Le Jury du Cafard cosmique a le grand plaisir d’annoncer officiellement que son Prix 2010 est attribué à Océanique, recueil de Greg Egan paru aux Editions Le Bélial’.
Des 5 oeuvres plébiscitées par les internautes, c’est donc le troisième volume de l’intégrale raisonnée des nouvelles de cet auteur australien qui est couronné, parmi tous les titres de Science-fiction et de Fantasy publiés en France l’année dernière.


LE PRIX DU CAFARD COSMIQUE 2010

Ce samedi 8 mai, le jury des rédacteurs du Cafard cosmique s’est donc réuni très solennellement dans un établissement branché de la capitale vers 15H. Sur les visages, empreints de gravité, on lisait le poids des tourments intérieurs : comment allaient-ils pouvoir départager les 5 oeuvres de grande qualité retenues par les internautes ?

Seraient-ils à la hauteur des attentes ?


Suivant la tradition du Prix du Cafard cosmique, on décida du nom du vainqueur avant de passer au vote (une méthode bien plus répandue qu’on ne veut bien le dire).

Hélas, trois fois hélas, le consensus s’avéra impossible, et les vociférations commencèrent, avant même que macarons et fraises à la crème ne soient entamés.

Rappelons que les 6 œuvres en compétition étaient :


Il y avait cette année un ex-aequo pour la 5ème place du classement, c’est pourquoi 6 romans et recueils étaient retenus.

D’aucuns prétendirent que Jean-Philippe Jaworski, déjà primé il y deux ans pour son recueil Janua Vera, ne pouvait être dans la course. D’autres répondirent qu’à ce compte là, d’autres nommés, déjà honorés par quelques prix littéraires, devraient également être mis sur la touche... Mais nulle part le règlement du Prix du CC ne prévoit ce genre d’exclusion, et il fut donc décidé de ne pas tenir compte de ces propos amers, où les calculs partisans le disputaient à la jalousie.

Vint ensuite le moment du vote, et rapidement deux œuvres se distinguèrent du peloton : Vision aveugle de Peter Watts et Océanique de Greg Egan. De quoi relancer quelques commentaires énervés : « Vision aveugle, c’est de la daube » osa un juré rougeaud en terminant son café allongé au sucre allégé. « Greg Egan, c’est un vieux archi-reconnu, à quoi servirait de le distinguer ? » argua un autre, tout en engloutissant une gaufre au soja.


Mais le vote touchait à sa fin, et, tous comptes faits, c’est donc le recueil de Greg Egan qui arriva en tête, sans peine d’ailleurs. Chacun alors autour de la table se congratula, et une tournée générale de profiteroles fut déclenchée sur notes de frais, les bénéfices monstrueux dégagés cette année grâce la spéculation autour de la dette grecque rendant cette dépense plus que nécessaire.

Félicitations donc à Greg Egan ! Que ce prix alerte ceux de nos lecteurs qui ne l’auraient pas compris : Egan est grand, et ses trois recueils de nouvelles sont sans nulle doute l’une des plus belles œuvres de science-fiction qu’il nous ait été donné de lire.

Au sommaire de Océanique de Gren Egan :
Un match de football quantique pratiqué par des joueurs âgés de plusieurs millénaires.
Des mathématiques en guise d’arme de destruction massive dans une guerre interunivers.
Le premier voyage de l’homme vers les étoiles, bien après l’Âge de Chair, en pleine ère transhumaine.
L’amour négocié par le biais des nanomachines.
Des jingles publicitaires si efficients qu’ils en deviennent quasi mortels.
La foi mise en équation chimique.
La transplantation cérébrale comme rêve d’immortalité.
Greg Egan bâtit son futur en disséquant le présent avec une virtuosité implacable : nous voici prévenus.


> A LIRE :


PRIX SPECIAL DU JURY

Une grande première cette année : le Jury du Prix du Cafard cosmique 2010 a décidé a une très large majorité de décerner cette année un Prix Spécial au roman Encre de Hal Duncan, publié par les Editions Denoël Lunes d’Encre.

