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    Vurt
    de Jeff NOON

    C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
    Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.

    Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994

    La critique de Vurt



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Publié le 01/02/2007

« Le voyage de Haviland Tuf » de George R.R. MARTIN

[« Tuf voyaging », 1986]

ED. MNÉMOS, NOVEMBRE 2006

Par Nolive

Haviland Tuf est un drôle de bonhomme. Immense, pâle et glabre, il ne passe pas inaperçu. Marchand peu prospère, il sillonne la galaxie à bord du Corne d’abondance d’excellentes marchandises à bas prix, mais les affaires ne vont pas trop fort. Ce qui le conduit à accepter d’embarquer un quatuor d’aventuriers ratés menés par un mercenaire sans scrupule.

But de l’expédition : s’emparer de l’Arche, un gigantesque vaisseau de guerre, relique récemment redécouverte d’un empire disparu, et équipé de technologies à même de modifier des écosystèmes entiers.


À peine arrivés, nos aventuriers, aussi bêtes et inconséquents que les meilleurs méchants de Tex AVERY, se mettent à s’entretuer joyeusement pour la maîtrise du vaisseau... et finissent donc, au terme d’un vaudeville aussi sanglant que réjouissant, par laisser Haviland seul maître à bord, libre de s’approprier les immenses ressources d’ingénierie génétique de L’Arche.

Fini le commerce. Haviland Tuf est désormais « ingénieur écologue », et s’en va de monde en monde proposer ses services.
Après la farce du premier chapitre, l’auteur nous emmène donc visiter un monde après l’autre, et déploie suffisamment d’inventivité pour que le voyage ne soit pas monotone. La variété et l’étrangeté des écosystèmes soumis aux bons soins de Haviland Tuf, la diversité des civilisations qui s’y sont développées sont dignes des meilleurs planet opera. Chaque étape s’avère être l’occasion pour Haviland de résoudre à grands renforts de génétique et de cuves de clonage des problèmes écologiques à l’échelle de mondes entiers. Problèmes qui s’avèrent bien sûr tout autant d’ordre social, économique et culturel, amenant le propos de ces petites fables sur d’autres terrains que celui de la seule écologie...

Le plus fascinant dans tout ça reste la figure centrale de Haviland Tuf. Imperturbable et retors, s’exprimant avec un humour noir et pince-sans-rire dans un langage des plus châtiés, cet improbable misanthrope qui fuit la compagnie de ses semblables va faire peu à peu l’expérience du pouvoir absolu, et modifier en conséquence son rapport au monde jusqu’à la conclusion logique du processus... Le tour de force de MARTIN est de faire ressentir cette évolution tout en conservant au personnage son impassibilité et son apparence monolithique. Un bien bel exercice de style...

Chacun des chapitres étant à l’origine des nouvelles, on peut toutefois regretter que MARTIN n’ait pas fait un petit effort supplémentaire pour effacer l’aspect systématique de la construction [un chapitre, un monde] et donner à l’ensemble la structure d’un roman plutôt que celle d’un fix-up brut de décoffrage... Passons.


Quelque part entre VANCE et SHECKLEY, ce « Voyage de Haviland Tuf » est un livre intelligent, léger et agréable, souvent drôle, sans doute pas inoubliable, mais qui sans en avoir l’air va bien plus loin qu’une simple ballade exotique à travers la galaxie.

 
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