EN BREF

 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AU LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

Le livre le plus acheté
en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

A VOIR AUSSI

Publié le 02/01/2005

"Les conjurés de Florence" de Paul J. McAULEY

["Pasquale’s angel", 1994]

REED. FOLIO SF, DECEMBRE 2004

Par Ubik

Après « Roma Aeterna » chez Ailleurs et Demain et avant « The separation » chez Lunes d’encre, c’est au tour de Folio SF de publier une uchronie. Pour être totalement exact, il s’agit plutôt d’une réédition suivie d’une nouvelle, intitulée « La tentation du Dr Stein », située dans la même proposition d’Histoire alternative mais chronologiquement avant le récit des conjurés [ pourquoi ne pas commencer par elle alors ? ].


En ce glorieux XVIème siècle, le pape doit venir visiter Florence en grande pompe afin de sceller la réconciliation entre Rome et la cité de l’Arno. Cependant, cet événement est loin de satisfaire tout le monde, notamment l’Espagne et les savonarolistes. Lorsqu’un des suivants de Raphaël, le peintre, envoyé en ambassade par le pape, est assassiné, Machiavel, journaliste dans une gazette florentine, se met en chasse pour faire apparaître à la lumière complots, intrigues et conjurations tortueuses.

Et si Léonard de Vinci, au lieu de se consacrer à la peinture, avait dédié son existence à mettre en œuvre les ingénieux dispositifs et les machines issus de son imagination ? Et si Florence avait mis à profit le savoir de l’artiste devenu Grand Ingénieur, afin de devancer la révolution industrielle ? Et si, les Médicis, chassés de Florence, étaient devenus les ennemis jurés de la république marchande ? Et si l’Espagne avait échoué dans sa conquête du nouveau monde et dans sa domination de la péninsule italienne à cause de la puissance de Florence ? Et si, et si, et si...

C’est bien une uchronie que nous propose Paul J. McAULEY. Néanmoins, comme pour le steampunk, la spéculation historique s’arrête là. En fait, l’Histoire alternative proposée par l’auteur sert de cadre baroque à une enquête policière très classique menée par Pasquale, un jeune peintre apprenti et Nicolas Machiavel. Elle sert aussi de caution à la description de la cité de Florence devenue le centre du progrès scientifique et technique et non celui de la Renaissance artistique. En conséquence, la vie est dure pour les artistes, à la recherche de mécènes car la concurrence entretenue par les artificiers, ces chantres de la modernité anticipée, est féroce. Pourtant, Pasquale ne désespère pas de réussir l’œuvre de sa vie : peindre un ange. Et, ce n’est pas parce que la peinture semble désormais un art révolu qu’il va y renoncer.

En ce glorieux XVIème siècle, le pape doit venir visiter Florence en grande pompe afin de sceller la réconciliation entre Rome et la cité de l’Arno. Cependant, cet événement est loin de satisfaire tout le monde, notamment l’Espagne et les savonarolistes. Lorsqu’un des suivants de Raphaël, le peintre, envoyé en ambassade par le pape, est assassiné, Machiavel, journaliste dans une gazette florentine, se met en chasse pour faire apparaître à la lumière complots, intrigues et conjurations tortueuses.

Et si Léonard de Vinci, au lieu de se consacrer à la peinture, avait dédié son existence à mettre en œuvre les ingénieux dispositifs et les machines issus de son imagination ? Et si Florence avait mis à profit le savoir de l’artiste devenu Grand Ingénieur, afin de devancer la révolution industrielle ? Et si, les Médicis, chassés de Florence, étaient devenus les ennemis jurés de la république marchande ? Et si l’Espagne avait échoué dans sa conquête du nouveau monde et dans sa domination de la péninsule italienne à cause de la puissance de Florence ? Et si, et si, et si...

C’est bien une uchronie que nous propose Paul J. McAULEY. Néanmoins, comme pour le steampunk, la spéculation historique s’arrête là. En fait, l’Histoire alternative proposée par l’auteur sert de cadre baroque à une enquête policière très classique menée par Pasquale, un jeune peintre apprenti et Nicolas Machiavel. Elle sert aussi de caution à la description de la cité de Florence devenue le centre du progrès scientifique et technique et non celui de la Renaissance artistique. En conséquence, la vie est dure pour les artistes, à la recherche de mécènes car la concurrence entretenue par les artificiers, ces chantres de la modernité anticipée, est féroce. Pourtant, Pasquale ne désespère pas de réussir l’œuvre de sa vie : peindre un ange. Et, ce n’est pas parce que la peinture semble désormais un art révolu qu’il va y renoncer.

