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Publié le 03/05/2009

Les promeneuses sur le bord du chemin de Pierre Pelot

ED. PHEBUS, AVRIL 2009

Par Tallis

Pierre Pelot a ceci de surprenant qu’avec la bagatelle de 180 romans à son actif, il réussit toujours à écrire où on ne l’attend pas. Il nous revient en cette année 2009 avec un roman noir publié chez Phébus (une première pour lui chez cet éditeur).


Quand Blair, détective privé minable, voit un jour débarquer à son bureau Adrien Norte, le célèbre auteur de best-sellers, il n’est pas surpris. Car il a reçu quelques jours auparavant une poignée de lettres de menace envers la célébrité en question. Il l’a donc tout naturellement prévenu qu’un déséquilibré en veut à lui et à ses proches.
Voilà donc deux hommes forcés de cohabiter tant bien que mal et de se mettre en quête du menaçant corbeau. Un jeu de chat et de la souris s’instaure au fil du temps entre Blair et Norte, où chacun déplace ses pions et se méfie de son partenaire.

Pierre Pelot est un auteur surprenant, disions-nous en préambule. Et pas seulement parce qu’il serait vain de chercher à savoir chez quel éditeur le nouveau roman de notre homme va paraître (ce qui pourrait être une énigme de polar en soi...). L’argument de ces Promeneuses peut paraître bien usé (l’enquête d’un privé sur une personnalité publique qui semble en savoir plus qu’elle ne veut bien en dire), ça n’empêche pas notre bonhomme de cuisiner l’ensemble avec des ingrédients tout à fait personnels et surtout relativement inédits pour lui.

Au lieu de se lancer dans une enquête mouvementée, tout en flingues et en rebondissements, Pelot resserre son roman autour d’une poignée de personnages et leur impose des face-à-face qui tiennent quasiment du huis-clos théâtral. Du coup, l’essentiel du récit se concentre autour de joutes verbales, les armes les plus dangereuses ici étant bel et bien les dialogues, ce qu’ils révèlent de chacun, ce qu’ils cachent, ce qu’ils permettent d’imaginer du passé et des sentiments des principaux protagonistes. Tout en sachant bien évidemment que l’essentiel reste tout de même dans ce que les personnages ne disent pas...
En soi, le procédé est inattendu, la grande majorité des personnages précédemment imaginés par l’auteur jusqu’ici étant plutôt des "taiseux".

Autre nouveauté pour Pelot, des décors minimalistes tout à fait surprenants pour un auteur qui aime généralement placer ses créations au centre d’une nature très présente, imposante et majestueuse et qui prend même parfois la place du personnage principal. Norte et Blair évoluent au contraire parmi de banals bureaux, des cafés ou des parcs publics put ce qu’il y a de plus neutres.

Et quid du résultat ? Eh bien, pour le moins goûteux... Les premières pages se sentent légèrement l’artifice (c’est le risque avec une technique narrative de ce type), mais la tension s’instaure peu à peu et le savoir-faire de l’auteur fait le reste.
Au moment où le lecteur semble en territoire connu, le récit bifurque dans des directions imprévues, à coups d’ellipses ou de virages à 180°. Jusqu’à un final - évidemment - surprenant et qui nous oblige à reconsidérer une bonne partie de ce qu’on avait pu jusque-là imaginer des protagonistes.
De la belle ouvrage.


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Ce n’est pas le plus grand roman de l’auteur, loin s’en faut (il faut pour cela se pencher plutôt du côté du cycle du Vent du Monde ou de C’est ainsi que les hommes vivent), mais ces Promeneuses constitue une lecture fort recommandable avec ce qu’il faut de rebondissements et de personnages complexes pour passer un bon moment.
En attendant de savoir où ce sacré Pierre Pelot va bien pouvoir nous amener la prochaine fois...