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Publié le 01/02/2007

Le secret de l’Empire - Succession 2
de Scott WESTERFELD

[The Killing of Worlds - Book 2 of Succession, 2003]

ED. POCKET SF, 2007

Par Ubik

Quelques mois se sont écoulés depuis la parution en poche de « Les Légions immortelles », faux diptyque mais vrai roman coupé en deux en France comme en anglo-saxonnie, je vous rassure.

Vraie bonne surprise aussi, même si Scott Westerfeld ne s’écarte pas trop des canons - désolé pour ce trait d’humour malvenu - du NSO. Aux dernières nouvelles le lecteur captivé par le premier volet trépignait d’impatience chez lui. Il avait perdu le boire et le manger et accumulait les nuits blanches tant le suspense introduit par la fin de « Les Légions immortelles » le taraudait. Espérons qu’il n’ait pas péri de surcroît d’inanition littéraire pendant cette attente. Personnellement, j’avais fait des provisions.


« Le secret de l’Empire », deuxième tome du diptyque « Succession », débute comme « Les Légions immortelles » : au cœur de l’action. Le lecteur est immergé immédiatement au moment où il avait lâché le premier tome.

Tous les avertisseurs dans le rouge, les armes déployées et sa configuration interne refaçonnée, la Frégate Linx commandée par le commandant Laurent Zaï monte à l’assaut contre un croiseur Rix pour un combat que tout le monde - même le lecteur survolté - sait par avance, désespéré.
La mission consiste désormais à détruire l’antenne mise en place par leur ennemi et ainsi empêcher la communication du secret de l’empereur détenu par la conscience composite qui phagocyte le réseau planétaire de Legis XV.

C’est parti pour 158 pages [sur 440] d’affrontements par drones interposés, d’échanges de tirs avec des armes effrayantes - micro-missiles, canons à gravité, lasers et j’en passe -, d’esquives, d’accélérations gravitiques inhumaines, de joute chevaleresque [si si, chevalesresques !], de considérations tactiques, de coups de théâtre, de sang, de décompressions explosives et de psychologie en berne. Le grand folklore habituel du NSO mais narré de manière maîtrisée et captivante.
Pendant ce temps, le lecteur qui est bon public, peine à reprendre son souffle et seuls quelques courts chapitres en forme de flash back - parfois - lui permettent de récupérer. Néanmoins pas trop longtemps quand même car le lecteur en veut encore. Il a payé pour en avoir plein la vue que diable !

Et puis, passé ce premier chapitre éprouvant pour les nerfs mais qui se dévore d’une traite, le cadre change et l’enjeu se déplace. Scott Westerfeld revient à ce fameux secret de l’Empire - l’immortalité en fait - et à ce que l’Empereur est prêt à faire pour le garder secret. Le lecteur plonge à nouveau au centre des luttes entre factions et cela n’est pas pour lui déplaire car il apprécie aussi les intrigues tordues. Cent nouvelles pages se passent pendant lesquelles la tension monte à la fois au Sénat impérial et dans l’espace. Le lecteur est content.
Le reste du récit se déroule ensuite vers une fin qu’il devine progressivement, ce qui n’enlève rien à l’émotion qu’il éprouve. Mais bon le lecteur aime la facilité parfois.

Il est évident que si l’histoire s’était résumée à ce qui est raconté ci-dessus, j’aurais lâché l’affaire. Cependant la touche Westerfeld opère subtilement pour contrer une sortie d’histoire besogneuse à la Alastair Reynolds [le cycle des Inhibiteurs en particulier] ou à la Ken MacLeod [le très récent « La veillée de Newton »] pour ne citer que ces deux exemples. Les bonnes idées affleurent, les relations ambiguës se dessinent en arrière-plan, une histoire d’amour voire plusieurs histoires d’amour vivent leur vie et l’auteur livre une réflexion pertinente sur l’immortalité qui ne laissera pas non plus le lecteur de pierre face à cette succession car, faut-il le rappeler, toutes les civilisations sont mortelles. Fort heureusement !


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« Succession » s’adresse donc avant tout à un lectorat en quête de sense of wonder et d’action. Le lecteur peut y trouver son compte sans pour autant se rouler par-terre comme après la lecture de « L’I.A. et son double », autre roman du même auteur.

Enfin si son côté fleur bleue domine, il appréciera l’histoire d’amour encapsulée dans le space opera, ce qui est mon cas - hélas.