Ce roman ne faisait pas partie des 5 oeuvres placées en tête de liste par les internautes mais, comme chacun le sait, le Peuple lui-même n’est pas infaillible ! Le Jury a donc voulu mettre également en lumière le formidable diptyque du Livre de Toutes les Heures de ce jeune auteur écossais, publié chez Denoël, dans la collection Lunes d’Encre.

> A LIRE :



RAPPEL DU REGLEMENT DU PRIX :

UN PRIX OUVERT A TOUTES LES ŒUVRES DE SF

Le Prix du Cafard cosmique récompense chaque année la meilleure oeuvre de Science et Trans / Fiction, roman ou recueil de nouvelles, française ou étrangère, parue pour la première fois en France l’année concernée.

ETAPE 1 : LE VOTE DES INTERNAUTES

Le vote par mail des internautes, pendant une période de 1 mois, permet d’établir la liste de 5 oeuvres en compétition. Attention : un seul vote admis par votant et par adresse IP, c-a-d par ordinateur.

ETAPE 2 : LE VOTE DU JURY

En mai, un collège restreint de rédacteurs du Cafard cosmique se réunit dans un endroit extrêmement secret pour débattre avant de choisir l’oeuvre qui remporte le Prix.

CONDITIONS POUR FAIRE PARTIE DU COLLEGE RESTREINT :

  • participer activement à la rédaction du Cafard cosmique [rédaction de l’Ezine / critiques / messages sur le SForum]
  • avoir lu avant les débats, soit mi-mai, au moins 4 des 5 oeuvres en compétition
  • pouvoir participer à la délibération finale, à Paris, en mai.

LES PRÉCÉDENTS LAUREATS DU PRIX DU CAFARD COSMIQUE


Prix du Cafard cosmique 2009 :
Les murailles de Jéricho de Edward Whittemore

[Editions Robert Laffont / Ailleurs et Demain]

Dans sa préface, Gérard Klein écrit que Le Quatuor de Jérusalem fait partie de ces œuvres, rares, "trop incroyables pour se réclamer du réalisme et trop logiques pour procéder de l’onirique ou du fantastique", et de citer La Tempête de Shakeapeare, Fictions de Borges, le V de Thomas Pynchon, l’Ada de Nabokov, Le Pendule de Foucault de Umberto Eco ou le Cryptonomicon de Neal Stephenson... ?

Les murailles de Jéricho raconte la vie de Yossi, soldat israélien recruté par le Mossad pour s’infiltrer en Syrie, point de départ de l’opération Coureur, la plus incroyable histoire d’espion jamais couchée sur le papier.
Un roman d’espionnage délirant, écrit d’une plume magnifique.
Le roman peut, comme on l’a dit, se lire de façon indépendante, mais nous ne saurions trop recommander aux habitués du Cafard cosmique, la lecture de l’ensemble des quatre romans du cycle, qui constituent une tétralogie hallucinée, pleine d’humour et de verve, d’Histoire et de fantasmes, bref un grand moment de littérature transfictionnelle, comme on les aime.

> A LIRE : [La critique de Les murailles de Jéricho


Prix du Cafard cosmique 2008 :
Janua Vera de Jean-Philippe Jaworski

[Editions Les Moutons Electriques]

En sept histoires, le portrait de sept personnages qui n’ont en commun que de vivre dans ce Vieux Royaume en voie d’effondrement. Un chevalier incorruptible, une paysanne, un barbare tourmenté, un scribouillard malchanceux, un assassin, un prêtre ayant fait voeu d’Obscurité, un roi tout puissant rongé par les cauchemars... petits ou grands, leur vie se précipite, et la destinée les frappe.

Habile à jouer de la psychologie et des sentiments, Jaworski sait aussi comme personne décrire les faits d’armes : où donc a-t-il été chercher cette façon de décrire les sièges de villes fortes, les assauts et les joutes, les affrontements chevaleresques et les corps à corps boueux ?
Superbe et même envoûtant.

