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Publié le 02/09/2006

"Le Parlement des fées [Tome 2]" de John CROWLEY

["Little, Big", 1981]

RIVAGES, 1995 - REED POCKET, 1998 - REED TERRES DE BRUME, 2006

Par Shinjiku

La sauce CROWLEY parviendra-t-elle à prendre en France, alors que l’auteur est adoré outre-Atlantique ? Quoi qu’il en soit, il est doux de suivre à nouveau à l’orée des bois ces personnages grouillants, Smoky et Daily Alice, Sophie et Lilas sa fille disparue, Auberon à la recherche de sa Sylvie, Georges Mouse et Fred Savage, et aussi Ariel Hawkskill en pleine lutte contre un empire millénaire et... et... tant d’autres dans l’ombre des forêts.


Tout ce qui a été effleuré, développé en douceur dans le premier tome, va enfin trouver - toujours sur le mode d’une écriture fine, elliptique, distanciée - quelques explications et, parfois même, quelques conclusions ! L’intrigue se recentre explicitement sur trois fils conducteurs que l’on pourrait résumer ainsi : Ariel Hawkskill, la vieille magicienne, va-t-elle parvenir à empêcher la guerre qui menace de bouleverser tous les protagonistes du "Conte" ? Auberon retrouvera-t-il sa Sylvie ? Quel est le rôle de Lilas, l’enfant disparue ? Ainsi les plus "gros" enjeux côtoient et se mêlent aux plus "petits", ce qui confère à l’histoire une sorte de caractère universel, comme si elle était un reflet féérique de la vie dans ses grandes largeurs. Mais cela reste un résumé très parcellaire qui ne peut rendre compte de la profondeur et de la richesse du "Parlement".

En effet, l’univers se fait plus densément fantastique ; alors que le premier tome laissait un gros doute planer quant à l’existence d’un monde mythique subtilement enraciné au "monde réel", cela n’a plus lieu d’être ici. La magie et la féérie y sont définitivement affichées, dès le début du roman lors duquel on aura tout le loisir de voyager à dos de cigogne ou encore de voir apparaître l’empereur Barberousse sous les traits d’un dictateur moderne.

Non seulement le style de CROWLEY est un véritable plaisir d’humour, de fantaisie, d’émotion, de noirceur parfois, mais il sous-tend en plus sa croyance, assumée ou non, en une religion personnelle : celle du Conte. L’univers de faërie est teinté de sacré, s’exprime aussi bien par des situations, des rituels, que par des artefacts [un jeu de carte, un livre énigmatique : "L’architecture des maisons de campagne", sorte d’évangile de la féérie]. L’existence d’un monde où la croyance devient tangible, à la fois externe et "contenu" dans le monde réel, est attestée par le point de vue de deux personnages "incrédules" : Smoky et Auberon ; lesquels auront quand même droit à leur chapitre dans le "Conte".

Lorsque les noeuds se dénouent, que des tournants délaissés depuis longtemps prennent subitement de l’importance, on prend conscience de lire une oeuvre à la fois minutieuse et imposante : "Le Parlement des fées" est un little, big roman, la petite soeur féérique de "Cent ans de solitude", l’expression matricielle aboutie de toute la fantasy mythique.


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Aimer "le Parlement des fées", c’est une affaire très sentimentale, mais il faut au moins reconnaître le côté inconctournable de l’oeuvre pour tous les amateurs d’une certaine littérature du merveilleux.

Avec de little, big choses dedans.