EN BREF

 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AU LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

Le livre le plus acheté
en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

A VOIR AUSSI

Publié le 01/04/2007

« Le phénix vert » de Thomas B. SWANN

[« Green Phenix », 1972]

LES MOUTONS ELECTRIQUES, OCT 2004 - REED. POINTS / FANTASY, AVRIL 2007

Par Ubik

« Où est-il donc, l’oiseau de feu ! Levez les yeux, il flambe dans le ciel, avec Saturne et l’Age d’or. J’irai le retrouver. »

Où est-il donc Thomas Burnett SWANN ? Dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre car cet auteur connaît actuellement une vague de rééditions et de publications d’inédits impressionnante. Loin d’être uniquement la marotte d’éditeurs passionnés, il faut reconnaître à cet auteur une singularité envoûtante. Aussi en attendant la parution annoncée d’autres titres au Bélial’ et aux Moutons électriques, voici un aperçu d’une oeuvre de ce chantre de la fantasy antiquisante.


L’ouvrage que nous propose l’éditeur André-François RUAUD est un bel objet et on sent d’entrée le coup de cœur pour l’œuvre d’un auteur, tout de même à part, dans le paysage éditorial de la fantasy.

Accompagné par deux articles, un de SWANN lui-même dissertant sur son insaisissable muse, et un de André-françois RUAUD, livrant une biographie et une bibliographie concise, « Le phénix vert » est en fait le regroupement de deux textes inscrits dans le même univers légendaire antique, à savoir le passé de l’Urbs [Rome pour les non-historiens]. De même, de phénix, l’animal à ranger au bestiaire mythologique, il n’est pas directement question non plus. En fait, le phénix est évoqué sous la forme d’un surnom dans le premier texte et sous la forme d’une métaphore dans le second.

JPEG - 3.8 ko
L’édition française originale

« Pour Mellone la dryade, la vie s’annonçait paisible : son arbre, ses abeilles, un jour sans doute, un enfant après une nuit passée dans l’Arbre divin. Mais la forêt bruisse soudain d’une terrible nouvelle : Enée, le tueur de femmes, le parjure, le monstre assoiffé de sang, vient de débarquer sur les côtes. »

Ainsi est posé en quatrième de couverture [assez bien conçue pour qu’on le signale] le contexte du « phénix vert », court roman d’environ 160 pages. En lisant celle-ci, on pense immédiatement à une épopée mythologique et on tourne son regard vers VIRGILE.
Mais les apparences sont trompeuses car « Le phénix vert » n’est rien de tout cela. De la même manière, « Où est-il donc l’oiseau de feu », nouvelle assez longue mais pas ennuyeuse du tout, d’environ 70 pages, nous emmène à la naissance de Rome aux côtés de Romulus et Rémus. Précisons quand même que s’il est situé chronologiquement après l’arrivée d’Enée, ce récit est antérieur pour son écriture au premier.

Puisqu’il est question de chronologie, écartons aussi toute volonté d’historicité. C’est ainsi avec SWANN, il n’est pas contradictoire chez lui de mélanger Légende et Histoire. Son inspiration, guidée par sa muse, mêle avec justesse les ambiances. Tout est faux pour faire plus vrai, plus vivant, plus dépaysant. Il mélange avec finesse poésie bucolique et sensualité implicite. En effet, comment ne pas voir un aspect charnel dans la relation entre la Dryade, un personnage fétiche chez SWANN, et son arbre. Comment ne pas lire le désir dans le lien unissant l’Homme et la Terre-mère, sœur puis amante ? Comment ne pas distinguer un rapport entre le divorce de l’humain et de la nature, évoqué surtout dans le second texte, et la coupure d’avec le cordon ombilical ?


COMMANDER

Nostalgique mais jamais régressive, poétique sans être trop maniérée, sensuelle sans être racoleuse, la prose de SWANN dépare sérieusement dans le paysage de la fantasy actuelle.

Elle offre une parenthèse enchanteresse.