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Publié le 01/04/2005

"Le roi d’août" de Michel PAGEL

REEDITIONS J’AI LU / FANTASY - FEV 2005

Par Ubik

Voici sans doute le chef d’œuvre de Michel PAGEL. Oui, je sais, c’est totalement partial et subjectif comme entrée en matière, mais je ne peux résister à afficher mon enthousiasme d’emblée. Pour en juger, veuillez lire ce qui suit.


Michel PAGEL aime l’Histoire. Cela tombe bien, « Le roi d’août » est un roman historique avec des vrais morceaux de fantastique dedans. Le sujet ressemble aux leçons que l’on faisait autrefois dans les écoles primaires sur ces souverains qui ont fait la France. Le roi, ici, c’est Philippe II. Pour ceux qui ont oublié leur leçon d’Histoire, mais j’avoue que ce type d’Histoire n’est plus pratiqué, voici un bref rappel.

A la jonction du XIème et XIIème siècle, imaginez que la France se réduit à un domaine royal étriqué, c’est-à-dire quelques fiefs autour de Paris. Le nouveau roi, couronné par précaution avant la mort de son père Louis VII faute d’une autorité suffisamment établie, doit composer avec les grands feudataires et vassaux sanguins ; Flandre, Champagne et Artois ; qui se disputent le contrôle de son pouvoir naissant.

De surcroît à l’Ouest, il doit se garder de la puissance de l’Empire Plantagenêt dont le souverain Henri II doit l’hommage à la France pour ces terres continentales. Il le fait mais le roi de France n’est pas dupe de l’allégeance apparente d’un vassal bien plus puissant que lui. Malgré cette situation défavorable, le Capétien va pourtant fortifier définitivement le règne de sa lignée, renforcer l’embryon de la monarchie française et associer à la postérité son nom à la victoire de Bouvines.

Voilà pour la leçon d’Histoire, revenons au roman maintenant. Michel PAGEL nous y convie au récit du règne de Philippe II, raconté par le monarque lui-même. Rassurons immédiatement les lecteurs : cette histoire est tout sauf une leçon édifiante et soporifique. En fait, ce que raconte l’auteur, par le biais du souverain français, est à tout point de vue passionnant et bigrement bien documenté. Rien ne nous est épargné des mœurs, des liens féodaux et des luttes politiques de l’époque.

C’est une page d’Histoire vivante que nous consultons avec gourmandise car, au fur et à mesure du récit, Michel PAGEL nous régale de moult détails qui contribuent au plaisir de lecture. Son talent ne se limite bien sûr pas qu’à nous narrer un épisode historique. « Le roi d’août » n’aurait alors rien à faire dans les pages du Cafard cosmique. L’auteur lie étroitement l’existence du roi de France à des éléments de nature plus fantastique, voire carrément féerique.

Expliquons nous sans trop en dire pour ne pas révéler des détails essentiels et ainsi gâcher le plaisir de lecture.

Dès le début du roman, dans un prologue assez long, Michel PAGEL introduit un épisode de la vie de Philippe II que nulles sources, ni les chroniqueurs, ni les historiens contemporains, n’ont abordé. Celui de son ascendance singulière dont découle un certain nombre de croyances attachées à la personne royale en France. De cette révélation, le futur souverain ressort définitivement marqué. Il doit vivre désormais avec cette connaissance qu’il ressent davantage comme une malédiction. Elle influe sur ses actes et affecte ses relations avec son entourage et sa propre conscience. C’est avec celle-ci que joue Michel PAGEL, la mêlant à ce que l’on connaît du règne du monarque, au point de créer une impression de réalité historique confondante.


Mais, sachons garder raison, « Le roi d’août » reste quand même une fiction historique époustouflante, captivante et très bien écrite qui se lit et peut se relire sans lassitude.

De quoi réconcilier les lecteurs avec une fantasy en dehors des canons galvaudés et dénués d’imagination de la Big Commercial Fantasy.