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Publié le 01/05/2008

« Le Phoenix exultant ou Dépossédé en Utopie » de John C. WRIGHT

[« The Phoenix exultant or Dispossessed in Utopia », 2003 - Traduit de l’américain par J.-D. Brèque]

ED. L’ATALANTE, 2004 - REED. LIVRE DE POCHE, AVRIL 2008

Par Ubik

Le Livre de Poche réédite « Le phénix exultant », suite de « L’Œcumène d’or » et des aventures de Phaéton. Petit rappel du volet précédent.

John C. WRIGHT a imaginé dans son précédent livre, L’Oecumène d’Or, une utopie située très loin dans le futur. Dans celle-ci, nanotechnologie, altération et duplication de son information neurologique sont pratiquées couramment pour qui a les moyens de les payer. Neuroformes immortelles, c’est-à-dire humains au cerveau altéré, et entités sophotech [ des I.A.] se côtoient pacifiquement.


Et pourtant, dans ce pays de cocagne non-gratuit, Phaéton, fils d’Hélion, a bravé l’harmonie instituée par le collège des hortateurs. Son crime : avoir construit une astronef, Le Phénix exultant, afin d’explorer les espaces extérieurs et afin de trouver les raisons de la disparition de l’Oecumène du silence, première tentative des post-humains pour s’implanter hors du système solaire. Banni par ses pairs et condamné à l’ostracisme universel, sa chute était totale au terme du précédent tome. Mais est-elle définitive ? Il semble que ce deuxième volume apporte quelques réponses, notamment sur l’identité de ses ennemis.

La première des deux questions qui se pose est : Le phénix exultant est-il plus lisible que le précédent volume ? Nous pouvons répondre oui. Mais, à la condition de supporter quelques passages de ce style : « Quelle était donc la nature de cette feuille ? Impossible de déterminer si elle se composait de matière ou d’énergie. Impossible d’expliquer pourquoi elle n’était pas plus lourde qu’une ville ni pourquoi elle ne décidait pas d’exploser ou de se randomiser. Peut-être était-elle tissée de cordes quantiques en maillage serré. A moins qu’elle ne soit le produit d’une géométrie de rupture supersymétrique, un peu comme de l’antigravité ? Ou bien de ce que la théorie des fractions gravitoniques appelait la subgravité ? ».

Si cet aperçu vous lasse/effraie/« c’est de la branlette » [rayez les mentions inutiles ou conservez-les toutes], vous pouvez d’ores et déjà passer votre chemin.

La seconde question est : le récit démarre-t-il vraiment avec la chute de Phaéton ? A celle-ci nous pouvons rétorquer qu’il n’y a pas vraiment de surprise à attendre de ce deuxième tome. Après l’endroit, c’est l’envers du décor de son utopie que John C. WRIGHT nous révèle. Cependant, le sujet est vite évacué puisque l’intrigue se concentre essentiellement sur Phaéton et sa capacité à surmonter sa déchéance. Nul doute ne demeure longtemps quant à son succès d’ailleurs.

Le roman évoque différents aspects de l’Utopie sans apporter pleinement satisfaction. Et pourtant, des pistes intéressantes s’amorçaient. Par exemple, quelle valeur accorder à la réalité à une époque où tout est téléchargeable d’un click mental et où l’on peut reconfigurer ses sens ou ses souvenirs. Il y avait là tout un champ à explorer. Il restera en friche. A moins que John C. WRIGHT ne le réserve pour l’ultime tome de sa Geste.


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En attendant, ardu dans le texte et ne manquant pas d’ambition dans la vision, Le phénix exultant s’essoufle dans un récit académique, pataud et prévisible.

C’est avec de plus en plus de perplexité que nous attendons encore d’être étonné par la suite et la fin de cette Geste futuriste, annoncée sous le titre de La Haute Transcendance. Tout un programme !