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Publié le 14/04/2010

Le Sang des rêves de Mine G. Kirikkanat

[Destina, 2008]

ÉD. METAILIÉ, MARS 2010

Par K2R2

Un techno-thriller turc écrit par une journaliste francophile et publié aux éditions Métailié, voilà qui n’est pas banal et qui peut titiller la curiosité des lecteurs en mal d’exotisme. Mais Mine Kirikkanat n’est pas exactement une débutante et ce huitième roman (le second seulement à paraître en français) est en réalité une incursion discrète sur les territoires de la science-fiction. Une entreprise hautement périlleuse dans laquelle nombre d’écrivains mainstream se sont cassés les dents. D’aucuns rétorqueront que l’éditeur se garde bien de rattacher de près ou de loin ce roman à la SF, préférant le publier hors collection et ne mentionnant sur la couverture qu’un énigmatique « Noir » ; on se demande bien pourquoi, tant Le Sang des rêves n’a, de près ou de loin, quoi que ce soit à voir avec le roman noir. Les mystères du monde de l’édition probablement.


À la suite d’un prodigieux tremblement de terre qui a secoué une grande partie de l’Anatolie, Istanbul a été entièrement détruite. Rebaptisée Nova Roma et placée sous contrôle des Nations Unies, la cité est devenue le théâtre d’un affrontement théologique et politique entre l’Union Chrétienne d’Occident et la très orthodoxe Russie.
Cette guerre souterraine pourrait connaître un terme si un chef historique et indiscutable était placé sur le siège du pouvoir à Nova Roma. Voilà pourquoi chacun cherche à placer son poulain.

Les Occidentaux tentent donc de retrouver la trace d’un hypothétique descendant de Constantin le Grand, premier empereur romain chrétien et fondateur de Constantinople, avant que les Russes ne l’éliminent. Pour s’assurer du succès, les Européens ont conçu un programme de recherche ultra-secret, qui leur permettra de retrouver l’héritier de Constantin en traquant ses rêves. Un agent spécial, équipé d’un implant cérébral, est donc envoyé sur l’île de Chypre afin de contacter une cible qu’il ne connaît pas mais dont il peut capter les émissions oniriques. 



Le concept de la mémoire génétique n’est pas nouveau pour les amateurs de SF et Frank Herbert l’avait lui-même abondamment employé dans Dune. Se faire griller la priorité conceptuelle d’un tel objet littéraire ne serait en rien rédhibitoire si la réalisation globale était à la hauteur de ce que l’on attendrait d’un romancier confirmé.
Hélas, Mine Kirikkanat ne convainc pas vraiment sur ce plan, faisant même preuve d’un didactisme assez effrayant durant toute la première partie du roman.

Sans doute soucieuse de ne pas perdre son lecteur dans un background trop complexe, l’auteur multiplie les explications historiques, politiques et techniques. Ce mélange insipide et artificiel a pour conséquence directe d’annihiler les maigres tentatives destinées à créer une ambiance digne de ce nom. La matière historique et géopolitique est bien là, mais elle est assénée avec un souci du détail superflu et un académisme confondant. L’intrigue, finalement assez mince, a tôt fait de nous endormir tant elle semble cousue de fils blancs, sans compter que les personnages sont stéréotypés au possible et leur psychologie aussi épaisse qu’une tranche de salami.


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Finalement, on ne voit pas trop ce qui pourrait faire pencher la balance en faveur du Sang des rêves, si ce n’est que Mine Kirikkanat a eu l’extrême obligeance de produire un roman d’un peu moins de 220 pages ; la torture a au moins eu le mérite d’être brève.