EN BREF

 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AU LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

Le livre le plus acheté
en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

A VOIR AUSSI

Publié le 01/05/2006

"L’éveil des eaux dormante" de Robin HOBB

["Fool’s fate - The tawny man III"]

ED. PYGMALION, FEVRIER 2006

Par K2R2

"Les aventuriers de la mer" - Tome 6

Non, non, descendez de ce tabouret et enlevez la corde que vous avez passée autour de votre cou ! Et vous, lâchez ce revolver que vous pointez sur votre tempe ! Tout n’est pas encore terminé pour les fans de Robin HOBB, il reste encore largement de quoi se droguer puisque la série des "Aventuriers de la mer" n’en est encore qu’à la moitié de sa publication dans notre beau pays !

Alors que Pygmalion s’était jusqu’à présent concentré sur les aventures de Fitz Chevalerie, interrompant même la publication des "Aventuriers de la mer" pour de vilaines histoires de traduction, l’éditeur peut désormais mettre les bouchées doubles et réapprovisionner normalement les hordes de fans qui attendent avec impatience que le cycle soit bouclé.


Pour les lecteurs qui ne connaitraient pas cette série, je vous renvoie à la fiche auteur Robin HOBB afin de vous familiariser avec l’intrigue générale. Quant aux autres je me permets de vous proposer un petit résumé...

Dans l’épisode précédent, la famille Vestrit, propriétaire de la vivenef Vivacia, était au bord du gouffre et s’apprétait à faire un grand pas en avant après la capture du navire par le capitaine Kennit, redoutable pirate dont l’ambition n’est rien moins que devenir le roi des iles pirates. Lors de la prise de la vivenef, Hiémain et son père [alors capitaine de la Vivacia] sont fait prisonniers, le premier reste à bord du navire puisque la vivenef ne peut naviguer qu’avec un membre de sa famille marchande à bord, tandis que le second est enfermé au fond d’une geôle dans une petite ile isolée. Du côté de Terrilville, les choses se gâtent, le gouverneur de Jamaillia semble se désintéresser de plus en plus du comptoir marchand, alors que la menace pirate est de plus en plus omniprésente et que les navires chalcédiens n’attendent que l’occasion de s’emparer de la ville. Sans compter les nombreux problèmes que posent les nouveaux marchands venus s’installer à Terrilville, qui ne respectent ni les traditions ni le fragile équilibre économique instauré par le commerce des vivenef.

La cité marchande est en crise et c’est dans ce contexte tourmenté que la famille Vestrit, aidée de quelques amis, décide de monter une expédition de sauvetage. Mais pour cela, il faut remettre à flot Parangon, une ancienne vivenef laissée à l’abandon par ses propriétaires, persuadés que le navire est possédé par le démon...

Ce sixième tome commence donc par les premiers essais en mer du Parangon tandis qu’à terre, les marchands de Terrilville s’apprêtent à affronter le gouverneur de Jamaillia et ses galères chalcédiennes. Comme annoncée, la guerre civile tant attendue a enfin lieu, la colonie marchande se soulève contre ses maîtres et la guerilla fait rage, les hommes ont armé les vivenef et affrontent l’ennemi, tandis que femmes et enfants se sont repliés à l’intérieur des terres, dans la cité du désert des pluies. Quant-à la Vivacia, la vivenef des Vestrit, elle file le parfait amour avec le capitaine Kennit, au grand dam de Hiémain, qui voit chaque jour son lien avec le navire s’émousser. La jeune vivenef, flattée par la cour du capitaine pirate, ne rêve plus que de batailles navales, d’abordages sanglants et de pillages.

Certains trouveront que je radote un peu, mais le découpage de la version française des romans de Robin HOBB est excessivement pénible, non seulement il est très discutable sur le plan commercial, mais il frise l’aberration sur le plan narratif. Ce volume n’échappe pas à la règle, si bien que le lecteur qui aura quitté la série depuis plusieurs mois aura bien du mal à y revenir tant les cent cinquante premières pages sont laborieuses. Il ne s’y passe pas grand chose si ce n’est des discussions interminables et une romance élastique entre la jeune Malta Vestrit et son prétendant du désert des pluies, Reyn Khuprus.

Tout ceci n’a guère d’intérêt, jusqu’à ce que la guerre civile libère quelque peu l’action et, par la même occasion, le récit. Non pas que les intrigues familiales et politiques n’aient plus d’intérêt, mais désormais tout est joué et l’on attend avec impatience d’entrer dans le feu de l’action. C’est aussi l’occasion pour le lecteur avide de nouvelles découvertes, de faire connaissance avec l’intrigante cité du désert des pluies, dont on entend parler depuis le début de la série, mais dont on ne sait finalement que peu de choses. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le voyage vaut le détour.

Parfois avare en révélations, Robin HOBB livre quelques clés intéressantes de son intrigue, notamment en ce qui concerne la fameuse cité des anciens, dont les mystères se révèlent peu à peu et tendent à rejoindre [mais aussi à compléter] ce que l’on savait déjà par les aventures de Fitz Chevalerie.

On retiendra l’excellente préstation du capitaine Kennit, assurément le personnage le plus intéressant de cette saga. Ambitieux, calculateur, retors et d’une complexité psychologique rarement atteinte, il est un délice pour les lecteurs qui aiment les personnages de méchants vraiment méchants. Oui, le capitaine Kennit est un salaud, mais un salaud qui a la classe.

Pour le reste, Robin HOBB est égale à elle-même ; style élégant et épuré, construction narrative efficace, personnages fouillés et imagination galopante.


COMMANDER

Un bon cocktail, qui, s’il ne prétend pas faire entrer cette oeuvre dans les annales de la grande littérature a le mérite de remplir parfaitement son office : divertir. A noter cependant que le texte est parsemé de nombreuses coquilles et de quelques problèmes de traduction mineurs, sans doute la sortie de ce volume a-t-elle été un peu précipitée car Pygmalion ne nous avait pas habitués à de telles déficiences.