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Publié le 01/03/2006

"Le dernier de son espèce" d’Andreas ESCHBACH

[« Der Letzte seiner Art », 2003]

EDITIONS L’ATALANTE, JANVIER 2006

Par Lunatik

Souvenez-vous : "Steve Austin, astronaute. Un homme tout juste vivant. Messieurs, nous pouvons le reconstruire. Nous en avons la possibilité technique. Nous sommes capables de donner naissance au premier homme bionique. Steve Austin deviendra cet homme : il sera supérieur à ce qu’il était avant l’accident. Plus fort, plus rapide...En un mot, le meilleur !"

Le rapport avec le livre ? Avez-vous déjà imaginé comment vivrait Steve Austin avec 20 ans de plus au compteur ? C’est le thème du dernier roman de Andréas ESCHBACH, et les références à la série culte des années 70, "L’homme qui valait trois milliards", ne sont pas masquées.


De nos jours, dans le petit village côtier de Dingle - Irlande - Duane Fitzgerald profite paisiblement de sa retraite anticipée. Cela fait déjà 10 ans qu’il s’est ancré dans une routine immuable, partageant son temps entre la bibliothèque municipale, ses promenades le long du port et sa visite bihebdomadaire à la poste pour y récupérer un paquet.

Duane c’est bien sur notre Steve Austin.

On lui avait promis d’être un surhomme, qu’il ne serait plus un simple marine de l’US Army, mais un être aux pouvoirs décuplés, véritable machine de guerre à lui seul, un cyborg. Et on ne lui avait pas menti, il est devenu, avec quelques compagnons d’arme, le super héros dont il avait rêvé gamin en regardant « L’homme qui valait trois milliard ». Mais lorsque le projet a subitement été interrompu, Duane s’est retrouvé sur la touche, en retraite forcée. Et depuis dix ans, il est seul et doit garder son secret bien caché. Son unique compagnon se trouve être Sénèque. Trouvé au détour d’une librairie, le livre du philosophe romain remplie à présent son existence. Et prendre la vie avec philosophie, il en a bien besoin. Sa mécanique interne se dégrade, il est la proie des erreurs systèmes [imaginez Steve Austin couplé à un system Windows...], en bref il part en sucette. Et pour couronner le tout, un inconnu arpente les rues de Dingle à sa recherche.

Sur cette base plutôt simple et amusante, ESCHBACH tisse une histoire émouvante. La solitude de son personnage principal est palpable et troublante, même si c’est loin d’égaler la mélancolie d’œuvres comme "L’homme tombé du ciel" de Walter TEVIS ou "L’oreille interne" de Robert SILVERBERG.

Euh... oui ! Je parle bien d’une histoire troublante et émouvante. Je sais, se ne sont pas les adjectifs qui viennent instantanément à l’esprit lorsque l’on parle de cyborg. Mais c’est là tout l’intérêt du livre. Plutôt que de nous servir un récit plein d’action en tout genre, l’auteur nous livre les états d’âme de ce cyborg vieillissant. Duane se penche sur son passé et trouve en Sénèque la force d’accepter les choix qui l’ont amené à être ce qu’il est.

« Quel profit pour cet homme, ces quatre-vingts années passées à ne rien faire ? Il n’a pas vécu, il s’est attardé dans la vie. Il n’est pas mort sur le tard, il a mis longtemps à mourir. » Sénèque, lettres à Lucilius.


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Andreas ESCHBACH revient avec un livre à la hauteur de son talent. Teinté d’humour noir et de mélancolie, ce roman devrait ravir les fans de la première heure tout comme ceux qui le découvriront à travers ce récit.

Voilà une année 2006 qui commence bien...