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Par PAT
Auteur aussi prolifique qu’indispensable dans le paysage sciencefictionnesque francophone, Jean-Pierre Andrevon revient en pleine forme avec un très beau roman — sans doute pas le chef-d’oeuvre annoncé, mais suffisamment intelligent et maîtrisé pour se démarquer des productions habituellement formatées du genre.
Très marqué par un engagement écologique tout à son honneur [et déjà flagrant lors du très poétique Gandahar, premier roman publié en 1969], Jean-Pierre Andrevon joue habilement de l’éradication planétaire avec Le monde enfin. Enfin débarrassé des Hommes et de leurs petites saletés. Enfin restitué à une nature sauvage et exubérante. Enfin purifié du cancer qui la ronge depuis quelques milliers d’années. Mais si le roman n’est pas franchement tendre avec les humains [qui y tombent comme des mouches, là plupart assez salement, soit-dit en passant], force est de reconnaître que les quelques survivants sont aussi attachants que touchants, aussi sensibles que perdus dans un monde qui, non, vraiment non, ne leur appartient plus. Toute similarité avec des événements réels ne serait que pure coïncidence : un virus particulièrement actif éradique l’humanité [à raison de 999 personnes sur mille, tout de même] en quelques semaines. Ne survivent que ceux et celles qui, pour des raisons inconnues, résistent tant bien que mal à la voracité du virus.
D’autres ont une existence beaucoup plu !s aléatoire : ainsi, cet officier français cryogénisé quelques années le temps que les choses se calment et qui se réveille d’une réalité virtuelle peu enthousiasmante pour découvrir un monde neuf où l’humanité n’a plus cours. Ailleurs, des astronautes épargnés par la pandémie redescendent sur terre en plein paris pour y trouver la capitale vidée de ses habitants, hantée par des lions, des hippopotames et d’autres animaux échappés du zoo de Vincennes et acclimatés à l’Île-de-France.
Mais de Paris à New York en passant par Avignon, les rares humains sont confrontés à leur flagrante absence d’avenir : population vieillissante, trop clairsemé pour que tout redémarre, l’humanité risque de connaître le tragique destin des tigres de Sibérie, beaucoup trop rares pour qu’une femelle rencontre enfin un mâle et sauve la race.
Et après ?