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Publié le 25/04/2005

"Le travail du Furet" de Jean-Pierre ANDREVON

REED. FOLIO SF [FEVRIER 2004]

Par PAT

Auteur phare de la défunte et mythique collection Présence du Futur, Jean-Pierre ANDREVON est l’incarnation même de la SF française engagée, râleuse et boulimique. Avec "Le travail du furet", il revient sur le thème inquiétant et politique du contrôle des individus par l’Etat.


En ces années 2000 et quelques, la paix sociale n’est plus un mythe : si la logique de classe n’est plus à remettre en cause, la maladie régresse et jamais la population ne s’est aussi bien portée [les statistiques le prouvent, après tout]. Seul petit hic, l’obligation de maintenir le nombre de citoyens à un joli 60 millions tout rond. En conséquence, des travailleurs assermentés [les furets] sont chargés d’éliminer [pas forcément discrètement, d’ailleurs] environ 400 000 personnes par an. La stabilité est à ce prix que voulez-vous ma bonne dame.

Bon furet efficace, sans état d’âme et froidement méthodique, le narrateur est un amateur de films du XXème siècle. Ses tenues sont d’ailleurs régulièrement calquées sur ses héros favoris [l’occasion pour ANDREVON de rendre hommage à un certain film de genre], et ses exécutions sont le prétexte à un long monologue où la haine du pauvre ne cède que devant l’horreur du riche. Il n’est d’ailleurs pas interdit de déceler çà et là quelques accents Céliniens, notamment sur l’idyllique vision humaniste qu’ANDREVON nous balance à travers la gueule.

Mais les choses changent quand ce parfait furet se rend compte peu à peu que le jeu est truqué. Les gibiers listés officiellement au hasard ne seraient-ils pas tout simplement gênants pour l’Etat ? Mais quand un furet pense, il désobéit. Et quand un furet désobéit, il faut le punir... En assassinant sa copine, par exemple, ou tout simplement en l’éliminant... La paix sociale, n’est-ce pas ?

Sujet classique [perverti par la quatrième de couverture ou différentes critiques rédigées par des gens n’ayant manifestement pas lu le livre : Le furet commence à se poser des questions, DONC on lui tue sa femme , et non pas « le Furet se révolte APRES la découverte du nom de sa femme sur la liste des gibiers du jour », ce qui n’est pas la même chose] traité de mille et unes manières aussi bien au cinéma qu’en littérature, histoire de bonne facture rythme polardisé à l’extrême, mais aussi humour cynique permanent, « Le travail du furet » fait partie du meilleur d’ANDREVON.


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Un livre parfaitement recommandable, grâce à son scénario intelligent [et... glaçant], son ton résolument meurtrier et la verve d’un auteur qui a pris beaucoup de plaisir à écrire ces quelques 250 pages. Plaisir partagé par le lecteur. Comme quoi, il reste encore un peu d’espoir, même si ce mot est définitivement absent du bouquin.