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Première publication le 01/05/2005
Publié le 23/06/2006

"Le dragon des glaces - Cycle de "L’assassin royal T.11" de Robin HOBB

["Fool’s Fate - The tawny Man III"]

ED. PYGMALION, 2004

Par K2R2

Oyez Oyez braves gens, le nouveau Robin HOBB est parmi nous ! Pygmalion aura pris son temps pour nous gratifier de ce nouvel opus et nul doute que les fans avides se jetteront dessus, comme de vils chacals, impatients de connaître le sort de ce héros stoïque et magnifique qu’est Fitz Chevalerie. Pour ma part, lassé de la politique éditoriale hautement commerciale de l’éditeur, je m’étais promis de ne point céder à la tentation et d’attendre la sortie en poche, mais l’appel du royaume des Six Duchés fut le plus fort, et comme je suis un être faible, j’ai sorti devant l’air effaré de ma libraire (eh oui, douze tomes !) mon portefeuille pour profiter avec délectation du talent de conteuse hors-pair de Robin HOBB. Qu’on se le dise, L’assassin royal est une saga hautement addictive, qui, en dépit d’une tendance à traîner en longueur, se savoure avec un plaisir qu’on aimerait éprouver à chaque nouvelle lecture.


Je laisse aux retardataires le soin de prendre connaissance du précédent épisode [chroniqué en mai 2004], pour me consacrer directement au cœur de ce prometteur "des glaces". L’intrigue a relativement peu évolué, désormais la menace des fidèles du prince Pie, ces viffiers renégats qui souhaitaient s’emparer du pouvoir, est momentanément écartée, Robin HOBB ayant décidé dans cet épisode de privilégier les relations entre le royaume des Six Duchés et les Outriliens.

Le prince Devoir et la jeune narcheska Elliania ont été promis en mariage, leur union cellera solidement les relations désormais pacifiées entre les deux puissances, du moins c’est ce que la famille royale espère. Mais avant de repartir pour ses terres, la jeune femme, vexée par l’attitude du Prince, lui a lancé un défi ; le mariage ne pourra être célébré que lorsque ce dernier aura apporté à sa promise la tête du dragon Glasfeu. Le prince devra donc se rendre sur l’île d’Aslevjal où se trouve le monstre prisonnier des glaces.

La première partie du roman concerne les divers pourparlers et préparatifs de l’expédition, l’occasion de replonger avec délice dans les intrigues politiques de Castelcerf. Certains personnages cèdent du terrain, comme la reine Kettricken ou le fou, alias Sire Doré, alors que d’autres prennent de l’ampleur et de l’importance, comme le prince Devoir ou Leste le fils de Burrich, que Fitz est chargé de prendre sous son aile.

Les relations de ce dernier avec son entourage sont toujours aussi difficiles et problématiques, décidément ce garçon vit une existence compliquée, entouré par le mensonge et le secret il doit chaque jour louvoyer pour ne pas révéler sa véritable identité. D’autant plus que le pouvoir lui demande chaque jour plus d’abnégation et d’esprit de sacrifice, il doit se cacher des gens qu’il a connus par le passé, ne pas révéler son existence à sa propre fille et à la femme qu’il a autrefois aimée, il joue le rôle d’un serviteur, puis d’un garde du corps, alors même qu’il est issu d’une lignée royale. Alors qu’il a en horreur la trahison et l’hypocrisie, Fitz doit pourtant en user régulièrement pour sauver les apparences ou protéger, parfois sans qu’ils le sachent, ses proches. C’est un métier je vous dis, cet homme est un héros. Un vrai, un pur, un dur.

Au bout de douze tomes, ce rôle de bouc émissaire torturé par un destin cruel pourrait lasser, et à plusieurs reprises le lecteur perdra patience, mais Robin HOBB connaît son métier et manie l’art du rebondissement avec une habilité et une parcimonie qui frisent l’exploit et forcent l’admiration.

Et allons-y gaiement pour une seconde partie de roman où cette fois l’aventure est au rendez-vous. Fitz, Umbre, Lourd et leur joyeuse petite bande partent en expédition vers les îles outriliennes afin de sceller les nouveaux liens tissés entre les deux royaumes, le prince devra officiellement demander la main d’Elliania et annoncer qu’il accepte le défi qu’elle lui a lancé. Encore une fois, HOBB connaît son boulot, elle sait instiller suffisamment de suspense pour aiguiser l’attention du lecteur, mais pas trop, afin de faire durer le plaisir. La tension est à son comble alors qu’il ne se passe pratiquement rien, une petite remarque anodine, quelques révélations minimalistes. Un métier, je vous dis !

Fidèle à la tradition de la saga, l’auteur imagine une idylle naissante entre le prince et sa future épouse, une relation qui s’annonce tumultueuse étant donné le tempérament de feu de la jeune femme.


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Ce nouvel épisode des aventures de Fitz Chevalerie se révèle encore une fois fort réussi. Robin HOBB maîtrise son univers à merveille, écrit avec talent tout en développant une intrigue, certes pas toujours originale, mais néanmoins fort bien menée.

L’épaisseur des personnages n’a d’égal que la perfection des dialogues et la justesse des sentiments. Certes, le cycle de l’Assassin royal donne l’impression désagréable de traîner en longueur, mais nul doute que Robin HOBB saura achever cette histoire avec élégance et maestria.