche. Jusqu’au jour où Marc Bouclier vient réclamer au roi de Swangard la récompense promise à qui lèverait le maléfice...


L’audace de Marc à affronter le bois des Spectres est fâcheuse, car Marc est un paysan. Autrement dit, un rustre, un va-nu-pied et on ne fraie pas avec cette engeance. Heureusement, le bougre a du tempérament, il est têtu, malin et il a de nombreux rêves à réaliser. Tout ceci ne sera pas de trop pour affronter son destin et conclure le roman sur un happy end du plus bel effet...

Dormez les petits enfants car il le faut. Délicatement bercé par l’intrigue insipide du roman de Sean Stewart, vous ne tarderez pas à basculer dans les bras de Morphée. Ne comptez pas sur l’humour de l’écrivain états-unien pour stimuler vos zygomatiques. Celui-ci oscille entre le pas drôle et le franchement ridicule. N’escomptez pas non plus éprouver le plus petit frémissement envers les personnages car ils sont aussi gélatineux qu’un adolescent attardé.
Bref, ne vous bercez pas d’illusions, oubliez tout espoir ! Dormez, car Sean Stewart le veut…

À l’instar des autres champs de la littérature, la fantasy se targue d’un héritage et revendique son inscription dans une lignée d’œuvres mémorables. Ces sujets sont au cœur des thématiques de Sean Stewart, et si l’écrivain semble d’abord se démarquer du legs de ses prédécesseurs, il se complaît par la suite dans la pochade agrémentée de motifs et d’archétypes à peine dégrossis.

A priori, le Fils de nulle part s’annonce sous les auspices du récit dépouillé des artifices puérils de la fantasy. Hélas, le roman abandonne rapidement le registre du conte désenchanté pour retomber lourdement en territoire (trop) connu.
Sean Stewart dilue son propos dans la guimauve ; les effets humoristiques ou dramatiques tombent à plat. Ne nous voilons pas la face, l’histoire a aussi peu de substance que la barbe à papa, tout en partageant la saveur sucrée et écœurante de cette confiserie. On n’en finit pas de s’ennuyer à longueur de page, et de se lamenter sur ce qu’aurait pu (dû ?) être le roman. La confrontation qui s’amorçait entre les désirs de Marc et la réalité d’un quotidien moins enchanteur, la réflexion sur la filiation, tout cela est escamoté au profit d’une intrigue passe-partout et poussive de surcroît, qui ravira sans aucun doute les plus fleurs bleues d’entre nous.


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Loin de nous laisser orphelin, le Fils de nulle part nous fait regretter amèrement le ton mélancolique du précédent (et très recommandable) roman de l’auteur, l’Oiseau moqueur.

En ce qui nous concerne, nous nous abstenons de pousser plus loin…