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Publié le 01/06/2007

« Le cycle de Darwath T1 : Les forces de la nuit » de Barbara HAMBLY

[« The time of the dark », 1982] - 1ERE ED. FRANCE : OPTA, 1986

REED. TERRE DE BRUME, 2005 - REED. FOLIO SF, AVRIL 2007

Par K2R2

Il n’est sans doute plus très utile de présenter Barbara HAMBLY puisque nous avons déjà chroniqué deux de ses romans sur le cafardcosmique ; deux romans que nous recommandions chaudement aux lecteurs qui souhaitaient découvrir une fantasy classique mais fort bien troussée et non dénuée d’intelligence.
C’est donc avec confiance que j’ai entamé la lecture de cette réédition du premier tome du cycle de Darwath, oeuvre maîtresse de Barbara HAMBLY, publiée en 1986 chez OPTA et rééditée en version intégrale en 2005 chez Terre de brume. Suspense suspense, cette confiance aveugle était-elle bien méritée ?


Gil Patterson, jeune étudiante californienne issue d’un milieu aisé, prépare un doctorat d’histoire médiévale. En rupture avec sa famille, Gil mène une vie un peu solitaire, essentiellement consacrée à ses études et pour tout dire un brin ennuyeuse, si ce n’étaient ces étranges rêves qui perturbent ses nuits.
Au cours de ces cauchemars, la jeune femme est projetée dans un monde médiéval où les hommes luttent difficilement contre l’invasion des ténèbreux, des créatures maléfiques venues des entrailles de la terre et que l’humanité avait déjà combattues dans un passé fort lointain.

Au cours d’une soirée studieuse, où Gil planche sur ses notes, l’un des personnages de ses rêves prend soudain une forme on ne peut plus matérielle en plein milieu de sa cuisine. L’homme est un puissant sorcier et requiert avec le plus grand sérieux l’aide de Gil. Ebranlée, la jeune femme accepte pourtant d’apporter son aide à cet homme lorsqu’il lui fera signe.

Rudy SOLIS est un jeune motard californien dont la "profession" consiste à peindre des femmes en petite tenue ou des aigles stylisés sur des réservoirs de Harley Davidson. Il tombe en panne en plein milieu du désert alors qu’il était parti chercher du ravitaillement en ville pour ses amis [comprendre des packs de bière] et trouve in-extremis une cabane abandonnée pour passer le reste de la nuit.
Evidemment, cette cabane n’est autre que le lieu de rendez-vous de Gil et de Ingold [le fameux sorcier] ; notre jeune loubard californien tombe des nues lorsqu’il voit débarquer un vieillard vêtu de manière anachronique et tenant dans ses bras un nourrison qu’il affirme être l’héritier du trône de Darwath...

On l’aura compris, ce concours de circonstance entraîne les deux jeunes californien dans une aventure épique dans ce monde parallèle qu’est Darwath, où il deviendront garde d’élite pour l’un et apprenti sorcier pour l’autre. Là où HAMBLY fait sans doute preuve d’un peu de malice, c’est que celui qui joue le rôle du guerrier n’est pas forcément celui que l’on croit, puisque c’est l’intello qui s’y colle et le gros baraqué qui fait joujou avec les formules magiques.

Très honnêtement, tout ceci n’est guère enthousiasmant et les quelques trouvailles de Barbara HAMBLY ne suffisent pas à rendre cette histoire suffisamment captivante pour gommer les défauts de ce premier volume.
L’auteure a suffisamment d’intelligence pour nous proposer des personnages à contre-emploi, à la psychologie relativement bien fouillée et aux réactions parfois inattendues, mais les facilités qui émaillent le récit suffisent à faire échouer toute tentative de distanciation.
L’univers manque singulièrement d’inspiration, même si HAMBLY nous propose, dans cet affrontement quelque peu manichéen, un ennemi qui échappe au bestiaire classique issu du répertoire tolkiennien ; nul trolls, elfes et autres nains, simplement des hommes et ces fameux ténébreux, qui ne sont pas sans rappeler les créatures maléfiques de LOVECRAFT.

Très classique dans son déroulement, le roman ne laisse subsister que peu d’ambiguïté, et ce n’est pas l’amourette entre Rudy et une jeune reine devenue veuve - très honnêtement, on confine là au ridicule - qui changera la donne.

« Fendragon », du même auteur, valait pour son humour et son perpétuel second degré ; n’en cherchez pas dans « Les forces de la nuit », l’humour fait ici cruellement défaut en dépit de quelques répliques qui font mouche, mais que l’on peut compter sur les doigts d’une seule main.


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Convenu, un brin soporifique et dans l’ensemble bien trop classique, « Les forces de la nuit » ne convainc pas et souffre d’une concurrence acharnée sur le secteur [rappelons tout de même que ce roman a été écrit en 1982, soit bien avant la grande offensive de la BCF].

A moins que la suite ne vienne sauver cette histoire du naufrage, je ne saurais trop déconseiller cet achat, à moins que la curiosité ne soit la plus forte. Après tout, le prix est raisonnable...