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Publié le 06/10/2004

"Les particules élémentaires" de Michel HOUELLEBECQ

ED. FLAMMARION, 1998 - REED. J’AI LU / SF, 2000

Par Olivier

Deux frères à l’opposé l’un de l’autre dans la gestion de leur vie sexuelle. Un panorama peut-être trop caricatural d’une certaine France et un final de science-fiction grand guinolesque... HOUELLEBECQ n’y va pas avec le dos de la cuillère.


Ce livre peut se résumer succinctement ainsi : les destins croisés de deux demi-frères, dont l’auteur nous raconte la vie, de l’enfance dans les années 50 à la fin du XXe siècle.

Puis dans les dernières pages, on bascule dans l’anticipation la plus ridicule, avec une mutation de l’humanité via la manipulation génétique, suite aux travaux de Michel, l’un des deux frangins.

Michel justement, célibataire et brillant chercheur en biologie moléculaire, qui n’a strictement aucune vie sexuelle, et le vit plutôt bien.

Bruno, prof de français, obsédé sexuel réduit le plus souvent à la masturbation et aux prostituées, dont la vie sexuelle particulièrement minable peut se résumer à un immense gâchis qu’il vit bien sûr très mal. Jusqu’à ce qu’il fasse une rencontre dans un camping à la fois new age et libertin, qui le mènera dans les boites à partouzes.

L’essentiel du roman porte donc sur la vie sexuelle inexistante ou minable des deux protagonistes, occasion rêvée pour HOUELLEBECQ de nous asséner tous les poncifs du beauf franchouillard dans la plus pure tradition du Café du commerce. Au menu : misogynie, machisme, xénophobie frisant le racisme, homophobie et misère sexuelle. Il y déverse son fiel contre les femmes et le féminisme, les immigrés Noirs (tous lubriques avec leurs grosses bites) et Arabes (tous délinquants), et surtout mai 68, la racine du mal qui ronge l’Occident et le mène à sa perte.

Histoire de corser le mélange nauséabond, ajoutez à cela une profusion de scènes de sexe à peu près aussi palpitantes que si elles étaient décrites par Edouard BALLADUR. [J’aime bien le coté concupiscent du regard]

Soit. C’est le droit le plus strict de chacun d’être un réactionnaire. D’estimer que la femme n’est qu’un vagin sur pattes, surmonté d’une bouche à pipes, qui n’est là que pour assurer le plaisir sexuel de l’homme, puisque Monoprix vend des plats tous cuisinés qui libèrent la femme des contingences domestiques. Mais encore faut-il avoir du talent, y compris quand on est réac et provocateur. Car nous sommes bien loin des grands auteurs, et beaucoup plus proches du pire de la littérature de gare, façon SAS de Gérard de VILLIERS ou OSS 117 de Jean BRUCE que de Louis-Ferdinand CELINE et d’Arthur SCHOPENHAUER. L’incroyable insipidité du style se conjugue ici à merveille avec la vulgarité la plus sommaire. Sans parler de la lourdeur des personnages, à peu près aussi subtils qu’une blague des Grosses têtes, grande référence du livre, tant sur le fond que sur la forme.

Ses défenseurs prétendent que HOUELLEBECQ a su saisir les mœurs de son époque, véritable moraliste contemporain. Qu’il est à notre époque ce que fut LA BRUYERE au XVIIe siècle. Pour être honnête, il faut au moins reconnaitre à HOUELLEBECQ d’avoir retenu un aphorisme du grand moraliste du XVIIe siècle : « Il n’y a au monde que deux manières de s’élever, ou par sa propre industrie, ou par l’imbécillité des autres ».


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A lire par curiosité sinon s’abstenir.

Oubliez donc ce livre et son auteur, et lisez plutôt « Festins secrets » de Pierre JOURDE, qui réussit à saisir son époque et à s’élever, lui, « par sa propre industrie ».