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Publié le 21/02/2004

"Le système Valentine" de John Varley

[« The Golden globe », 1998]

ED. DENOËL / LUNES D’ENCRES, SEPTEMBRE 2003

Par Ubik

Sparky Valentine n’est pas un acteur comme les autres. Il n’y a que lui pour changer de visages plusieurs fois par jour, connaître par coeur les plus grands rôles de Shakespeare, masculins ET féminins, dialoguer avec son chien-robotique, et voyager dans les soutes cryogénisées des cargos spatiaux.

Et si son passé de star du petit écran le poursuit, il ne se doute pas que son voyage vers Luna, avec les impitoyables tueurs de la mafia charonaise à ses trousses, le mène droit vers la plus grande énigme qu’il ait eu a affronter : son père.


PRIX DU CAFARD COSMIQUE 2004

Ce roman, délibérément placé dans l’ombre tutélaire de William Shakespeare, des Marx brothers et de W.C. Fields, s’inscrit dans l’univers déjà évoqué par l’auteur dans le "Canal ophite" et dans "Gens de la Lune".
Dans cet univers, suite à l’Invasion E-T qui a quasiment éradiqué l’Humanité, les rares survivants, interdits de Terre et de Jupiter, se sont regroupés sur la Lune, Mars et dans de nombreux autres lieux ( satellites telluriques, astéroïdes, habitats artificiels ) du système solaire.

Découpé en cinq actes, le récit débute par une représentation condensée et survoltée de Roméo et Juliette, jouée aux confins du système solaire, et se termine à peu près sur celle du Roi Lear, mis en scène sur Luna. Jouant avec la règle de l’unité de lieu et déjouant celle de l’unité de temps, puisque le récit alterne les flash back, Varley nous propose l’odyssée loufoque de Kenneth Valentine, alias Sparky, alias l’Esquive, expert en embrouille.

C’est là un des points forts du roman [qui n’en manque pas] : ce « space road movie » met en scène un personnage tout à fait extravagant issu d’une famille de saltimbanques. Comédien brillant et truculent, il est capable de changer plusieurs fois de sexe et, ceci en un temps record, au cours d’une même pièce. Individu calamiteux, il fuit depuis 70 ans pour une raison que nous découvrons au cours du récit, et s’attire, de plus, les foudres de la pègre charonaise réputée pour sa cruauté et sa ténacité. Cela fait beaucoup sans doute pour un seul homme/femme mais avec Varley, on n’est jamais au bout de ses surprises.

Comme à l’accoutumé, le récit est prétexte au déploiement de l’imagination farfelue de l’auteur et à l’humour décapant et dévastateur de sa prose, et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on n’est pas dépaysé.

« Il n’y a à la télé que deux choses qui se vendent : les bonnes et de la merde. Aucune de ces catégories n’est une garantie de succès. Nombre d’émissions ont aspiré à être bonnes, mais elles se berçaient d’illusions. Elles ont disparu depuis belle lurette. Et d’autres étaient vraiment bonnes, d’ailleurs, et elles ont disparu, elles aussi. Quant à la merde...qui peut dire, avec la merde ? »

C’est le second point fort du Système Valentine, à la (dé)mesure de l’univers dépeint, qui nous est révélé par touches successives, durant les pérégrinations et les réflexions introspectives de Sparky. A ce sujet, l’étape sur la colonie d’Oberon 2 est tout simplement étourdissante d’excentricité, grandiose pour les trouvailles visuelles et hilarante quant aux digressions auxquelles elle donne lieu . Un des grands moments de ce roman d’une extravagance peut-être vaine, rétorqueront certains, mais pleinement assumée par l’auteur jusqu’au bout.

Du pur Varley. On aime ou on n’aime pas. Nous, on adore.


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Un humour dévastateur, une utilisation brillamment érudite et sacrilège des textes shakespeariens, une imagination débordante et aucun tabou : "Le système Valentine" est sans doute le meilleur roman de John Varley. Il positionne de fait son auteur aux côtés des plus grands !

The Golden globe [personnage principal : un acteur] fait partie, d’après Varley d’une « non-trilogie métallique », dont le premier tome était Steel Beach [personnage principal : un journaliste] et le troisième Irontown Blues [personnage principal : un flic], un roman à paraître.