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Publié le 10/02/2005

Les fils du vent de Robert C. Wilson

[Gypsies, 1989]

RÉÉD. FOLIO / SF, 2005

Par Mr.C

Pas encore devenu LE Robert Charles Wilson qu’il est aujourd’hui, l’auteur canadien signe avec Les fils du vent un roman agréable, déjà annonciateur de l’excellence à venir. Mais si la chose se lit avec un plaisir très net, force est de reconnaître que l’histoire n’est pas en-core aboutie, que les personnages ne sont qu’esquissés, et que l’ensemble passe finale-ment à côté du chef d’oeuvre.


Fidèle à ses dires [cf. l’interview publiée dans l’ezine du mois dernier], Wilson reprend l’une des plus vieilles idées de la SF [les mondes parallèles] et nous la fait vivre à travers des personnages profondément humains. C’est assurément la grande qualité de l’auteur, une qualité vérifiée avec des romans comme Darwinia, BIOS ou plus récemment Les chronolithes.

En l’occurence, Les fils du vent décrit une fratrie pas comme les autres : Deux soeurs et leur jeune frère, ballottés dans une enfance faite de peur, d’errance et de fuite. Car ces trois enfants ont un don secret, celui d’ouvrir des portes vers d’autres mondes, des mon-des où l’histoire s’est déroulée différemment, des mondes ou presque tout est possible, idylliques, cauchemardesques ou simplement décalés.

Régulièrement battus [et, de fait, culpabilisés] par un père adoptif qui craint cette étrange prédisposition comme la peste, ils déménagent de villes en villes, toujours rattrapés par une figure tutélaire mystérieuse : l’homme en gris, Walker, personnage indicible dont l’apparition rime avec la peur et dont les intentions semblent ambiguës.

Aujourd’hui adulte et désespérément normale, l’une des soeurs fait le point sur son exis-tence le jour où son mari la quitte. Mais quand son fils se révèle capable d’utiliser lui aussi le don, à une échelle inédite, l’arrivée de l’homme en gris implique une nouvelle fuite. Re-joignant sa soeur réfugiée dans une Californie parallèle [et nettement plus agréable à vivre que la notre], elle décide de renouer avec leurs parents adoptifs pour enfin faire face aux questions que personne n’a jamais osé poser. D’où viennent-ils ? Qui sont leurs vrais pa-rents ? Qu’est devenu Tim, leur jeune frère dont plus personne n’a entendu parler ? Et qui est Walker ?

Plutôt bien mené, intelligemment raconté et somme toute agréable à suivre, Les fils du vent possède un peu le même défaut que Darwinia, celui d’en dévoiler trop en milieu de roman. Ainsi, quelques interludes expliquent une situation qui, de fait, résout tout mystère, transformant le livre en une course poursuite certes passionnante, mais quelque peu creuse.


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Les fils du vent est assurément une oeuvre de jeunesse. Intrigante, inté-ressante, annonciatrice de beaucoup de choses, mais oeuvre de jeunesse quand même. Un goût d’inachevé qui ne contient heureusement aucune once d’amertume, l’histoire ayant suffisamment de tenue pour faire passer une excellent moment au lecteur.

Un Wilson mineur, oui, mais c’est déjà beaucoup.