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Publié le 20/03/2006

Le vaisseau des voyageurs de Robert C. Wilson

RÉÉD. FOLIO SF, JANV. 2006

Par PAT

Un énorme vaisseau spatial est en orbite autour de la terre dans un futur très proche. Aucun message, aucune intention précise manifestée, rien. Le silence. Un silence qui, certes, bouleverse la conception cosmologique de l’humanité, mais qui ne change somme toute pas grand chose au quotidien.

Puis vient la nuit du rêve, où chaque être humain sur Terre se voit proposer un choix clair et net : rejoindre l’intelligence collective formée par plusieurs races extraterrestres au sein du vaisseau et, de fait, renoncer à l’humanité [mais gagner l’immortalité], ou bien refuser la proposition et rester tel quel...


Même avec des textes parfois mineurs comme Les fils du vent ou le plus récent Blind Lake, Wilson parvient toujours à intéresser ses lecteurs en décrivant systématiquement des événements d’envergures cosmiques par les yeux d’humains ordinaires, souvent paumés et clairement dépassés par ce qui leur tombe dessus.

La réédition du Vaisseau des voyageurs en Folio SF [originellement publié en 1985] est l’occasion de poursuivre la découverte d’un écrivain aussi talentueux qu’intelligent, aussi passionnant que touchant. Reste que cette fois, malgré les ingrédients désormais classiques du “système Wilson”, la sauce ne prend pas et le lecteur reste sur sa faim.

On s’en doute, seule une personne sur dix mille refuse le marché. C’est justement à ces individus que va s’intéresser Wilson, décrivant par le menu la vie de ces humains ordinaires, engoncés dans leur angoisse, la perte de leurs proches fondus au sein des Voyageurs, leur survie sur une Terre où les conditions climatiques se dégradent violemment [conséquence du “nettoyage” extraterrestre des pollutions humaines], leur organisation en petites communautés reliées entre elles par un réseau radio bredouillant, et, bien sûr, leurs luttes internes [il y a toujours un psychopathe quelque part].

Autour de la figure attachante [mais Ô combien prévisible] du docteur Wheeler, le lecteur apprend à connaître chaque personnage dans ses fêlures intimes comme dans ses qualités, au cour d’une histoire qui se déroule toute seule, mais qui suinte l’ennui pages après pages.
Un Wilson trop long et ennuyeux ?
Eh oui, c’est possible.

Comme d’habitude, aucune réponse ne clôt un récit linéaire, comme d’habitude les personnages sont touchants, comme d’habitude la connerie est avant tout humaine, comme d’habitude nous ne sommes que des fétus de paille promenés par un vent cosmique qui nous échappe, mais désolé, non, cette fois, rien ne fonctionne correctement.


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L’intrigue est mince, les procédés parfois grossiers et les conséquences évidentes. Un faux-pas qui ne doit pas faire oublier que Robert Charles Wilson reste l’un des écrivains majeurs de la SF contemporaine, et qu’il a bien le droit de se louper de temps à autre.

Mieux vaut donc attendre la très attendue traduction de Spin et relire Les chronolithes.