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Publié le 01/07/2006

« Le cycle de Merlin T.2 : Les collines aux mille grottes » de Mary STEWART

[« The hollow hills »]

ED. CALMANN-LEVY / FANTASY, MAI 2006

Par K2R2

Dans le précédent épisode, nous avions laissé Merlin alors qu’il venait d’user d’un ingénieux stratagème pour permettre au roi Uther Pendragon de se glisser dans le lit d’Ygraine, épouse du puissant duc de Cornouailles.

De cette union fut engendré un futur roi : Arthur. Mais il ne suffit pas d’avoir une vision pour qu’elle se réalise. C’est la raison pour laquelle Merlin met tout en oeuvre pour se voir confier l’éducation de l’enfant.

Le deuxième tome du Cycle de Merlin


Souvenez-vous, il y a de cela quelques mois à peine, je chroniquais un obscur roman de Mary STEWART. Une énième resucée du mythe arthurien habilement remanié, un roman formidablement bien écrit, traité sous un angle original et sacrément prenant. Oubliez tout, à la lecture de ce second volet j’ai complètement changé d’avis. Ce livre est une merde ! Ecrit avec les pieds, doté d’une narration poussive et de personnages caricaturaux il n’est qu’une offense au bon goût. Une grave erreur éditoriale, massacrée à la hache par une traductrice incapable d’aligner deux mots de français correct et vendue hors de prix. Hé, mais revenez, je déconnais. Décidément, vous n’avez pas d’humour. Si on peut plus s’amuser. Vous savez, finalement, c’est assez pénible de lire des bons livres, on ne peut même plus être méchant.

Arthur est donc soustrait peu après sa naissance à l’amour de sa mère et remis à Merlin, qui s’empresse d’assurer la protection de l’enfant en le cachant en Bretagne, puis ensuite chez l’un des plus fidèles lieutenants d’Uther. Bien évidemment, nul ne sait ce que devient Arthur, sinon qu’il est en vie et attend son heure pour être présenté comme le successeur du roi des rois de Grande Bretagne.

Merlin, quant-à lui, a décidé de s’éloigner du jeune Pendragon, pour assurer son anonymat, mais également parce qu’il attend que l’enfant devienne suffisamment mature pour recevoir son enseignement. Le magicien part donc sur les routes de l’Orient, afin d’acquérir de nouvelles connaissances et d’asseoir encore davantage la puissance de son art.

Alors que le jeune Arthur atteint sa dixième année, le royaume de Grande Bretagne est secoué par de violents affrontements internes Les Saxons, autrefois soumis par Ambrosius [frère d’Uther et père de Merlin], ont reconstitué leurs forces et menacent à nouveau cette paix fragile que la royauté avait déjà toutes les peines du monde à maintenir. D’autant plus que certains alliés d’Uther, sentant son pouvoir s’affaiblir, n’hésitent pas à intriguer pour s’accaparer le pouvoir à la mort du roi, au risque de faire voler en éclat la fragile coalition britannique. Merlin, qui se trouve alors à Constantinople, apprend que la situation se dégrade en Grande Bretagne et regagne donc le royaume en toute hâte, pour se consacrer à l’apprentissage d’Arthur.

Que dire qui n’ait déjà été dit dans la chronique du premier volume de cette trilogie sinon que la perspective a subtilement évolué. Certes, Merlin reste le personnage principal de cette geste arthurienne revisitée, mais Arthur prend rapidement une importance capitale ; comment en effet ne pas s’incliner face à la montée en puissance d’une figure mythique aussi magistrale. Reste que cette ascension est vue à travers Merlin, qui en est aussi le principal artisan et qui continue de poursuivre son objectif premier : l’accomplissement de sa vision.

Cependant, le plus important n’est pas de connaître la progression de cette histoire que tout le monde connaît plus ou moins, mais de découvrir à quel point le traitement narratif de Mary STEWART est magistral. Le premier tome se présentait sous la forme d’un roman initiatique, dans lequel Merlin découvrait ses pouvoirs aussi bien que sa destinée [et celle de la royauté], alors que ce second volume annonce déjà une tragédie dont le troisième volume risque d’être la clef de voûte et le paroxysme. Episode de transition, il n’en demeure pas moins surprenant dans sa description de l’ascension d’un personnage de légende.

Le dernier tiers du roman est d’ailleurs à ce titre le plus fascinant car il met en place les premiers éléments de la tragédie, par le truchement notamment du personnage de Morgause [Morgane], dont la légende a fait une enchanteresse maléfique et perfide, mais que l’auteure ramène à des considération bien plus bassement matérielles. La confrontation entre Morgause et Merlin est d’ailleurs, par son intensité dramatique, l’une des scènes les plus magistrales qu’il m’ait été donné de lire dans le domaine de la fantasy.


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Une fois encore, Mary STEWART réussit admirablement à inscrire ses personnages dans un certain réalisme géographique, linguistique et politique, sinon historique. Un tour de force étant donné la surexploitation littéraire engendrée par le mythe arthurien. Pour le reste, les qualités qui faisaient toute la réussite du premier tome ne font ici pas défaut.

Le style élégant et fluide de Mary STEWART porte cette aventure vers les sommets de la littérature et l’on espère que le troisième volet saura clore avec encore plus de majesté cette incroyable trilogie.