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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Dans un monde recouvert par une mer immense et quelques îles, le jeune Ged voyage vers l’Ile de Roke. C’est là que se trouve la mystérieuse école des sorciers, celle où l’on apprend les mots qui parlent aux choses et aux éléments...
Dans ce monde les Dragons parlent sans faute de syntaxe, et Ged, au cours de son initiation affrontera le mal sous bien des formes... La collection Ailleurs et Demain de Robert Laffont réédite le célèbre cycle d’Ursula LE GUIN pour accompagner la sortie, sur les écrans français, du film d’animation qu’en a tiré Goro MIYAZAKI. Oubliez la couverture immonde de cete réédition : ce livre est un chef-d’oeuvre.
Le volume présenté rassemble les trois premiers livres du Cycle de Terremer :
Ces trois premiers livres ont, en fait, été édités une première fois, en un volume également, au CLA, chez OPTA, puis repris chez Seghers dans la collection Les Fenêtres de la nuit. Puis repris encore dans Ailleurs et Demain.
La traduction a été entièrement revue par Patrick DUSOULIER, et elle tient compte des quelques ajouts ou modifications apportés par Ursula LE GUIN elle-même. D’après Gérard KLEIN, cette traduction révisée "rafraîchit un texte qui au bout de trente ans avait vieilli en français". Un volume comparable est publié au même moment au Livre de Poche.
Le Cycle se poursuit avec trois autres volumes, également publiés chez Robert Laffont / A&D
Le monde de Terremer est un monde féodal semé sur des chapelets d’îles et d’îlots, peuplés de peuples anciens, et où la magie et les dragons existent encore.
Dans le premier tome, « Le Sorcier de Terremer », le jeune Epervier, que certains dons prédisposent à l’usage de la magie, suit l’enseignement d’un vieux sorcier, puis rejoint l’école de magie. Il apprend que le pouvoir réside dans le vrai nom des choses... et que son propre vrai nom est Ged.
Il est particulièrement doué maiis, par défi ou par arrogance, il libère son double malfaisant... une ombre qui n’aura désormais de cesse d’essayer de le détruire.
Dans le tome 2, « The Tombs of Atuan », [notamment inspiré par un voyage dans le désert de l’Est-Oregon] plus sombre encore, Ged passe au second plan, le récit tourne autour de Tenuar, jeune prêtresse appelée à régner sur le Temple d’une entité « non-morte » enterrée dans une terrifiant labyrinthe.
Ged, qui est un mage adulte, mur et aguerri désormais, s’introduit dans le labyrinthe et Tenar ne sait si elle doit le tuer ou l’utiliser pour échapper à son propre destin.
Dans « The Farthest Shore », Ged affronte son ombre et les Dragons, une rencontre d’une grande poésie.
Dix-huit ans plus tard, Ursula LeGUIN a repris le cycle en lui ajoutant une deuxième trilogie : « Tehanu », où elle réunit Ged et Tenar, confronte ses personnages à des problèmes plus complexes encore, notamment les inégalités homme-femme.
Puis sont venus « Tales From Earthsea » [2001] paru en 2003 en français sous le titre des "Contes de Terremer" [Robert Laffont / Ailleurs & Demain] et « The Other Wind » [2001], paru en 2005 sous le titre "Le vent d’ailleurs".
C’est plutôt de la Fantasy, ça, vous vous dites.
Ben oui, mais c’est de la bonne, et vous ne verrez plus jamais les dragons pareil après ça.
Pourquoi ? Parce que Ursula Le GUIN a inventé un monde subtil, tout en finesse, un monde moins spectaculaire que la Terre du Millieu de TOLKIEN sans doute. Moins guerrier que les terres de Conan le Barbare, certes.
Mais réaliste, dense, humain, fascinant... sans jamais aucun jugement de valeur, Ursula LE GUIN est capable de construire des sociétés aux règles étranges et de nous les faire accepter sans peine. Ses personnages, complexes, multifaces, en proie aux doutes et aux tourments, restent avec nous longtemps après que la dernière page du livre soit tournée.
Et si jamais l’intrigue, vite résumée, du premier volume, rappelait à certains lecteurs un peu jeunes le médiatique Harry POTTER [un jeune garçon à l’école de magie], rappellons que "Terremer" a été imaginé 30 ans plus tôt et surtout que, là où J.K.ROWLING développe un récit pour enfant, enrubanné de merveilleux et de moralité occidentale, Ursula LEGUIN, s’adressant à un public adulte, ne craint pas les développements psychologiques nuancés, les personnages complexes et les tentations du Mal.
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Des personnages attachants, une intrigue angoissante, une maîtrise de la construction du récit, un dosage parfait entre action et réflexion... la magie opère... Pour les suites données plus tard, franchement, la qualité a baissé. On peut prendre plaisir à retrouver l’univers de "Terremer", mais la profondeur de l’intrigue et des sentiments en jeu n’est pas aussi forte. Peu importe, la trilogie d’origine reste inoubliable. |
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