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Publié le 01/07/2007

Les Royaumes brisés, Livre troisième du Codex Merlin de Robert HOLDSTOCK

[The Broken Kings. Book Three of the Merlin Codex, 2002]

ED. LE PRE AUX CLERCS, 2007

Par Ubik

Entreprendre la lecture d’un cycle est comme nouer une relation, en l’occurrence ici strictement textuelle. On se passionne, on partage des émotions, on caresse maints espoirs, sans jamais véritablement savoir si les promesses trouveront leur accomplissement. Et puis arrive le dénouement avec son cortège d’impressions contrastées : déception, contrariété, apaisement... Ce temps de l’accomplissement est donc finalement arrivé pour ce Codex Merlin, amorcé avec « Celtika », poursuivi avec « Le Graal de fer » et désormais achevé avec « Les royaumes brisés ». Il est donc grand temps de se confronter à nos impressions.


« Je suis une part de tout ce que j’ai rencontré »
[Ulysse de Lord Alfred Tennyson]

Le Codex Merlin est une œuvre qui puise sa matière dans les mythes celte, grec et crétois. Sans aller jusqu’à affirmer qu’il s’agit d’une tentative de syncrétisme mythologique, contentons-nous juste de souligner que les liens et les passerelles entre le monde celte et le monde méditerranéen constituent les œuvres vives, pour ne pas dire le cœur de ce cycle.

Cependant Robert Holdstock ne s’en tient pas à un simple exercice académique de restitution mythologique, qui à la longue deviendrait fastidieux. Les mythes sont une pâte qu’il modèle à sa convenance et, l’aboutissement de son œuvre est bien supérieur à la somme des parts et emprunts qui la compose. Sous sa plume, les motifs légendaires oubliés ou déformés par de multiples réécritures, resurgissent revivifiés et pourvus des odeurs brutes de la nature : musc entêtant, fragrances des sous-bois et autre remugle moins agréable. Ils prennent corps littéralement pendant que les archétypes, dont on connaît déjà intuitivement les mille vies se revêtent de chair pour sortir de l’ombre.

Alors oui, tout ceci n’est pas nouveau mais tout ceci nous est conté avec talent et maîtrise, au point de paraître très vivace encore. C’est bien là, l’unique magie perceptible dans le Codex Merlin, celle du Verbe protéiforme dont les anciens échos résonnent encore par-dessus le temps qui s’écoule.

« La mort de la vengeance est la plus belle de toutes les morts »
[Anonyme]

Tout au long du Codex, les affrontements se succèdent, la vengeance plane et une destinée funeste pèse sur les protagonistes. Avec « Les Royaumes brisés » les dernières pièces de la tragédie se mettent en place pour l’acte final.

Alors que Urtha, le roi des Cornovides, pensait la menace du Pays de l’Ombre des Héros définitivement écartée, les manifestations de celui-ci se font à nouveau menaçantes. Les signes de mauvais augures s’accumulent et bientôt, les auberges [points de passage pour les défunts entre la contrée Fantomatique et le pays des vivants] réapparaissent sur les rives de la Nantosuelta.
Puis pendant l’absence du souverain, le royaume est entièrement absorbé par une brusque dilatation du pays fantôme. Séparé des siens, Urtha ne peut plus compter que sur Merlin, l’homme sans âge, qui se refuse à utiliser les sorts inscrits dans ses os pour éviter de vieillir et qui en sait beaucoup plus qu’il ne l’imagine, sur les origines de cette malédiction. Et puis, il y a le retour de l’Argo et de son dernier capitaine Jason sur lequel pèse le joug d’une vengeance inachevée. Pas forcément celle que l’on croit d’ailleurs ; celle initiée, il y a très longtemps, par son épouse trahie Médée que connaît intimement Merlin. Non, une vengeance beaucoup plus antique qui s’avance masquée derrière la puissance montante du façonneur et qui vise pour d’autres raisons Urtha.

Bref tout ceci semble bien compliqué, tant les destins sont enchevêtrés, tant le passé et l’à venir [par l’intermédiaire de ceux qui ne sont pas nés, en particulier le Pendragon] sont partie prenante dans cette histoire. Mais pas de souci. Tout cela trouvera réponse dans cet ultime livre.


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Certains reprocheront au Codex Merlin sa trop grande parenté avec la matière de « La forêt des Mythagos ». Ils n’ont pas tort. Cependant, cette trilogie évolue largement au-dessus de la fantasy stéréotypée et immature qui s’étale à longueur de rayonnage.
Tout ceci sans, pour autant, devenir absconse. Alors, il serait dommage de passer à côté.


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