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Publié le 15/03/2008

« Les Tours de Samarante » de Norbert MERJAGNAN

ED. DENOËL / LUNES D’ENCRE, 13 MARS 2008

Par PAT

Triple A rêve d’escalader les tours de Samarante ; la belle Cinabre fuit de mystérieux tueurs sous la protection d’un garde du corps aussi massif que limité ; Oshagan, dernier guerrier d’un clan décimé, s’avance vers la cité, en possession d’une arme antique, une arme interdite.
Trois personnages se précipitent vers l’aboutissement de leur destinée dans un monde lépreux qui espère une nouvelle ère.


Autour de la cité de Samarante, sur laquelle veillent six tours mystérieuses, s’étend l’aliène, une étendue sauvage, aride, inhospitalière. C’est par là que la guerre viendra, il n’y a pas d’autre accès.

Jolie plume, histoire bien menée et sens du rythme font des Tours de Samarante un très bon moment de lecture. Mais, si le lecteur suit avec plaisir les aventures des différents protagonistes dans un monde post-apocalyptique, il faut reconnaître que le fond du roman n’apporte pas grand-chose de neuf et que sa structure générale fleure trop le déjà vu.
Pour faire court, il s’agit d’une vengeance. Un homme seul et déterminé retrouve le responsable du massacre de sa famille et en finit une bonne fois pour toutes. Bien entendu, un complot sous-jacent complique la situation et le héros se rend compte un peu tard qu’il s’est fait avoir du début à la fin. Rien de neuf sous le soleil, donc, si ce n’est l’excellent style de Norbert MERJAGNAN qui laisse présager le meilleur quant à ses productions futures.

Les tours de Samarante mêle les histoires parallèle de trois personnages principaux qui, on s’en doute, finiront par se croiser et influer mutuellement sur leur destinée. On y trouve Oshagan Sémuramat [le héros, donc], sorte de Conan quasi invincible doté des dernières armes climatiques [jolie trouvaille, d’ailleurs : des armes capables d’influer soudainement sur la météo et qui peuvent geler une escouade de soldats en une seconde ou déclencher instantanément un violent orage] encore fonctionnelles et décidé à se venger de ceux qui ont massacré sa famille dix ans auparavant.
Entre également en scène Cinabre, jolie fille intégralement crée en cuve, traquée par le gouvernement [enfin... en quelque sorte] et qui part en quête de ses origines, avec un final qui la met en rapport direct avec Oshagan, bien évidemment.

Le jeune Triple A est sans doute le plus intéressant. Gamin fasciné par les hautes tours de verre de la ville, il quitte son bled pour les voir de plus près... et se fait happer par le système. Élimination du corps, téléchargement de la conscience dans une entité cybernétique qui le transforme en caméra de surveillance vivante [là encore, joli traitement d’une idée certes cliché, mais efficace]. Lui aussi aura son mot à dire lors des dernières pages.


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Au-delà du scénario, on l’a vu, assez simple, le décor des Tours de Samarante vaut le détour. Ville tentaculaire, plaines dévastées, maladie technovore [la lèpre des machines, bien vue], clonage généralisé et humanité dégénérée font du roman un habile mélange des genres, la fluidité stylistique renforçant encore l’intelligence du propos.
Quelques belles pages prouvent que, jeune auteur, Norbert MERJAGNAN maîtrise la plume et la langue, sans crainte de faire crisser l’une et de maltraiter l’autre.
Reste que l’ensemble aurait sans doute pu avoir davantage de profondeur. À vous d’en avoir le coeur net.