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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

« Mes pires ennemis sont les femmes et la mer. Je les hais. Les femmes parce qu’elles sont faibles, idiotes et qu’elles vivent dans l’ombre des hommes sans jamais leur arriver à la cheville ; la mer, parce qu’elle m’a toujours contrarié en détruisant ce que je construis, en me prenant ce que je laisse traîner, et en s’ingéniant à effacer les traces que j’inscris sur le sable (...) Je vois dans la mer une sorte d’ennemi mythologique ; je la crains un peu et il m’arrive de lui faire ce qu’on pourrait appeler des sacrifices spirituels. Je la respecte et la considère à bien des égards comme mon égale. Elle peut, comme moi, bouleverser les événements de ce monde, et il faut, comme moi, la craindre. Mais les femmes... vraiment, je ne peux pas les encaisser. »
Dans le cas de SIMMONS, ce fut l’électrochoc du « Le chant de Kali », une œuvre fascinante et profondément touchante. Dans le cas de BANKS c’est une petite friandise diablement attachante.
L’USAGE DES FEMMES
Frank Cauldhame, le narrateur, grandit avec son père, sur une île quasi-déserte. Se considérant comme le maître de cette île, il s’amuse à divers jeux de torture avec des chiens, des rats, des mouettes, des libellules et évidemment des guêpes [sans compter des petites filles...], quand il ne va pas au village pour se saouler avec Jamie, son seul ami ; un nain. Sa considération du monde, immature et violemment misogyne, va évoluer alors que son frère qui sombre dans la folie va faire sa réapparition, et que Frank va faire plus ample connaissance avec son père et ses démons intérieurs.
Avec son sens de l’ironie si savoureux et sa finesse psychologique habituels, BANKS raconte le récit d’apprentissage, l’éveil au monde d’un jeune adolescent, instable et amoral, perdu dans un monde aussi horrible que lui. Personnage qui n’est pas sans évoquer Cheradénine Zakalwe, le héros emblématique de BANKS.
Rempli à ras-bord de scènes cruelles particulièrement exquises, « Le seigneur des guêpes » est un roman brillant et original sur le passage à l’âge adulte et la prise de conscience de sa propre sexualité.
« Nos vies ne sont que des symboles. Quoi que nous inventions, nous ne faisons que suivre des modèles. Les gens forts arrivent à créer les leurs, et parfois même à influencer ceux des autres. Quant aux faibles, aux malchanceux ou aux idiots, leurs chemins sont tracés à l’avance. Le Sanctuaire aux Guêpes incarne le destin, puisqu’il représente à la fois la vie et la mort, aussi complexes l’un que l’autre. »
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Ceci étant dit, il ne faut pas s’attendre à une oeuvre foisonnante comme les opus de la Culture. Juste à un mini "Usage des armes" pour amateur de récits malins. Et en y regardant bien, l’ombre du Sanctuaire aux Guêpes de BANKS plane sur le Shrander de HARRISON [qu’il serait temps que vous lisiez quand même !]. |
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