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Première publication le 17/09/2005
Publié le 10/05/2010

Le Guide du voyageur galactique [T.1] de Douglas Adams

[The Hitchhicker’s Guide To Galaxy, ou H2G2]

REED. FOLIO SF, 2010

Par Mr.C

Le H2G2 étant devenu un archi-classique, Folio SF a l’opportune idée de ré-ré-rééditer la plus fameuse des parodies science-fictionnesques.

La précédente réédition avait accompagné la sortie du film, en 2004. Cette réédition 2010 des 5 volumes du cycle vient encadrer la parution d’un tome 6, tome écrit (Douglas Adams ayant rejoint ses aïeux) par un jeune écrivain irlandais, Eoin Colfer.
Quoiqu’il en soit, le premier volume du cycle H2G2 reste un chef d’œuvre de non sense à la britannique appliqué à l’univers SF.


Loin de nous l’idée d’émettre une plainte : la réédition de 2004 avait apporté quelques améliorations qualitatives non négligeables.
Parmi les "plus" :

  • une traduction (enfin) révisée. Ce "enfin" est un clin d’oeil à bien des lecteurs du Guide du voyageur galactique qui ont souffert, (le mot n’est pas trop fort et je m’en veux presque de ne pas avoir écrit "enduré") la traduction originale de Jean Bonnefoy. Attention : ne sortez pas encore les trompettes ! La traduction de JB n’a été que très partiellement "révisée", et le grand nettoyage reste encore à faire (le message est passé chez Gallimard ?). Mais bon, y’a du mieux. Et quel bonheur que "Arthur Dent" s’appelle enfin "Arthur Dent" et non "Arthur Accroc"....
  • une postface de Robbie Stamp, un des producteurs-éxécutifs du film, et un proche de Douglas Adams. Elle nous raconte les péripéties de l’auteur anglais à Hollywood. Comment il batailla, en vain, pendant cinq années, de studios en studios, de script en script, pour amener son livre à devenir un film. Une bataille qu’il remporta de façon posthume puisque que, ironiquement, sa mort prématurée, relança le projet : le film arrive enfin sur les écrans, quatre ans après sa disparition.

« Peuples de la Terre, je réclame votre attention ! dit la voix et c’était merveilleux : un son tétraphonique d’une admirable perfection, avec un taux de distorsion si bas qu’on en aurait pleuré. Ici Prostetnic Vogon Jeltz, du Conseil de planification de l’hyperespace galactique, continua la voix. Comme vous le savez sans doute, les plans de développement des régions périphériques de la Galaxie requièrent la construction d’une voie express hyperspatiale à travers votre système solaire et, malencontreusement, votre planète fait partie de celles qu’on va devoir démolir. L’opération va prendre un peu moins de deux de vos minutes. Merci. »



L’intrigue du Guide est simple puisqu’il n’y en a pas. Le fil conducteur du récit, ce sont les péripéties d’Arthur, dont la maison, puis la planète [riez pas, c’est aussi la vôtre] sont l’une après l’autre rayées de la carte. Arthur se retrouve embarqué sur un vaisseau Vogon. Or les Vogons sont des ET bas-du-front, alternativement violents ou enclins à vous imposer leur insupportable poésie.

« La poésie vogonne est sans conteste la troisième en exécrabilité dans tout l’univers. La seconde étant celle des Azgoths de Kria. (...) La plus exécrable de toutes les poésies disparut en même temps que son créateur, Mme Paula Nancy Millstone Jennings de Greenbridge, Essex, Angleterre, lors de la destruction de la Terre. »



Arthur n’est pas d’un tempérament héroïque, et endure les épreuves les unes après les autres sans bien comprendre, accumulant les rencontres hautes-en-couleur : Zaphod Beeblebrox, un voyou frimeur qui est aussi le Président de la Galaxie en fuite, Marvin, l’androïde dépressif, Slartibartfast, créateur de planète primé, Frankie et Bennie, deux souris qui, comme toutes les souris, sont en fait la matérialisation dans notre dimension de vaste hyperintelligences pan-dimensionnelles, "car toutes ces histoires de fromage et de couinements ne sont qu’une façade".

Douglas Adams pressure tous les clichés SF pour en extirper l’absurdité et le roman vaut aussi pour les dizaines de courts récits qui le jalonnent et sont autant d’intermèdes drôlatiques.

« Durant quatre mille ans, les puissants astronefs déchirèrent les déserts vides de l’espace pour finalement plonger, hurlants, sur la première planète qu’ils croisèrent - qui se trouvait être la Terre - où, à cause d’une terrible erreur d’échelle, l’ensemble de la flotte de guerre devait être accidentellement avalée par un petit chien. »



L’usine de planètes de Magrathéa, le générateur d’improbabilité infinie (l’invention la plus drôle de l’Histoire de la SF drôle), et bien sûr la réponse de l’I.A. Pensées Profondes à la Grande Question de la Vie, de l’Univers et du Reste, tout cela est d’une drôlerie inénarrable, que j’éviterai donc de vous narrer.

Douglas Adams joue aussi sur les mots : les sentences dépressives de Marvin, les dialogues où personne ne se comprend, l’amabilité terriblement pénible de l’ordinateur de bord, les commentaires des personnages sur leur propre histoire... Et le plaisir du lecteur vient de ce talent que l’auteur a pour raconter très sérieusement des contes à dormir debout.

Notons, pour la petite histoire de l’édition, que c’est la sixième fois que ce roman est réédité en France et que c’est le quatrième titre qu’on lui trouve. Le titre français du Hitch Hicker’s Guide to the Galaxy a en effet connu 4 versions :

  • Le Guide du Routard galactique dans sa première édition française, chez Denoël, collection Présence du Futur, en 1982.
  • Le Routard galactique en 1993 - mais brièvement, à cause d’embrouilles judiciaires venues d’un autre célèbre Guide du Routard, amateur de tourisme terrien celui-là.
  • Sac à dos dans les étoiles toujours en 1993
  • Le Guide galactique en 2000,
  • Enfin, Le Guide du voyageur galactique en 2005, histoire de coller davantage au titre original, et au H2G2 (acronyme de Hitch Hicker Guide to the Galaxy) mis en exergue par la version cinéma.

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Réédition après réédition, le H2G2 s’incruste dans la paysage et s’améliore : après la retraduction de 2004, la version 2010 arbore une nouvelle couverture assez raccord avec les vrais morceaux d’humour foutraque qui se trouvent à l’intérieur.

Ca s’appelle Le Guide du voyageur galactique.
Si ce n’est déjà fait, lisez-le. C’est un remède à la mélancolie.