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Par Olivier
Dans cinq milliard d’années, la Terre est devenue une vaste jungle dont les lianes s’étendent jusqu’à la Lune en une singulière toile d’araignée tissée par les Travertoises, d’immenses arachnides végétaux de dizaines de mètres de diamètre capables de voyager dans l’espace.
Deux descendants de la race humaine, mènent leur quête du monde d’autrefois ...
PRIX HUGO 1961
Terre, futur lointain. Le soleil n’est plus qu’une énorme boule rouge, qui explosera bientôt. La Lune a cessé de tourner autour de la Terre, et d’étranges araignées l’ont relié à la Terre en tissant leurs toiles. Le monde n’est plus qu’une vaste jungle.
Survivent essentiellement quelques insectes, et les humains, les derniers mammifères. Quoiqu’il vaudrait mieux parler de descendants, car il s’agit d’être minuscules, vivant en communauté de quelques individus. Ils tentent de survivre au milieu de cette jungle hostile, cherchant en priorité à manger sans être mangé. La civilisation a disparu, et il n’en reste qu’une culture assez frustre. C’est dans ce contexte que Gren et sa compagne Yattmur vont partir à la recherche de l’ancien temps, où la vie était plus heureuse : le bon vieux temps de la civilisation.
Le monde vert est un livre incontournable. Brian ALDISS y joue à merveille la carte du sense of wonder. Son écriture s’y fait magnifique, les paysages sont véritablement peints par les mots, à tel point que l’on ne peut manquer d’évoquer par moment BALLARD [en particulier La forêt de cristal ou sur un thème proche Le monde englouti].
Oui mais voilà, le livre a quand même pas mal vieilli. Le lecteur finit par se lasser des turpitudes équatoriales de cette sympathique poignée d’humains acharnés à survivre. Car la présentation de ces êtres finalement assez primitifs finit par tourner en rond. Il ne reste finalement que la beauté des paysages, ce qui ne pèse pas lourd pour un roman. De plus, sortir un livre à ce prix, alors qu’on n’a pas retouché une virgule de la traduction, c’est vraiment prendre le lecteur pour une vache à lait. Une réédition de ce classique était certes nécessaire, mais elle aurait été bien venue en poche.
Ne boudons pas pour autant notre plaisir de [re]lire ce classique qui sait articuler avec grand talent le sense of wonder de l’âge d’or avec les exigences littéraires de la new wave.