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Publié le 01/06/2008

« Le miroir aux éperluettes » de Sylvie LAINE

ED. ACTUSF / LES 3 SOUHAITS, OCT. 2007

Par W(illiam Guyard)

Nouvelliste de talent, Sylvie LAINE est une de ces quelques auteures de SF françaises. Et elle se fait très rare.


D’elle, on a pu lire une vingtaine de textes dont des nouvelles dans Univers, Etoiles Vives et Galaxies. Ils lui ont valu un prix Dorémieux bien mérité en 2002. Ce prix lui donnait la possibilité de publier un recueil chez Imaginaires Sans Frontières. Sauf que l’éditeur en question mit la clef sous la porte la même année - fin du projet.
Ce sont finalement Les 3 souhaits, jeune maison d’édition issue du site web actuSF, qui ont le bon goût [excepté pour ce qui est de l’illustration de couverture] de publier un premier - court mais bon - recueil de Sylvie LAINÉ.

L’ouvrage se compose d’une préface de Jean-Claude DUNYACH, qui y développe le concept de complexe de Wendy, et de six nouvelles écrites sur vingt années d’intervalle.

Les textes les plus anciens [du milieu des années quatre-vingt] sont les plus courts et les moins intéressants.
Question de mode est une nouvelle inédite et sans intérêt. On y suit une adolescente se préparant pour une soirée, avec comme enjeu de ne pas décevoir son petit ami. C’est un prétexte pour décocher quelques coups à la mode et la chirurgie esthétique. J’avoue ne pas être certain d’en avoir saisi la chute [étrangeté des ados ou argument SF ?].
Le texte le plus atypique, Un rêve d’herbe, est étonnamment celui qu’illustre la [regrettable, je le rappelle] couverture. C’est l’histoire onirique d’une rencontre se terminant dans un jardin. Pas de quoi s’enthousiasmer, là non plus.
De cette période on retiendra plutôt Thérapie douce, plus annonciateur du style à venir. Une femme, contactée par une mystérieuse organisation, participe à une non moins mystérieuse expérience sociale dont on ne saura au final pas grand chose. On reste cependant en éveil, cherchant comme la narratrice à comprendre ce qu’il se passe, en attente d’une évolution de sa relation avec Gabriel, le représentant de l’organisation.

Sylvie LAINÉ a ensuite peu publié pendant une quinzaine d’années, et on passe donc directement à trois textes datés du début des années deux mille - trois textes autrement plus convaincants.
La Bulle d’Euze, comme les deux nouvelles précédentes, présente la rencontre entre une femme et un homme, cette fois-ci racontée par l’homme. On y voit comment le narrateur vient, avec la chimie [et un argument scientifiquement douteux], au secours d’une femme abandonnée et désespérée. Le style est juste, personnel, le résultat est très beau.
Dans La Mirotte, il est question de greffer une prothèse de vue à un aveugle. C’est l’occasion à la description d’une équipe de recherche, Sylvie LAINÉ étant elle même enseignante-chercheuse en informatique. Après les premiers tests et l’exploration des possibilités offertes par la Mirotte, on assiste à un développement inattendu de l’expérience. Mais là encore pas vraiment d’argument scientifique valable [qui s’en soucie ?].
Reste le texte le plus abouti, couronné du prix Rosny aîné, Un signe de Setty. C’est encore une rencontre, celle entre la narratrice [l’auteure elle-même ?] et un entité extraterrestre. Le tout ayant lieu dans des univers virtuels. Parfaitement maîtrisé de bout en bout jusqu’sa conclusion, parfaitement SF pour le coup.

Je tiens à saluer, au passage, le travail des plus professionnels des éditeurs [maquette, citation des sources des textes, ...], travail dont les plus grandes collections ne semblent pas toujours capables...


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C’est donc un très bon recueil, qui montre l’évolution et la maturation d’une auteure française de grand talent.
Espérons que les seuls 350 exemplaires du tirage seront rapidement épuisés, histoire de nous donner à lire de nouveau Sylvie LAINÉ.