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Publié le 01/12/2006

« Le Soleil du Nouveau Monde » d’Alexander C. IRVINE

[« A Scattering of Jades », 2002]

ED. FLEUVE NOIR / RVA, OCT.2006

Par Mr.C

Au XIXème siècle, aux Etats-Unis, Archie Prescott part en quête de sa fille, enlevée par des adorateurs des anciens dieux aztèques. Des ruelles sombres de New-York aux grottes profondes du Kentucky, entre zombies aquaphiles, momie à plumes et guerre des gangs, le premier roman d’Alexander C. IRVINE rappelle Tim POWERS... avec un sens de la violence plus tranché.


LOCUS AWARD et INTERNATIONAL HORROR GUILD AWARD

A New-York, en 1835, il y a des cochons dans les rues, pas encore de gratte-ciel, des gangs qui s’affrontent et une misère crasse de laquelle Archie Prescott essaie de s’extraire. Pour offrir mieux à sa femme et à sa fille, Archie bosse dur au New York Herald Tribune - jusqu’à ce 15 décembre, où il ne trouve, en rentrant chez lui, que des ruines fumantes et des corps sur les civières.

Il ignore que sa fille, Jane, n’est pas morte. Elle a été enlevée par un marionnettiste sans scrupules qui la destine à être sacrifiée au dieu Tlaloc, Celui-qui-fait-pousser-les-plantes, cruelle entité du panthéon aztèque dont le retour au monde sera ainsi possible, à l’avénement du Sixième soleil.

C’est pour Archie, le point de départ d’une enquête au bout de l’horreur.

Alexander C. IRVINE a bâti son étonnant roman d’aventure fantastique sur un substrat de réalité : c’est après avoir visité la Caverne du Mammouth dans le Kentucky, et après avoir lu qu’on y avait découvert dans le passé deux momies pré-colombiennes, qu’il a commencé à imaginer cette histoire rocambolesque. cf. l’interview de l’auteur Le guide Stephen Bishop, esclave noir qui fut le premier à explorer en profondeur les cavernes, est devenu un personnage du roman. Tout comme Phinéas T. Barnum : le célèbre showman, qui en 1830 n’avait pas encore créé son cirque, possédait déjà l’American Museum de New-York, théâtre d’une scène essentielle au début du roman. Même Edgar POE apparaît dans un cameo clin-d’oeil, ce qui est à la fois plausible [il se trouvait effectivement à New-York à cette date], amusant et révérencieux lorsqu’on traite de morts qui refuse de mourir et de vivant enterré bien qu’ils ne soient pas morts.

A la façon de Tim POWERS dans « Les voie d’Anubis », IRVINE joue avec l’Histoire et les personnages réels avec beaucoup de maîtrise, le goût du grotesque et le sens du détail - on sent que des recherches approfondies étayent chaque chapitre. Il mêle habilement le réel et la fiction, peuple l’Amérique du XIXème de créatures folles et de scènes fantastiques, sans reculer devant la poésie [une animalière rencontre en montagne avec l’esprit d’un chef indien] ou la violence extrême. C’est l’autre élément marquant : IRVINE ne fait pas dans le détail lorsqu’il s’agit de confronter ses personnages à l’horreur, le sang coule, et aux "héros" ne sont épargnés ni souffrance, ni séquelles.

Archie, Jane et Stephen ne sont pas de simples pantins-alibi du spectacle, ils ont une épaisseur psychologique marquée. Leurs tourments sont la trame du récit, ce qui les rend rééls et crédibles. Leur confrontation à la sorcellerie aztéque n’en est que plus saisissante.


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« Le Soleil du Nouveau Monde » est un récit cruel et solaire. Si c’est un premier roman, seuls les lecteurs les plus exigeants sauront le remarquer car l’aventure est menée avec une grande énergie et une belle maîtrise.

Quant à Alexander C. IRVINE, c’est un très bon auteur en puissance dont on guettera en embuscade les prochaines parutions.