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Publié le 01/05/2005

"Le Pays de la Nuit" de William H. HODGSON

["The Night Land, A Love Tale", 1912 ]

REEDITION TERRE DE BRUME / TERRES FANTASTIQUES, 2005

Par Ubik

Paru originellement à l’aube du XXème siècle, « Le pays de la nuit » nous revient, après une précédente parution en France dans la collection Aventures fantastiques chez Opta et une réédition en deux tomes chez Néo. Belle occasion pour faire connaissance ou redécouvrir William H. HODGSON dont le science-fictionnaire nous dit qu’il figure parmi les précurseurs de la SF et les ancêtres de LOVECRAFT ! Bigre, devant ce tour de force, une petite lecture s’imposait.


Afin d’éviter tout malentendu, commençons par insister sur le fait que ce roman n’est pas un texte horrifique à la mode de Howard Philip LOVECRAFT, ce que peut laisser supposer la citation du reclus de Providence en quatrième de couverture. Certes, les monstres hybrides et malveillants abondent et on sent un mal innommable, diabolique et au-delà du descriptible planer à maintes reprises. Néanmoins, l’intention de l’auteur ne semble définitivement pas là.

En fait, pour ne rien occulter, affirmons le tout de suite : « Le pays de la nuit » est un roman d’amour. Le titre original « The night land. A love tale », et un préambule de l’auteur intitulé "Les rêves qui ne sont que des rêves", ne laissent peser aucun doute là-dessus. Amour courtois voire chevaleresque, déjà un peu démodé en ce début du XXème siècle où les suffragettes déchaînées, certes ne brûlaient pas encore leurs corsets, mais manifestaient déjà des velléités émancipatrices. Amour triomphant de la mort et du temps : quelques millénaires, une bagatelle. Enfin, amour qui se défie des obstacles et des périls régnant en ce pays de la nuit, et ils sont légion.

Peut-être est-il temps justement d’évoquer cette contrée qui constitue le cadre de l’histoire d’amour et qui représente l’aspect le plus marquant, visuellement parlant, du roman. Donc pas très loin de la fin du monde, imaginez que le soleil a finit par s’éteindre. Les vestiges de l’humanité ont survécu et trouvé refuge dans un bastion pyramidal situé au cœur d’une faille profonde auprès des ultimes chaleurs de l’écorce terrestre. Constamment sur la défensive, les hommes vivent dans des cités abritées derrière un anneau énergétique alimenté par un mystérieux courant de terre qui les protège des assauts des créatures contrefaites et des forces occultes hostiles qui rôdent dans l’obscurité...

Mais voilà, il existe un second refuge sur le point de tomber. Guidé par son seul amour et le lien télépathique qui l’unit à une femme de cet abri, le narrateur va se lancer dans la traversée de ce pays mortifère. A l’instar des paladins de la littérature médiévale, il est armé d’un diskos, une arme à la fois d’hast et d’estoc, et équipé d’une armure pour accomplir sa quête. Bien des épreuves et des combats l’attendent. Mais l’amour le réconforte et le fortifie.


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Hum ! Si l’on fait abstraction du côté simpliste de l’intrigue, on peut trouver à ce roman un certain charme. La description de ce monde apocalyptique, bien qu’un peu longuette et répétitive quand même ( l’auteur n’usant pas de l’ellipse, on a le droit au voyage allez et retour dans son intégralité ), résonne d’une étrangeté fascinante que ne peuvent ignorer les lecteurs de Lovecraft ( en cela le science-fictionnaire ne se trompe pas ) Finalement, ce roman de William H. Hodgson n’est pas dépourvu de charme. Mais un charme désuet qui peut rebuter les lecteurs en recherche de sensations et d’interrogations plus actuelles. A classer donc dans le rayon des historiques.

Additif : Brian STABLEFORD qui préface cette édition propose une interprétation personnelle au récit de HODGSON. En effet, il relève un symbolisme psychanalytique dans la vision de l’auteur. Pourquoi pas puisque le narrateur se trouve projeté dans ce futur lointain comme dans un rêve.