 [1]


COMMANDER

Mêlant le polar et l’Histoire, ce roman se lit très rapidement. L’univers décrit est riche, le rythme est effréné, on y apprend, au passage, quelques notions de peinture [comment peindre une fresque par exemple ], mais il manque un petit quelque chose pour que l’ensemble marque véritablement les esprits. C’est dommage car il y avait une ampleur potentielle dans cette uchronie.

Aparté : je cherche encore le rapport avec « Le nom de la rose » auquel ce roman de Paul J. McAULEY est comparé dans la quatrième de couverture. Quand comprendra-t-on que faire des comparaisons hors de propos entre livres n’est pas rendre service aux auteurs ?



NOTES

[1] La réponse de Thibaud ELIROFF, directeur de collection chez FOLIO SF

Que l’avis de plusieurs personnes diverge sur un livre, c’est normal et même plutôt sain. Qu’on se permette de déprécier un livre sans une analyse sérieuse et argumentée l’est en revanche beaucoup moins. Cette chronique lapidaire, arbitraire et réductrice des "Conjurés de Florence" mérite d’être mise en perspective.

Mon propos n’est évidemment pas ici de défendre ce magnifique livre, car alors on pourrait avec raison me taxer de partialité, mais de remettre quelques points sur les i concernant la critique d’un tel livre, dont la complexité, la finesse et la poésie auraient mérité plus qu’une vingtaine de lignes. Par exemple : "Pourtant, Pasquale ne désespère pas de réussir l’œuvre de sa vie : peindre un ange." Et... ? Il aurait été de bon ton de développer un peu sur ce joli motif qui sert de fil conducteur à l’histoire. Point de départ, moteur et aboutissement de l’intrigue, il apparaît en filigrane du texte et tire ce dernier vers le symbolique. A l’enquête s’ajoute dès lors une quête de perfection qui est le propos même du livre. Encore eut-il fallu le repérer. Tiens, comment s’appelle le texte en anglais ? "Pasquale’s Angel "... ça alors !

"il manque un petit quelque chose pour que l’ensemble marque véritablement les esprits." Exemple flagrant d’approximation. On ne peut pas dire qu’il manque quelque chose, si petit soit-il, sans dire quoi au juste. Et d’esprit, à ma connaissance, on n’a qu’un ; le pluriel, en suggèrant un avis général, me semble particulièrement présomptueux.

"C’est dommage car il y avait une ampleur potentielle dans cette uchronie." Moi j’appelle ça un roman foisonnant, pyrotechnique et étourdissant. Mais si je ne dis pas pourquoi, ces mots n’ont pas plus de valeur que leur contraire.

Ce qui me chiffone, c’est de n’avoir pas lu un seul mot sur l’ambiguïté du personnage de Machiavel, sur les descriptions somptueuses, sur le contexte politique [Savonarol, tout ça...], sur les dialogues dorés à l’or fin... Trois cent pages du meilleur foie gras pour s’entendre dire la bouche pleine et postillonante : "Il est pas mal ce pâté, mais il manque un peu de goût". Quoi qu’il en soit, si on a le droit de penser ce que l’on veut d’un livre, on se doit d’être précis dès lors qu’on le clame publiquement, ou bien d’avoir l’humilité de reconnaître qu’on n’est pas forcément le mieux placer pour en parler.

Quant à la conclusion de ce papier et le mépris avec lequel est traité le travail éditorial, je me permettrais de rappeler au chroniqueur, puisqu’il ne semble pas avoir perçu cette évidence, que le duo Machiavel/Pasquale est une référence explicite, un emprunt assumé et avoué, un clin d’oeil littéraire volontaire à la paire Baskerville/Adso. Ca ne coûte pourtant pas grand chose de vérifier avant de discréditer le travail des éditeurs. Mais j’oubliais, ces derniers ne sont après tout que des ignorants cupides et sans talent dont le travail consiste à exploiter honteusement le celui d’autrui...