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Publié le 09/01/2010

Les Insoumis, La Saga Mendelson T. 2, de Fabrice Colin

ÉD. DU SEUIL, NOV. 2009

Par MeTaL_PoU

De retour d’entre les morts avec un texte dont il a fort été question dans le petit milieu SF, Fabrice Colin revient à la littérature jeunesse dans un registre inédit : le roman historique. La Saga Mendelson relate la destinée d’une famille juive dans les tourments du XXe siècle. Au menu du deuxième volume, Les Insoumis, les années 1929-1965.


Dans le premier tome de cette trilogie, Les Exilés, paru il y a quelques mois, Isaac, Leah, David et Batsheva Mendelson ont fuit Odessa pour Vienne puis émigré aux États-Unis. Fabrice Colin se présente comme un ami de la famille Mendelson qui, avec leur accord, couche sur le papier plus d’un siècle d’histoires dans l’Histoire. Dans Les Insoumis, il est forcément question de la Seconde Guerre Mondiale, mais aussi des débuts du cinéma d’animation et des amours, réussites et désillusions de chacun.

L’auteur, aidé par les « archives » de la famille, s’investit du rôle d’enquêteur. En effet, la mémoire des descendants est sélective, des non-dits persistent. Colin se doit de mettre la lumière sur certaines zones obscures. Il mêle sources fictives et réelles, fait rencontrer à ses protagonistes Hitchcock ou Tex Avery, et compose un patchwork mêlant récit, journaux intimes, interviews, ou encore nombreux documents iconographiques. Colin se joue de la chronologie, se permet des retours en arrière et des digressions qui ne gênent en rien le confort de lecture. Des explications historiques permettent au jeune lectorat de comprendre les enjeux et le contexte, sans pour autant ajouter une lourdeur pédagogique.

On retrouve ainsi dans « Les Mendelson » certaines des pierres angulaires de l’œuvre de Colin : la mémoire, la distorsion entre imaginaire et réalité, et la construction kaléidoskopique. Une belle mise en abîme de l’auteur contribue à estomper les frontières entre fiction et réel. Il va jusqu’à glisser les noms des descendants Mendelson dans les remerciements. Mais quelle importance, puisque le tout est d’une remarquable crédibilité, et surtout d’une redoutable efficacité ?

Les personnages de Colin sont appréhendés dans leur entière complexité. Sans aucun manichéisme, chacun, avec ses faiblesses, subit les assauts du temps et ne peut renier ses origines. Les rapports de chacun à la religion juive sont à ce titre particulièrement convaincants : la figure du patriarche orthodoxe marquera toutes les générations suivantes, entre rejet, adhésion et interrogations religieuses.


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Roman historique passionnant, Les Insoumis est une pure réussite. Colin a su donner vie à des personnages fictifs extrêmement crédibles, dans un roman à la construction travaillée, qui se lit tout seul de la première à la dernière ligne. Au risque de tomber dans un lieu commun : vivement la suite et fin de La Saga Mendelson, prévue en 2010.