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Publié le 04/11/2003

"Le dernier chasseur de sorcières" de James MORROW

["The Last Witchfinder", 2003]

AU DIABLE VAUVERT, 2003 - REED. POCHE 10/18, 2005

Par Ubik

On a peine à imaginer qu’une des pages les plus noires de la chasse aux sorcières s’est écrite à l’époque où naissaient les sciences naturalistes et la rationalité. C’est pourtant à la charnière du XVIIème et XVIIIème siècle, de la Glorieuse révolution anglaise [1688] à l’avénement des « Lumières », que l’on a instruit une quantité ahurissante de procès en sorcellerie et exécuté en masse ses présumés ensorcelleuses. Ce n’est ni le premier, ni le dernier des paradoxes de l’esprit humain.


C’est dans ce contexte que James MORROW nous narre l’histoire de Jennet Stearne, fille de piqueur c’est-à-dire chasseur de sorcière et expert en démonologie, amenée par les circonstances et la raison à consacrer sa vie à l’abolition de la loi contre la sorcellerie.

Le ressort science-fictif de ce roman est accessoire. Son propos peut rebuter le lecteur qui n’est pas féru de géométrie, de philosophie naturaliste, d’Histoire et de théologie. Néanmoins, s’il fait l’effort de s’accrocher, s’il se laisse porter par la richesse des mots et la truculence des situations, c’est à un grand moment de plaisir intellectuel, d’érudition et de drôlerie qu’il sera convié. En effet James MORROW sait déployer son art pour nous faire toucher du doigt une époque pétrie de religiosité, nourrie aux Evangiles, dans laquelle la frontière entre science, excentricité et croyances païennes ou impies est ténue. Il accapare l’attention du lecteur en développant des situations alliant érudition et cocasserie burlesque. A ce titre, le passage racontant le « coup de foudre » de l’héroïne Jennet Stearne et Benjamin Franklin est exemplaire.

Le second aspect de ce roman concerne le choix du narrateur. Car l’histoire nous est contée par un.... livre : "Les principes mathématiques de philosophie naturelle", dont l’auteur bien connu [!] est Isaac NEWTON.

Ainsi, MORROW alterne le récit humain avec les considérations affectives, philosophiques, épistémologiques et militaires [celui-ci mène une guerre sans pitié contre son ennemi mortel : Le marteau des sorcières] de son narrateur livresque. Nous entrons ainsi dans les arcanes de la création intellectuelle et apprenons, à l’occasion, que certains livres sont les auteurs d’autres ouvrages par l’intermédiaire de scribes humains possédés par des forces bibliographiques !


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Cette dernière trouvaille est tout simplement géniale. Elle donne lieu à un débordement d’imagination et le plaisir de lecture s’en trouve accentué.

Elle permet à James MORROW de transmettre un message dont il témoigne dans la postface : les livres n’aspirent qu’à être lus.