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Publié le 01/09/2006

Les chrysalides de John WYNDHAM

[The Chrysalids ou Re-Birth, 1955]

1ERE ED. OPTA, 1976 - REED. TERRE DE BRUME / POUSSIERE D’ETOILES, SEPT. 2006

Par Olivier

Après Les triffides, les éditions Terre de Brume / Poussière d’étoiles poursuivent leur politique "d’exhumation" de John Wyndham, le grand nom du roman catastrophe. Initiative salutaire, quoi que...


Une guerre nucléaire a fait faire un bon en arrière à la civilisation, redevenue essentiellement pastorale, centrée sur l’élevage, l’agriculture et la chasse.

La vie est régie par une morale de fer, inspirée d’une éxégèse particulièrement stricte et rigoriste de la Bible, visant à éradiquer toute mutation au nom de la pureté de la race, aussi bien chez les végétaux cultivés que chez les animaux élevés. Les humains eux-mêmes n’échappent pas à cette règle de fer, qui veut que tout mutant soit immolé.

Le narrateur est le fils du pasteur, le chef du village, un homme inflexible, autoritaire et impitoyable rédempteur. Il sympathise avec une jeune fille, avant de se rendre compte d’un problème majeur : elle a six doigts de pied. Le narrateur doit donc faire face à un intense conflit intime : on lui a inculqué depuis toujours que les mutants étaient des monstres à fuir, et la première mutante qu’il connait est aux antipodes de ce qu’on lui a enseigné. Elle est même devenue son amie !

Immédiatement, le nom de Theodore Sturgeon vient à l’esprit. C’est loin d’être faux, puisque le traitement de l’enfance et de la différence montrent une grande sensibilité. La Wyndham’s touch serait dans le fonds post-apo. Sauf que le roman est bien loin de s’arrêter ici. Hélas serait-on tenté de dire.

Le héros se révèle en fait être un télépathe, qui va vite se rendre compte qu’il est loin d’être le seul non seulement au village, mais même dans la région. WYNDHAM nous embarque alors dans une fuite, un road movie vers une révélation finale qui sera sans grande surprise, et franchement sans grand intérêt.

Ces deux parties sont un peu comme l’eau et l’huile : elles ne se mélangent pas, et finalement le roman ne prend pas. Certes, la retraduction était justifiée. Le problème en fait vient du choix de ce roman. Il eut été beaucoup plus sensé, quitte à republier du Wyndham, de rééditer son chef-d’oeuvre Chocky, oeuvre sturgeonienne de bout en bout.


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Ne soyons pas entièrement négatif. Le roman est bien écrit et les personnages ont une vraie consistance psychologique... mais voilà, le roman a beaucoup vieilli. Et plutôt mal.

Lecture historique donc plus qu’autre chose, cette réédition reste d’un intérêt fort limité, pour ne pas dire dispensable.