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Publié le 07/07/2004

"Le voyageur imprudent" de René BARJAVEL

EDITIONS FOLIO, 1944

Par oman

1940, la France est en pleine guerre, et tous les hommes valides sont réquisitionnés. Parmi eux, un professeur de mathématiques, Pierre Saint-Menoux arrive par hasard devant une jeune fille brune au teint d’albâtre qui le menera vers son destin. Elle le fait entrer dans une salle où se trouve Essaillon, un homme handicapé sous les genoux et père de Annette, qui l’avait guidé. Il se présente comme la personne qui s’était intéressé aux travaux de Saint-Menoux juste avant la guerre et lui annonce avec un grand sourire qu’il savait que ce dernier arriverait à cet endroit, à cet instant. Pour le convaincre, il le fait revenir 2 heures dans le passé. Conquit, Pierre prend une pilule lui permettant de se retrouver 2 ans plus tard et de commencer l’etude et l’exploration du temps...


Aaah ! L’exploration du temps...

Un rêve que les hommes ont toujours voulu concrétiser, mais faute de pouvoir construire une théorie mathématique y menant, c’est toujours resté un rêve. Mais comment appréhender ces voyages dans le temps, comment réguler les abus ? Ce livre ne répond à cette question. Par contre, il répond à la question paradoxale du retour dans le passé qui est celle-ci : que se passe t-il si l’on revient dans le passé et que l’on change le cours du temps, à tel point que que l’on met en péril sa propre naissance, par exemple. Qu’advient-il ? Et il m’a fallu attendre la 175eme page pour que l’auteur réponde à cette question que je m’étais posée, en lisant la machine à explorer le temps de Wells, qui d’ailleurs avait totalement occulté la question. Par contre, à l’instar de Wells, Barjavel nous plonge vers l’horrible futur vers lequel nous tendons, froid, inhumain, terrible.

Outre cette réflexion, Le voyageur imprudent est aussi une histoire d’amour, chère à Barjavel : les amours impossibles, inaccessibles, belles, que certains trouveront ridicules, mais qui sont la marque de fabrique de cet auteur que j’apprécie particulièrement. On ressent aussi la formation journalistique de cet auteur qui a le soucis du détail lorsqu’il s’agit de faits historiques.

A noter que ce roman date de 1958, alors un peu d’indulgence si le roman semble avoir pris quelques rides : Barjavel est un des grands auteurs écrivains français, un des pionniers, qui a exploré beaucoup des thèmes de la science fiction. Et il nous raconte de belles histoires.

Un classique.

« En tous lieux où j’ai parcouru la terre, je l’ai vue jalonnée par des alignements des cônes où vivent les hommes-ventres. Entre ces constructions innombrablement pareilles, le sol est couvert de pâturages et de forêts d’arbres fruitiers. L’homme nouveau ne pratique pas la culture à proprement parler. Il s’est contenté d’exterminer tous les végétaux inutiles ou nuisibles. Il a également détruit les oiseaux, les poissons, les reptiles, les batraciens, [...]tous les habitants des eaux, de l’air et de la terre, dont il avait renoncé à se servir. Les mammifères ont été réduits à deux espèces : les vaches et les porcs devenus, herbivores. »


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Une illustration classique du paradoxe temporel : "Il a tué son aïeul, donc il n’existe pas. Donc il ne l’a pas tué. Donc il existe. Donc il a tué son ancêtre. Donc il n’existe pas...

A l’époque, en France, c’était une première.

Une certaine ambiguïté règne encore ici : faut-il voir de la satire quand BARJAVEL brosse le tableau de futures civilisations ridicules basées sur les valeurs Travail-Famille-Patrie ?

Le faut-il vraiment quand on sait que les premières pages du roman furent publiés, pendant l’Occupation, par Je suis partout, le journal officiel de la Collaboration ?

Quoiqu’il en soit, il faut reconnaître à nouveau que ce roman est l’un des tous premiers en France à aborder le thème du fameux paradoxe temporel dans toute sa richesse.