> A LIRE : La critique de Janua Vera


Prix du Cafard cosmique 2007 :
La cité des saints et des fous de Jeff Vandermeer

[Editions Calmann-Levy / Interstices]

La cité d’Ambregris est ailleurs, un ailleurs bien réel dont La Cité des Saints et des Fous est à la fois le guide de voyage, le précis d’histoire, le dépliant touristique, et le recueil de légendes. Ambregris contient la poésie et l’horreur, des monstres et des calmars géants, des complots artistico-politiques, des conflits religieux. Ambregris se contient elle-même, et contient aussi son auteur et ses lecteurs.

Comment Jeff Vandermeer a-t-il réussi à pondre un truc pareil sans jamais lasser son public ? Comment réussi-t-il à rendre digeste et passionnant un machin indescriptible et effrayant ?

> A LIRE : La critique de La cité des saints et des fous


Prix du Cafard cosmique 2006 :
Le chevalier de Gene Wolfe

[Editions Calmann-Levy / Fantasy]

Un adolescent américain se retrouve, sans explication, dans un monde médiéval peuplé d’elfes et de géants. De rencontres en mésaventures, il se fixe rapidement l’objectif de devenir chevalier. Mais rien n’est simple dans son nouvel univers...

En choisissant comme personnage un adolescent de notre époque, Gene Wolfe s’interroge sur la portée universelle de la fascination exercée par l’archétype du héros. Le chevalier s’inscrit donc comme une synthèse entre les mythes d’autrefois et les rêves d’aujourd’hui [le terme « able », en anglais « capable », renvoyant à l’apprentissage du héros mais aussi au domaine des songes où on peut tout faire], prouvant ainsi, s’il en était besoin, de l’intemporalité de ces mythes. C’est là l’une des nombreuses réussites de ce roman prenant et terriblement attachant.

> A LIRE : La critique de Le chevalier


Prix du Cafard cosmique 2005 :
L’Ombre du Schrander de M. John Harrison

[Fleuve noir / Rendez-vous ailleurs]

Des personnages remarquables de crédibilité, attachants, déchirés, angoissés, paniqués, auxquels on s’identifie avec une facilité déconcertante, une narration parfaitement maîtrisée, un style inimitable, Light laisse pantois une fois la dernière page tournée. De par sa très haute tenue littéraire, sa fluidité, la profondeur du propos et l’évidente vigueur de la prose, ce roman est appelé à faire date.

> A LIRE : La critique de L’Ombre du Schrander


Prix du Cafard cosmique 2004 :
Le système Valentine de John Varley

[Denoël / Lunes d’encre]

Sparky Valentine n’est pas un acteur comme les autres. Il n’y a que lui pour changer de visages plusieurs fois par jour, connaître par coeur les plus grands rôles de Shakespeare, masculins ET féminins, dialoguer avec son chien-robotique, et voyager dans les soutes cryogénisées des cargos spatiaux.
Et si son passé de star du petit écran le poursuit, il ne se doute pas que son voyage vers Luna, avec les impitoyables tueurs de la mafia charonaise à ses trousses, le mène droit vers la plus grande énigme qu’il ait eu a affronter : son père.

Un humour dévastateur, une utilisation brillamment érudite et sacrilège des textes shakespeariens, une imagination débordante et aucun tabou : Le système Valentine est sans doute le meilleur roman de John Varley. Il positionne de fait son auteur aux côtés des plus grands !

> A LIRE : La critique de Le système Valentine


Prix du Cafard cosmique 2003 :
Le sens du vent de Iain M. Banks

[Robert Laffont / Ailleurs & Demain]

La planète Chel constituait une civilisation stable, malgrè un régime de castes particulièrement rigide. "Modifié" par la Culture, le système politique chelgrien est subitement devenu égalitaire, sans la moindre transition. Porté au pouvoir par la section contact, le gouvernement n’a pas su gérer cette nouvelle donne. La guerre civile qui s’en suivit fut une des plus sanglantes de l’Histoire...

Sans doute l’opus le plus réussi du cycle de la Culture de Iain M. Banks. Si le fracas meurtrier des guerres est inscrit en toile de fond, cette présence sourde, massive et impitoyable donne toute son amplitude au récit intimiste. La description de ces êtres perdus à tout jamais, cherchant la mort parce que la guerre leur a tout pris, est d’une sincérité et d’une sobriété bouleversante.

> A LIRE : La critique de Le sens du vent


Mr.C