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Publié le 03/11/2007

« Le convive des dernières fêtes » de Auguste de VILLIERS de L’ISLE ADAM

REED. FMR - PANAMA / LA BIBLIOTHEQUE DE BABEL 6, OCT. 2007

Par PAT

Pourvu que ça dure...
Sixième volume de l’excellente collection “La bibliothèque de babel” dirigée à l’époque par BORGES [révisez les épisodes précédents et allez en paix] et rééditée aujourd’hui en fac-similé par Panama, Le convive des dernières fêtes est d’une lecture d’autant plus urgente que Villiers de L’ISLE ADAM est aussi à l’origine de la SF en France. L’ève future, par exemple, c’est lui.
Alors ? On se la ramène moins, là, hein ?


Recueil de nouvelles d’un style aussi impeccable que dur à avaler en ces périodes littéraires ou Christine Angot “écrit bien, voire bien”, Le convive des dernières fêtes rappelle les plus belles pages de FLAUBERT et manie la critiques sociale la plus assassine sous un verni mondain brillant et lisse.
Une jolie façon de nous rappeler que la plume tue aussi sûrement que le pied de biche, pour peu qu’on sache s’en servir. Et de ce côté, VILLIERS [appelons-le VILLIERS, voulez-vous ?] n’a de leçons à recevoir de personne.

En sept petits textes, l’animal dégomme à peu près tout ce qui bouge dans la bonne société du XIXème [rappelons qu’il n’a jamais roulé sur l’or, ce qui laisse des marques quand on observe le superficiel].
Des jolies innocentes effrayées par la guillotine à l’empereur chinois berné par un vulgaire paysan [un pauvre, quoi] en passant par l’abbé sinistre prêt à dévoiler aux joueurs de cartes le secret le mieux gardé de l’Église [un secret qui fait très très mal quand on y réfléchit bien], personne n’est épargné.
Et quand VILLIERS décide de s’attaquer à l’inquisition espagnole, c’est avec un humour noir si incorrect que le lecteur stupéfait pose le recueil quelques minutes pour siffloter tranquillement avant de se replonger aussi sec dans la merveille : La torture par l’espérance, 10 pages splendides qui font écrire à BORGES qu’il s’agit là de "l’un des chefs d’oeuvre de la nouvelle".

Rien que ça.


La réédition de la Bibliothèque de Babel, dirigée par Jorge Luis BORGES, comporte à ce jour 6 volumes :


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Reprenons.
L’immoralité première consiste à ne pas lire Le convive des dernières fêtes. D’ailleurs, on aurait tort de se priver. Il suffit de 123 pages à VILLIERS pour [par]faire notre éducation. Soit environ 0,019% d’un roman de fantasy moderne. Et pour seulement 20 € les 200 grammes. Sans compter que ça fait quand même un peu plus sérieux dans la bibliothèque.

Faites-vous plaisir, ce recueil est de ceux qui rendent heureux, et il n’y en a pas beaucoup.