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Publié le 04/09/2005

"Le chemin de Sarance - La mosaïque de Sarance 1" de Guy Gavriel KAY

["The Sarantine Mosaïc", 1998]

REEDITION J’AI LU, 2005

Par Ubik

La réédition de « La mosaïque de Sarance » réjouit le fan de Guy Gavriel KAY que je suis. Elle contribue, s’il est encore nécessaire, à installer cet auteur comme le poids lourd de la Fantasy historique, cette manière décalée de mettre en scène l’Histoire. Néanmoins, je ne peut s’empêcher de me poser une question existentielle. Et si ce qui fait à mes yeux la qualité des romans de KAY n’était pas en train de devenir à la longue un procédé répétitif, une rengaine entêtante où l’invention décroît au profit d’une trame historique à peine réécrite. Pour répondre à cette question, une mise au point avec traduction historique simultanée s’impose.


« La mosaïque de Sarance », dont « Le chemin de Sarance » constitue la première partie, s’inscrit très clairement dans l’Histoire décalée initiée par « Les lions d’Al-Rassan ». Cependant, son récit est antérieur chronologiquement puisqu’il s’inspire de manière transparente de l’Empire byzantin aux environs du VIème siècle.

Crispin, un talentueux mosaïste de Varèna [Ravenne] en Batiare [Italie] reçoit une convocation de l’empereur de Sarance [Byzance] destinée à son vieux maître Martinien suite à un quiproquo provoqué par celui-ci. Le souverain de la Nouvelle Rhodias [Nouvelle Rome] Valérius II [Justinien Ier] l’invite à prendre part à la reconstruction du sanctuaire de la Sainte Sagesse de Jad [Haggia Sophia/Sainte-Sophie] détruit par un incendie déclenché au cours d’une sanglante émeute deux années plus tôt. Nul ne peut s’opposer à la volonté d’un empereur, la question ne se pose donc pas longtemps pour savoir si Crispin doit accepter ou non cette proposition. De plus, à la volonté de l’empereur, s’ajoute celle de la reine Gisèle, fille du défunt Hildric [Théodoric Le Grand], roi des Antae [Ostrogoths] qui dominent la Batiare après l’avoir envahie. La jeune princesse espère sauver sa vie en proposant à l’empereur un mariage qui lui permettra de récupérer la souveraineté sur la Batiare et de reconstituer ainsi l’intégrité de l’Empire rhodien [l’Empire romain, vous suivez ou non !]. Mais, Valérius II est déjà marié à Alixana [Théodora], une ancienne danseuse [prostituée] très belle et intelligente [bah oui !].

Pour Crispin, habitué à la sécurité des murailles des cités, commence alors une grande aventure. Accompagné d’un oiseau mécanique pensant à la langue bien pendue, seul ingrédient véritablement fantasyste du roman, il se met en route vers Sarance [Byzance] et l’on se doute bien qu’il ne va pas être question uniquement de mosaïques.

Pour revenir à ma question initiale, force est de constater qu’à la lecture de ce roman, le décalque avec l’Histoire réelle est de plus en plus transparent. On retrouve d’ailleurs, à l’occasion, exactement les mêmes termes, que je n’ai pas mentionnés ici, dans la version historique vécue et la version fictive de KAY. A quoi sert alors le prétexte de la Fantasy ? Pourquoi ne pas écrire carrément un roman historique teinté de fantastique ? A ce stade de ma réflexion, la lecture de « Le roi d’Août » de Michel PAGEL me souffle une réponse désagréable à l’esprit.


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Je dois reconnaître que Guy Gavriel KAY propose un récit accrocheur dont l’intérêt est entretenu habilement par des vrais morceaux de bravoure, notamment une course de chars dans l’hippodrome de Byzan..., pardon Sarance, très documentée et avec un suspense digne d’intérêt [le même que dans le film Ben Hur]. Les personnages ont le caractère bien trempé et sont sans détours, suffisamment en tout cas pour que l’on ait envie de les suivre et les intrigues de cours surpassent souverainement celles pathétiques de « Le trône de fer » [je sais. Je suis mesquin mais je ne peux pas m’en empêcher].

En conclusion, « Le chemin de Sarance » est une lecture fort distrayante qui augure des développements prometteurs. Cependant, rien de bien nouveau en ce qui concerne le procédé.